Pingyao, un saut dans le passé

Après quelques jours à Beijing, notre périple ferroviaire commence par un premier trajet de 4 heures seulement, direction Pingyao, dans la province du Shanxi. Cette ville n’était pas au programme de mon premier voyage en Chine, mais j’en avais beaucoup entendu parler par des connaissances qui l’avaient visitée et avaient adoré cet endroit.

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Pingyao est très réputée pour son centre historique, véritable témoin de l’histoire architecturale et culturelle chinoise. En effet, les remparts, les bâtiments aux façades agrémentées de panneaux peints ainsi que les temples ne sont pas des reconstitutions réalisées ces dernières années, mais des réalisations qui datent des époques Ming et Qing.

Le train nous amène à la gare de Pingyao Gucheng, bâtiment moderne qui date de 2014 et semble être construit un peu au milieu de nulle part. Nous logeons non loin de la vieille ville, un taxi nous y emmène. Autour des remparts, une ville moderne de 500 000 habitants a poussé, et ne cesse de s’étendre au rythme des immeubles qui sortent de terre. Il fait plus chaud qu’à Beijing, le ciel est voilé, la lumière trop vivre nous force à plisser les yeux et on sue à grosses gouttes. Les Chinois consomment des glaces à longueur de journée, et on ne peut que les comprendre tant le besoin d’un rafraichissement se fait sentir !

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On fait un premier tour dans le centre, et on est tout de suite charmé. Le saut dans le passé est immédiat : chaque rue, chaque carrefour offre son lot de bâtiments anciens, dont les façades plus ou moins restaurées présentent chacune des sculptures et des panneaux peints aux détails exquis.

L’attrait de Pingyao ne repose pas que sur la beauté de ses façades, mais également sur le nombre de bâtiments qu’il est possible de visiter et qui sont les témoins direct de tout un pan de l’histoire chinoise. Une formule regroupe 22 visites à faire sur trois jours et c’est ce que nous avons choisi de faire. Un grand ticket nous est remis à l’achat, avec un code barre à valider à chaque entrée.

La journée étant bien avancée, nous décidons de commencer par un tour sur les remparts qui encadrent la vieille ville. Exceptée une partie qui s’est effondrée en 2004, ces murs de 10m de haut, longs de 6km et jalonnés de 72 tours de guet furent construits en 1370. Au moment de notre visite une bonne section était fermée au public, mais je ne sais pas si c’est une mesure permanente.

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A cette hauteur on a vue sur l’ensemble du centre, et c’est une mer de toits gris et symétriques qui se présente à nous. On découvre également des cours intérieures, parfois ornées de petits jardins.

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Le lendemain nous décidons de visiter les bâtiments inclus dans le billet acheté la veille. Il en reste 21, et clairement on se doute dès le matin que l’on ne les verra pas tous. Au programme :  des temples, la première banque de Chine, des demeures et des musées.

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Derrière les vitrines beaucoup d’objets sont exposés, des archives, des photos, des outils pour le musée des meubles. On trouve des explications en anglais presque partout, qui même si elles sont moins nombreuses que celles en chinois, permettent d’avoir une bonne compréhension de ce qui est présenté.

Les restaurations qui ont été effectuées ne sont jamais tape-à-l’œil, tout a un aspect patiné par le temps et on imagine sans difficulté comment ces cours pourraient se transformer en décors de cinéma.

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En dépit de la beauté des lieux, après une bonne dizaine d’endroits visités nous avons commencé à nous lasser un peu et ainsi nous n’avons pas vus les 22 bâtiments.

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Les rues sont parsemées un grand nombre de boutiques de souvenirs en tous genres, de l’artisanat aux vêtements en passant par des brocantes pleines de bric-à-brac, ainsi que de bon nombre de restaurants. L’offre est clairement à destination des visiteurs, surtout dans les rues les plus centrales. En effet, si on s’en écarte un peu, la vraie vie reprend ses droits et on croise plus facilement des enfants qui jouent ou des femmes qui font leurs courses qu’un groupe de visiteurs.

L’absence de voitures est très appréciable, mais je déplore la présence d’un bon nombre d’engins électriques qui ont l’ai d’être la fusion d’un fauteuil pour personne à mobilité réduite avec un scooter, et qu’on peut louer pour se déplacer dans les rues. Si on ne les entend pas arriver, eux ne se gênent pas pour nous klaxonner jusqu’à ce qu’on s’écarte de leur chemin.

Pour notre dernier jour dans la région, nous avons choisi de faire une excursion en dehors de la ville. Le Lonely Planet parlait du château souterrain de Zhangbi, un réseau de galeries creusées il y a 1400 ans pour se prémunir d’attaques ennemies, que l’on peut aujourd’hui visiter accompagné d’un guide.

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Dans la réalité aucun guide ne nous accompagne, et aucune explication n’est dispensée, même si on comprend que certaines des cellules qui y ont été creusées avaient pour but de permettre à la population de se cacher.

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En surface on peut déambuler dans le village de Zhangbi Cun, encore plus traditionnel que Pingyao, mais bien moins impressionnant. Bien qu’il soit toujours habité, je l’ai trouvé plutôt lugubre. En effet, il n’y a presque personne dans les rues, on n’entend rien, et si des aménagements touristiques semblent avoir existé à un moment, on dirait bien qu’ils ne sont plus d’actualité.

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Mon guide de voyage datant de 2016, peut-être que la situation de la ville et de ses infrastructures a changé depuis… En tout cas si vous passez par Pingyao, Zhangbi n’est absolument pas une excursion incontournable.

Avec le recul je me dis que deux jours sont suffisants pour visiter Pingyao, à moins bien sûr d’être vraiment passionné d’histoire et d’architecture chinoise. Même si on ne compte pas visiter les 22 bâtiments inclus dans le billet du centre ville, je recommande cette formule qui au final de revient qu’à une quinzaine d’euros par personne, ce qui est très bon marché même si on se contente de voir quelques lieux.

En plein mois de juillet il y avait beaucoup de visiteurs, mais la ville étant à taille humaine, au final ce n’était ni oppressant ni désagréable de déambuler tranquillement. Selon moi Pingyao est un arrêt incontournable pour les voyageurs qui désirent découvrir la Chine traditionnelle dans un cadre touristique « facile ». A l’autre bout du pays, Jianshui est beaucoup moins touristique mais présente également de magnifiques bâtiments traditionnels.


  • Pour rejoindre notre pension depuis la gare nous prenons un taxi, donc le pris de 40 CNY est fixe. Allez savoir pourquoi, mais le trajet retour ne nous revient qu’à 22,5 CNY.
  • Nous logeons au Pingyao Jiaxin Guesthouse. Cette pension de famille se situe dans une petite ruelle à 5 minutes du centre historique. C’est une vieille demeure avec des chambres organisées autour d’une cour intérieure. Attention les chambres de trois personnes ne contiennent qu’un lit, très grand certes, mais un seul quand même ! Nous avons payé 489 CNY pour une chambre double et un lit en dortoir de deux personnes pour trois nuits avec le petit déjeuner inclus. La famille qui tient l’établissement est adorable et tout est très propre et confortable.
  • On a mangé à notre pension qui prépare de la cuisine simple mais très bonne, avec des plats à 25-30 CNY.
  • Nous sommes allés deux fois au Petit Resto, dans le centre historique, qui propose une cuisine du Nord délicieuse.
  • Le ticket pour trois jours qui permet l’accès aux visites de la vieille ville coûte 120 CNY par personne.
  • Le taxi pour rejoindre les souterrains de Zhangbi, nous a couté 260 CNY. Le trajet dure environ une heure et le chauffeur nous a attendu sur place pendant que nous visitions.
  • L’accès aux tunnels et au village revient à 60 CNY par personne

4 réflexions sur “Pingyao, un saut dans le passé

  1. Ça a l’air magnifique ! et je suis contente de lire que ce sont des bâtiments conservés et non reconstitués (c’est une des premières questions que je me suis posée en lisant le titre de ton article).

  2. J’aime beaucoup l’architecture de cette ville. Moi qui reviens du Japon, ça me replonge dans les souvenirs. J’adore la vue depuis les remparts. En effet, une mer de toits gris. C’est fou comme ils sont tous collés et alignés les uns aux autres.

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