Séville

L’hiver dernier, je me suis dit que le début du printemps serait une bonne occasion pour partir quelques jours en Europe, pour découvrir un nouvel endroit. Cela faisait un moment que Séville me faisait de l’œil, et depuis que j’avais lu l’article de Mango & Salt je l’avais mis en haut de ma liste des villes à visiter. Cette destination me semblait parfaite pour combiner mes envies et impératifs : seulement deux heures d’avion et pas de décalage horaire, ce qui est bien quand on n’a qu’une semaine de congés, du beau temps assuré en mars (pour changer de Paris), de quoi bien remplir cinq jours et le tout pour un budget raisonnable.

La ville et son ambiance

Séville m’a fait le même effet que Bologne, rien qu’en parcourant ses rues je me serais bien vue y vivre quelques temps. La couleur y est omniprésente, que ce soit sur les murs ou dans les azulejos qui encadrent les portes et les fenêtres, et on s’y sent tout de suite dépaysé.

J’ai trouvé la ville propre et bien entretenue. J’ai compris d’où venaient les murs colorés des belles villes que j’ai pu visiter au Mexique ou au Guatemala. Nous nous sommes déplacées à pieds tout le temps, sauf exception d’un aller-retour en métro jusqu’à la gare lors de la journée à Cordoue, dont je vous parlerai dans un prochain article.

Le centre historique

Ce qui m’a le plus plu dans ce centre historique, c’est qu’à aucun moment il ne se transforme en parc d’attraction pour touristes, à aucun moment on n’a la sensation d’un espace « à part », dans lequel les locaux ne vivent pas vraiment. Ici la vie bat son plein, et on a l’impression que sans nous, les visiteurs, tout serait pareil. Et c’est si beau, je ne m’en suis toujours pas remise !

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Au nord du centre, pour une vue panoramique

Le premier jour nous avons décidé de prendre de la hauteur pour appréhender la ville dans son ensemble, et cela nous a conduites au Metropol Parasol. Une dizaine de minutes d’attente pour l’ascenseur et nous voici au sommet de las Setas, les champignons, comme les Espagnols appellent cette structure. Construit entre 2005 et 2011 au dessus d’un important site archéologique (qui se visite), ce drôle d’origami abrite un marché alimentaire et on peut siroter un verre sur sa terrasse, après avoir suivi le chemin qui mène à différents points de vue.

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  • L’ascenseur pour la terrasse est à 3 EUR.

Triana

De l’autre côté du Guadalquivir, c’est dans ce quartier que nous avons logé pendant la semaine. Ici on a retrouvé les façades colorées, mais dans une ambiance plus « village ». Une grande rue piétonne avec ses restaurants et ses terrasses est bordée de petites rues tranquilles, la halle du marché voit passer les habitués venus faire leurs emplettes.

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Une atmosphère spéciale

Ici le flamenco est partout, dans les boutiques spécialisées où les robes s’entassent derrière les vitrines, avec leurs froufrous et leur dentelle, dans les attrapes-touristes qui cherchent à vous vendre mille et un souvenirs sur ce thème, dans la rue où l’on croise des couples qui dansent pour le plus grand plaisir des passants, ou dans les bars de façon très informelle comme à la Taberna Anima où le vendredi soir on danse pendant que quelqu’un joue de la guitare et que qui le veut chante passionnément un air mélancolique.

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Même sans rien y connaître (ni rien y comprendre), je n’ai pu empêcher d’être touchée par l’intensité de cette musique, des mouvements des danseurs, et même des expressions de leur visage. On sent qu’ils vivent les paroles, la mélodie et que c’est pour eux un moyen d’expression à part entière.

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Les visites

En plus d’être très belle, Séville est une ville riche en histoire dont les monuments témoignent de son passé et des différentes populations qui l’ont dirigée. Bien sûr en quelques jours impossible de tout voir, il a fallu sélectionner, et finalement nos choix se sont portés vers les bâtisses les plus importantes, celles auxquelles on pense directement en entendant le nom de la cité andalouse.

La cathédrale Notre-Dame de Séville

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De l’extérieur, impossible de ne pas s’extasier face à la beauté de ce bâtiment gothique. Nous sommes passées devant toute la durée de notre séjour et je crois bien que nous avons pris des nouvelles photos à chaque fois. Construite entre le XVe et le XVIe siècle, cette église a la particularité d’avoir été réalisée en lieu et place d’une ancienne mosquée, dont le minaret a été conservé pour abriter le clocher.

La visite de l’intérieur avec audioguide est intéressante, mais en toute honnêteté après la description de la 10e chapelle, ahem, j’en avais mon compte. Le bâtiment très impressionnant, avec ses orgues gigantesques, et tous ses détails dorés, mais je dois avouer qu’au final pour moi ça reste une église catholique parmi tant d’autres.

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Petite anecdote : on trouve dans la nef le tombeau de Christophe Colomb. Mort en 1506, l’explorateur est d’abord enterré à Valladolid, puis à Séville dans le monastère de la Cartuja, puis à Saint-Domingue, puis à Cuba, avant d’être rapparié à Séville en 1898. On a cru un temps que le corps inhumé à Cuba, puis à Séville n’était en fait pas Colomb, alors des analyses ADN ont été réalisées, confirmant qu’il lui était au moins apparenté.

La visite se termine par l’ancien minaret, la Giralda qui donne son nom au monument. Nous sommes montées très très vite (et redescendues encore plus rapidement) pour ne pas être en retard à la visite des terrasses, mais si cette dernière ne fait pas partie de votre programme, profitez de la vue pour faire de jolie photos de la ville. Enfin on arrive dans la jardin, remplit d’orangers et dans lequel on a envie de s’attarder.

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Si l’intérieur de la cathédrale ne m’a pas laissé un souvenir inoubliable, je recommande mille fois la visite guidée des terrasses. Pendant deux heures environ, un guide francophone nous a fait monter d’étage en étage, à la fois sur les balcons dans la cathédrale et à la fois sur les différents niveaux du toit. En plus des explications fort intéressantes sur l’architecture, on a pu accéder à des points de vue inédits sur Séville, et surtout on a pu admirer au plus près les détails des sculptures du minaret, des arcs et autres pics que l’on discerne à coup de torticolis depuis le sol.

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Pour passer d’étage en étage, nous sommes également passées sur les balcons intérieurs, ce qui nous a permis de voir la cathédrale d’un autre œil.

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Nous avons choisi le dernier créneau de la journée pour cette visite, à 17h30, ce qui correspondait en mars à la golden hour, la lumière était superbe.

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  • L’entrée simple de la cathédrale est à 9 EUR par personne, hors tarif réduit.
  • L’audioguide coûte 3 EUR.
  • La visite guidée des terrasses supérieures est à 15 EUR par personne. Le ticket donne également accès à la visite de l’édifice. Réservation en ligne à l’avance fortement conseillée
  • https://www.catedraldesevilla.es/

 

L’Alcazar

J’attendais beaucoup de cette visite, tant les photos que j’avais pu voir de ce palais m’avaient plu. La visite guidée était très décevante, notre guide parlait un anglais peu compréhensible et s’est contentée de nous expliquer de façon assez laconique à quoi était destinée chaque pièce. Les détails historiques ou architecturaux étaient récités de façon très scolaire, alors qu’en faisant appel à un guide je m’attendais à une visite bien plus vivante. Heureusement une fois la guide partie nous avons pu refaire un tour par nous-même.

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Le palais est richement décoré, je suis restée hypnotisée par les détails des sculptures, si fins qu’on croirait de la dentelle. Successivement site romain, wisigoth, arabe puis espagnol, cette forteresse a vu défiler nombre de dirigeants, musulmans et chrétiens, qui y ont apporté des modifications et des ajouts au fil des siècles.

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Gros gros coup de cœur pour le jardin. Les arbres étaient en fleur, ça sentait bon la fleur d’oranger, le soleil brillait, vraiment au sortir de l’hiver c’était parfait.

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La plaza de America et le parc de Maria Luisa

Voici un endroit aussi beau en vrai que sur Instagram ! Cet ensemble fut construit entre 1913 et 1916 pour l’Exposition ibéro-américaine de 1929, selon les trois styles architecturaux qui ont marqué Séville : mudejar (nom donné aux musulmans d’Espagne), néo-Renaissance et néogothique.

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Des bancs recouverts d’azulejos sont présents en grand nombre, avec sur chacun une scène représentée en l’honneur des différentes régions d’Espagne.

Après avoir fait le tour de la place, pris 40000 photos et admiré un spectacle de flamenco, a parcouru le parc de Maria Luisa qui commence juste en face. Il abrite de nombreuses fontaines, ainsi que différentes espèces végétales venues d’un peu partout.

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La plaza de America et le parc sont entièrement gratuits, ils apparaissent finalement un peu comme un autre quartier de la ville. Nous ne nous y sommes rendues qu’une seule fois, dans l’après-midi, mais avec le recul je me dis que j’aurais aimé y aller à nouveau, peut-être tôt le matin pour profiter de la lumière plus douce et de moins de visiteurs à la fois.

 

Le Centre Andalou d’Art Contemporain

L’art contemporain et moi, ça fait deux, je n’y entends souvent rien. Mais quand j’ai la possibilité d’aller à une exposition sans payer, je me dis que c’est l’occasion de m’y ouvrir sans a priori, et peut-être d’avoir une bonne surprise.

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Avant d’accueillir des expositions, l’édifice fut le Monastère de la Cartuja du XVe siècle à 1835 (le même qui accueillit la dépouille de Christophe Colomb), puis en 1841 il fut racheté par un anglais et transformé en fabrique de faïence et de porcelaine, dont on voit d’ailleurs toujours les cheminées. C’est en 1997 qu’il devint le Centre Andalou d’Art Contemporain.

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Plusieurs artistes étaient exposés lors de mon passage, et je n’y ai globalement rien compris, mais j’ai aimé la façon dont les différentes parties du site témoignent de ses différentes fonctions au fil des siècles. Certaines œuvres sont d’ailleurs complètement intégrées aux restes du monastère et le mélange des styles s’harmonise étrangement bien.

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Oui ce sont des cheveux !

  • L’entrée est à 3,01 EUR, et le site est gratuit de 19h à 21h du mardi au vendredi et de 11h à 21h le samedi.

 

A table

Pendant toute la semaine, la question « on mange où ? » a été notre principale obsession. L’accessibilité des prix nous a permis à la fois d’aller manger dans des endroits populaires, fréquentés par les Sévillans à la sortie du travail, et à la fois dans des endroits plus à la mode, avec une cuisine moins traditionnelle. Et le moins que je puisse dire c’est que l’on s’est régalées ! Attention ici ce n’est pas comme en France, l’eau du robinet n’est pas offerte, et si le pain et des espèces de biscuits sont automatiquement posés sur la table, ils ne sont pas gratuits. (Annonce préalable à la lecture, je n’ai aucun talent pour photographier la nourriture, mais j’espère que cela vous donnera tout de même envie !)

El Pinton

C’est sans conteste l’endroit où nous avons le mieux mangé, nous y sommes d’ailleurs allées deux fois. L’endroit est branché, avec sa salle organisée autour d’un puits de lumière et ses plats raffinés, et pourtant on n’y mange pour pas trop cher. Au menu, des pâtes à l’encre de sèche, des croquetas au jambon, des beignets de morue, un sandwich au calamar frit ou encore un surprenant œuf couvert de pomme de terre avec une sauce à la truffe.

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Pour un endroit de ce genre on a trouvé les prix plutôt abordables, et en se partageant à chaque fois trois plats, nous étions largement repues pour une bonne quinzaine d’euros chacune.

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  • Calle Francos, 42

Ovejas  Negras

Sûrement l’endroit le plus branché où nous ayons mangé, il nous a d’ailleurs fallu attendre une heure pour être placées ! Ici les saveurs espagnoles se mélangent aux techniques japonaises et le résultats est délicieux ! Omelette, gyozas et surtout, le tataki de thon. C’était la première fois que je goûtais ce thon mi-cuit, et j’en aurais facilement mangé le double tant c’était bon. Nous avons déboursé 33 EUR pour 4 plats et le combo habituel eau/pain/biscottes.

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  • Calle Hernando Colon, 8

 

Mamarracha

Le cadre intimiste et raffiné de ce restaurant est à l’image de ses tapas. Nous avons pu apprécié des mets relativement simples au premier abord mais avec à chaque fois un sens du détail qui nous a fait saliver à l’arrivée des assiettes. Pour environ 40 EUR nous sommes partagées quatre plats, un dessert et des boissons.

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  • Calle Hernando Colon, 1

O’tapas Albahaca

Je ne me souviens plus combien de tapas nous nous sommes partagées dans ce restaurant, peut-être cinq ou six, et le fait est que pour 20 EUR par personne, boissons et pain inclus, nous nous sommes régalées. Ici on retrouve les saveurs sévillanes classiques, avec du poisson frit, de la sèche et des aubergines. Rien de pompeux dans la déco ou le service, on dîne sous le regard de Jésus affiché un peu partout sur les murs, et sous celui amusé du patron qui rit de nous voir manger autant.

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Doña Carmen

Après une première très longue journée (notre vol était à 6h), se fit ressentir l’envie de se poser pour prendre un goûter en attendant de pouvoir faire le check-in dans notre Airbnb. Qui dit Espagne dit churros, et les vendeuses d’une boutique nous ont conseillé d’aller chez Doña Carmen. Ici pas de chichi, l’endroit n’a aucun charme, mais en voyant qu’il est plein, on comprend vite qu’il s’agit d’une institution en matière de churros. Ne sachant pas lesquels choisir, on en prend des gros et des petits, accompagnés de chocolat. C’est chaud et gras, parfait pour se remplir l’estomac, mais c’est aussi surprenant car ici les churros sont salés. Pas vraiment ce qu’on avait imaginé, puisqu’on a l’habitude de les déguster sucrés, et l’assortiment avec le chocolat est un peu étrange. Bref, au final ce n’est pas vraiment à notre goût, mais si c’est au vôtre, filez chez Doña Carmen !

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  • Calle San Eloy, 19

 

Pour conclure – au cas où ce n’était pas déjà évident pour vous qui venez de me lire – j’ai ADORÉ Séville. Tout m’a charmée dans cette ville, ses habitants, sa cuisine, ses rues, son climat (nous étions en t-shirt mi-mars), et je sais déjà avec certitude que j’y retournerai. J’ai apprécié d’être autant dépaysée à seulement deux heures de vol de Paris, de pouvoir profiter et visiter à pied, sans avoir l’impression de devoir me presser. Dans un prochain article je vous parlerai de la journée que nous avons passée à Cordoue, accessible en train. En effet, depuis Séville on peut facilement rallier plusieurs endroits en Andalousie, ce qui me donne déjà des idées pour de prochains séjours !


  • J’ai rallié Séville depuis Orly avec la compagnie Transavia. En réservant en décembre pour mars il ne m’en a coûté que 78 EUR pour l’aller-retour (sans bagage).
  • Depuis l’aéroport de Séville pour rejoindre la ville il suffit de prendre le bus pour 4 EUR par personne, et en une demie heure on y est.
  • Nous avons opté pour une chambre dans un Airbnb. L’offre est très large, pour des tarifs abordables. Nous sommes très très bien tombées, à Triana le long du Guadalquivir, dans l’appartement atypique occupé par Maria et Hector pour un total de 160 EUR pour 5 nuits.
  • Dans la journée, s’il y a besoin de laisser ses bagages en consigne, je conseille les agences de voyage Naturanda. Pour 3 EUR par bagage moyen, on peut se le faire garder la journée.
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5 réflexions sur “Séville

  1. Très bel article avec des photos qui donnent vraiment envie d’y aller ! Une petite question : en tant que végétariens pensez-vous que nous pourrions trouver nos bonheur dans les restaurants de Séville ?

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