Le premier dimanche du mois

Une fois passé 26 ans, on se rend compte avec dépit que les musées ça peut coûter cher et que ça aurait été mieux de passer moins de temps allongé sur son canapé à ne rien faire et d’aller profiter de la gratuité. Heureusement, le premier dimanche du mois, les musées nationaux sont gratuits, donc avec Constance on s’est dit que chaque mois on irait faire une visite. Alors attention, le dispositif n’est pas mis en place partout sur l’ensemble de l’année et pour certains c’est seulement d’octobre à mars, donc renseignez vous avant de vous déplacer.

Puisqu’on arrive à la fin du premier trimestre 2019, je me suis dit que je pourrais déjà vous présenter ce que l’on a visité. Petit avertissement, l’ensemble des photos de cet article sont plutôt moches, car prises avec mon téléphone et à la lumière artificielle, mais elles vous donneront tout de même une idée de ce que l’on y trouve.

La cité de l’architecture et du patrimoine

Aucune de nous deux n’avait visité ce musée auparavant – je ne savais même pas qu’il existait d’ailleurs – et c’est sans trop savoir à quoi m’attendre que je m’y suis rendue, presqu’en me disant « si ça ne me plaît pas tant pis, c’est gratuit ». Et en fait, j’ai ADORÉ, mais alors vraiment.

Situé dans l’aile Paris du Palais de Chaillot, ses 22 000 m² de surface font de lui le plus grand musé d’architecture du monde. La visite se déroule en trois temps, qui donnent presque l’impression de visiter trois musées différents. On commence avec la galerie des moulages, dont les 350 moulages en plâtre et 60 maquettes permettent de réaliser un tour de France des plus belles églises et d’en admirer les détails de plus près. La visite est également ponctuée d’explications sur la technique du moulage, qui représente une réplique on ne peut plus fidèle d’un monument à un moment T.

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On change ensuite complètement d’atmosphère et de décors avec la galerie d’architecture moderne et contemporaine, toute en longueur avec un look futuriste (et vue sur la tour Eiffel), dans laquelle sont présentées des centaines de maquettes et dessins, de projets réalisés ou non, parfois n’existant plus à ce jour. Certains éléments ont été reproduits en grandeur nature, tel l’appartement type de la Cité radieuse du Corbusier à Marseille. En plus d’être très intéressante, cette partie donne plein d’idées d’endroits à aller voir en vrai, notamment en région parisienne, comme les espaces d’Abraxas à Noisy-le-Grand (oui Constance, c’est un appel du pied !).

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Enfin on termine la visite par la galerie des peintures murales et des vitraux, qui a nouveau présente des reproductions à l’échelle, permettant de découvrir un maximum d’endroits en un minimum de temps. Nous avons passé pas loin de trois heures dans le musée, tant il y a de choses à voir, et même si mes connaissances en matière d’architecture sont plus que limitées, je me suis régalée. Moi qui reçois beaucoup de touristes, je m’applique depuis à leur suggérer d’aller y faire un tour, pour profiter d’un condensé des plus belles pièces d’architecture française réunies en un seul et même endroit.


  • 1, place du Trocadéro et du 11 novembre, Paris 16e
    Métro Trocadéro
  • Tous les jours sauf le mardi de 11h à 19h – Nocturne le jeudi jusqu’à 21h
  • 8€ tarif plein pour les collections permanentes – gratuit tous les premiers dimanches du mois
  • https://www.citedelarchitecture.fr/fr

 

La Sainte Chapelle et la Conciergerie

Uniques vestiges du palais de la Cité, résidence et siège du pouvoir des rois de France du Xe au XIVe siècle, la Sainte Chapelle et la Conciergerie sont deux visites bien distinctes, mais qui s’enchainent facilement puisqu’elles sont l’une à côté de l’autre.

Je pense que c’était la quatrième ou cinquième fois que je m’y rendais à la Sainte Chapelle, et je ne m’en lasse pas. Les vitraux sont les plus beaux qu’il m’est été donné de voir, à chaque fois l’œil est attiré par de nouveaux détails, en fonction de la luminosité extérieure les nuances sont différentes, bref j’y retournerais sûrement ! Édifiée à la demande de Saint Louis pour conserver la sainte Couronne d’épines, un morceau de la Vraie Croix et d’autres reliques, elle est dotée d’un style de vitraux unique, composé d’un nombre élevé de scènes de petites dimensions. Des passages de l’Ancien et du Nouveau Testament y sont présentés, mais si comme moi cela vous importe guère, cela ne vous gâchera en aucun cas le plaisir des yeux. La visite est assez rapide, il y a souvent la queue et c’est plein. Heureusement que le plus intéressant se situe au-dessus de nos têtes, et que finalement la masse des visiteurs n’est pas trop gênante.

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J’ai moins aimé la Conciergerie, qui bien qu’indéniablement intéressante pour qui aime l’Histoire, n’est clairement pas adaptée à l’accueil d’un public nombreux. Ancien palais de la Cité, c’est la partie transformée en prison d’état en 1370 qui est appelée Conciergerie et qui est visitable. Certains de ses célèbres prisonniers, notamment pendant la Révolution, comme Marie-Antoinette, se voient dédier une partie de la visite, on passe dans les anciennes cuisines, dans la salle des gardes et… je dois dire que c’est tout ce que j’ai retenu. Il y avait beaucoup de monde, et à certains endroits on se retrouvait à piétiner en file indienne, sans vraiment savoir quel était le sens de la visite et sans pouvoir lire les explications.

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Je reviendrai sûrement, cette fois-ci en payant mon billet et de préférence en semaine, afin d’être moins concentrée sur la foule et plus sur la visite en elle-même.


 

Le musée du Louvre

Contrairement aux trois premiers, ce n’est pas le dimanche mais bien le samedi que nous avons choisi d’aller visiter le plus grand musée du monde, car nous souhaitions voir ce que cela donnait en nocturne, la nouvelle formule gratuite proposée depuis cette année. En effet, il en est désormais terminé du premier dimanche du mois gratuit, ce temps est réduit au samedi de 18h à 21h45 (si j’ai bien saisi les explications du site).

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Avec un créneau aussi restreint, pas question bien sûr de tout faire, alors nous avons jeté notre dévolu sur le département des Antiquités égyptiennes. J’avais adoré, en classe de 6e, déambuler entre les statues de l’antiquité grecque et romaine, observer la finesse des traits, les effets de tissus et la pureté du marbre, mais je crois que quinze ans plus tard je suis encore plus fascinée par la sophistication des productions égyptiennes. De plus cette visite m’a fait me replonger dans mes souvenirs de mon si beau voyage en Égypte en 2017.

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Je n’avais pas visité le Louvre depuis 2012, à l’occasion de l’ouverture des nouveaux espaces dédiés aux arts de l’Islam, et j’avais oublié à quel point le bâtiment en lui-même peut être grandiose. Dans l’ordre – un peu au hasard – que nous avons suivi, nous avons commencé par des pièces épurées, neutres, dans lesquelles l’attention est exclusivement tournée vers les pièces exposées. La visite en nocturne permet d’ailleurs d’admirer les jeux de lumière créés pour mettre en valeur la majesté d’un buste ou les couleurs d’un sarcophage. Puis au gré de nos déambulations, nous nous sommes retrouvées dans des salles grandioses telles que la galerie d’Apollon, les 6e et 7e salles abritant des collections égyptiennes plus récentes. Ici on ne sait plus où regarder, une multitude de détails accroche l’œil, et si on pourrait imaginer que l’effet est kitsch, il n’en est point, tant la hauteur de plafond, les effets de trompe l’œil et la richesse des lieux les rendent somptueux.

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Je suis ressortie du musée ravie, par la visite et par cette façon de passer mon samedi soir. En arrivant au musée vers 18h, il nous a fallu une bonne heure pour entrer, et il est vrai qu’il y avait du monde, mais le musée est si grand qu’au final ce n’était pas désagréable.


Plus profiter de l’offre culturelle parisienne fait partie de mes bonnes résolutions 2019, et il y a tellement d’endroits intéressants à visiter qu’elle perdurera probablement sur les prochaines années. Les musées, les expositions, beaucoup de choses donnent très envie, mais les prix peuvent rebuter, car bien que l’on comprenne sans difficulté que la culture et le patrimoine demandent de l’argent, 15€ ne représentent pas une somme anodine pour un grand nombre de personnes. Aussi ce système de gratuité une fois par mois permet de se fixer une date, de se réserver un créneau sans se dire « plus tard », et d’aller remplir son cerveau d’informations intéressantes toutes en régalant ses yeux, et en profitant de l’offre locale, à laquelle on ne pense pas toujours (avec tort) quand comme moi on rêve d’ailleurs en permanence !


2 réflexions sur “Le premier dimanche du mois

  1. Je me permets aussi de noter : week-end de l’anthropologie au Musée du Quai Branly ET week-end de l’archéologie en juin = trucs gratuits sur lesquels il faudrait se pencher!

Répondre à galswind Annuler la réponse.

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