Excursions dans l’état du Chiapas

Ce nouveau séjour au Mexique fut pour moi l’occasion de m’attarder plus longuement à San Cristóbal de las Casas, où je n’étais restée qu’une seule nuit lors de mon précédent voyage. San Cristóbal est ce genre de ville où on comprend aisément pourquoi les touristes aiment rester un moment, à la fois pour profiter de sa position stratégique pour rayonner dans l’état du Chiapas, et à la fois pour le charme de ses rues, dans lesquelles on pourrait flâner sans fin ou presque.

San Cristóbal de las Casas

Le peu que j’avais vu de la ville m’avait déjà plu en septembre dernier, aussi je n’attendais qu’une chose, pouvoir l’explorer encore plus. San Cristobal ce sont des longues rues pavées bordées de petites maisons colorées comme on a pu en voir au Guatemala ou ailleurs au Mexique. Dans le centre on trouve des rues piétonnes, pleines de boutiques, de restaurants et de cafés, parfaites pour les touristes, ainsi qu’une grande place avec une belle église jaune et blanche, aux détails de dentelle.

san-cristobal-chiapas-mexique-larchivoyageuse

mexique-chiapas-san-cristobal-larchivoyageuse

larchivoyageuse-chiapas-san-cristobal-mexique

Pour avoir une vue d’ensemble, on peut monter les marches qui mènent à deux églises perchées sur des collines, le Cerro de San Cristóbal et le Cerro de Guadalupe.

san-cristobal-eglise-mexique-larchivoyageuse

larchivoyageuse-san-cristobal-mexique-chiapas

eglise-mexique-san-cristobal-larchivoyageuse

mexique-eglise-san-cristobal-larchivoyageuse

larchivoyageuse-chiapas-mexique-san-cristobal

Mais San Cristóbal de las Casas a une deuxième facette, qui la rend moins conventionnelle que d’autres villes coloniales du même genre. Le Chiapas est l’un des états les plus pauvres du pays, peuplé de minorités indigènes souvent délaissées par le gouvernement et qui souffrent d’importants manques en ce qui concerne les infrastructures de base. Un vent de protestation souffle sur la région, notamment avec la présence des zapatistes, et les routes peuvent s’avérer un peu dangereuses. La scène culturelle locale est influencée par les tensions politiques et on trouve des traces de cette contestation et du sentiment d’injustice ressenti par les locaux dans la street art, chez les artistes et même dans les bars.

streetart-san-cristobal-mexique-larchivoyageuse

san-cristobal-streetart-mexique-larchivoyageuse

mexique-streetart-san-cristobal-larchivoyageuse

De mon point de vue, le mauvais côté à cette facette un peu alternative de la ville est qu’elle attire les hippies et va-nus-pieds occidentaux en tout genre qui font la manche ou vendent leurs pacotilles dans les rues. Or dans ces mêmes rues on peut voir de très nombreux jeunes enfants qui vendent des souvenirs ou des cigarettes ou mendient de l’argent, sans que ce soit bien sûr un choix de vie comme pour les énergumènes cités à l’instant.


  • Nous avons logé à la Posada del Abuelito, et c’est probablement une, si ce n’est la meilleure auberge de tout notre voyage. Nous avons payé 1280 MXN pour quatre nuits dans un dortoir mixte de dix lits, avec le petit déjeuner inclus. Les chambres et le reste des commodités sont disposées autour d’un superbe jardin dont les fleurs embaument agréablement l’air. Au menu du petit déjeuner, pain et confiture maison, œufs brouillés, céréales, le tout dégustés sur une grande table dans la cuisine commune. Le personnel est adorable, les douches sont chaudes, l’auberge est bien située, on a du mal à partir après nos quatre nuits.
  • A San Cristobal de las Casas on peut manger de tout, des frites faites comme en Belgique, des crêpes aussi bonnes que chez nous, des énormes burgers (chez Nam Nam), ou des bons tacos (chez Lupe).

A la découverte du café

Parmi les excursions proposées par notre auberge, il y avait une journée passée à la découverte d’une plantation de café et du mode de vie des indigènes de la région.

La journée commence par un arrêt dans un cimetière très particulier, parsemé de tombes à l’aspect plutôt rudimentaire et de croix en bois de plusieurs couleurs. Ici le christianisme se mêle à des traditions plus anciennes, le cimetière est un espace de recueillement mais aussi de fête où l’on vient manger et boire pour la Toussaint. Les familles sont enterrées ensembles et la couleur des croix qui les surmonte décrit l’âge des personnes inhumées.

larchivoyageuse-chiapas-cimetiere-mexique

cimetiere-chiapas-mexique-larchivoyageuse

chiapas-cimetiere-mexique-larchivoyageuse

Cette forme de religion est répandue dans la région, dans l’ethnie des Tzotziles qui vivent de façon assez indépendante. Nous étions dans le Chiapas la semaine du Carnaval et nous avons pu assister un peu à leurs célébrations. Des cérémonies sont organisées dans les églises, réunissant les hommes du village en tenues colorées pour l’occasion. Là où les célébrations religieuses diffèrent de celles que l’on connait chez les Catholiques, c’est que des volatiles sont sacrifiés dans l’église, et que les communiants consomment sans modération un alcool local. Si vous passez dans le coin vous entendrez parler du pox, un alcool fort à base de canne à sucre aromatisé à plusieurs goûts. Nous avons d’ailleurs eu la mauvaise expérience d’être prises à parti Constance et moi par un groupe d’hommes ivres nous réclamant de l’argent pour participer à l’achat du pox. Ce moment de la journée nous a détournées de notre idée de nous rendre à San Juan Chamula, à 10km au nord-ouest de San Cristóbal, où ces traditions particulières sont encore très vivantes.

Après avoir payé quelques pesos pour se débarrasser de cette foule un peu menaçante, notre petit groupe reprend la route vers la destination de la journée, une minuscule plantation de café familiale. Notre chauffeur nous dépose en bord de route, et il nous faut marcher 45 minutes pour nous enfoncer dans la verdure de la vallée, guidés par une petite mamie qui file à toute allure.

mexique-chiapas-larchivoyageuse-cafe-plantation

plantation-cafe-chiapas-larchivoyageuse-mexique

La plantation est familiale et minuscule, c’est Patricia, la fille de la mamie-guide qui nous fait visiter et nous explique comment on produit du café, entre les arbres en fleurs et d’autres recouverts de grains.

Et si finalement les explications sur le café assez rapides et quelque peu décevantes, ce n’est pas grave, parce que le vrai intérêt de cette journée vient après. Anita, la tante de Patricia nous a rejointes dans la cabane qui dispose d’un feu de bois, et c’est l’heure de préparer le déjeuner. Des quesadillas sont au menu, et il faut donc préparer les tortillas, qui ici sont faites à la main. Nous nous retrouvons donc à huit femmes, à pétrir de la pâte et à la façonner en petites galettes rondes, avec plus ou moins de succès du côté des touristes. On en profite pour discuter, échanger sur les modes de vie de chacune, mesurer le fossé qui nous sépare de ces femmes qui vivent encore de manière très traditionnelles, voire même rudimentaire. On déjeune, on goûte le café – c’est le premier café que je bois de ma vie, essai peu concluant je dois l’avouer – et on passe un très bon moment.

tortilla-chiapas-mexique-larchivoyageuse


  • Cette excursion est proposée par notre auberge, et nous avons payé 500 MXN par personne. Le tarif inclue le transport depuis l’auberge, les explications et le déjeuner. Il est possible d’acheter du café à la fin de la journée.

Le canon del Sumidero

C’était la deuxième fois que je faisais la ballade en bateau au fond du canyon, je vous l’avais décrite ici la première fois en septembre dernier.

sumidero-chiapas-canon-mexique-larchivoyageuse

canon-sumidero-chiapas-mexique-larchivoyageuse

chiapas-sumidero-mexique-canon-larchivoyageuse

Septembre ou février, le spectacle est beau en toute saison, même si l’absence de pluie modifie le paysage. La mousse sur la roche est moins verte, la cascade qui coule sur le « sapin de Noël » a disparu, mais la marée de déchets a disparu aussi.

mexique-chiapas-canon-sumidero-larchivoyageuse

Les animaux eux sont présents dans les deux cas, nous avons croisé un crocodile, quelques oiseaux et surtout un mignon petit singe cramponné à sa branche.


  • Pour cette excursion nous sommes également passées par l’auberge, qui la propose pour 300 MXN par personne, incluant le transport et le bateau.

 

Après quelques jours il nous a fallu reprendre la route, mais depuis San Cristóbal de las Casas il est possible de profiter encore plus du Chiapas. Nous avons rencontré de nombreuses personnes qui se sont rendues sur le site archéologique de Palenque, des excursions vers les villages alentours sont possibles, et la ville en elle-même peut également servir de base pour prendre des cours d’espagnol ou juste se faire à la vie à la mexicaine.

Publicités

3 réflexions sur “Excursions dans l’état du Chiapas

  1. Le chiapas est vraiment une région incroyable ! Nous avions été jusqu’à San Juan Chamula et nous n’avons pas regretté, l’endroit n’est pas extraordinaire mais nous étions tombés le jour de la San Juan ! C’était impressionnant de voir les processions et rituels assez particuliers des Tzotziles…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s