Antigua et l’ascension du volcan Acatenango

Un des objectifs de ce voyage en Amérique centrale était de faire un trek, une randonnée sur au moins deux jours. Or le Guatemala et ses nombreux volcans sont le parfait terrain de jeux pour réaliser cet objectif, ne nous restait plus qu’à choisir lequel. C’est une rencontre avec des Françaises qui nous a fait nous décider pour Acatenango. « C’était dur, mais on a vu un volcan en éruption ». Évidemment on a posé plus de questions sur la difficulté de la marche, mais l’idée de voir de la lave nous a directement séduites, et la possibilité d’un départ depuis Antigua, ville qui faisait déjà partie de notre itinéraire, nous arrangeait bien.

Nous étions alors à Florès, et les jours à Antigua étaient prévus pour la semaine suivante, après Livingston. Et c’est là que l’on se rend compte à quel point Internet nous facilite la vie, notamment en voyage, car en deux clics sur l’application Hostelworld notre lit en dortoir était réservé, et deux messages WhatsApp plus tard, il en allait de même pour le guide.

On arrive donc à Antigua aux alentours de 20h après une très longue journée de trajet depuis Livingston, et à peine le temps d’acheter de l’eau et des snacks et de préparer notre sac de rando, qu’il est l’heure d’aller dormir pour être en forme le lendemain.

L’ascension du volcan Acantenango

Le matin un van vient nous chercher à 7 heures pour nous emmener aux locaux de l’agence qui nous va nous guider pendant les deux jours de marche. On découvre alors notre groupe : deux couples d’Américains, un couple australien/vietnamien, une Russe, deux Allemandes, une franco-anglaise et Teng, un Américain que nous avions rencontré à Florès. Nous avons la possibilité d’emprunter des vêtements chauds, des sacs à dos, afin de compléter notre équipement. Tous les anoraks semblent dater des années 1990, la dégaine générale est assez hilarante. Encore un peu de route et nous arrivons enfin au point de départ du trek, il est alors 9h15.

Nous avons trois guides avec nous, qui mènent et ferment la marche, vérifiant à tout instant que chacun suit le mouvement, que personne ne reste en arrière et que tout le monde va bien. Dès le début ça monte sec, on marche sur une espèce de sable volcanique, donc un pas en avant, deux pas en arrière, le souffle se fait court. Clairement les dix premières minutes sont un calvaire pour moi, je me demande ce que je fais ici, pourquoi je m’inflige ça, et je sens la crise de panique arriver. Heureusement je ne suis pas la seule dans ce cas, les guides ont l’habitude et on s’arrête rapidement pour une première pause. On leur demande tous si la totalité de la randonnée va se faire sur ce genre de terrain et heureusement ils nous disent que non, on finira par quitter la côte et le sable pour de la terre et du plat. Cette promesse marche pour moi comme une carotte et le fait que je sois une vraie tête de mule m’aide à avancer, concentrée sur l’idée que je serai bien contente de moi une fois arrivée en haut.

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Et franchement pour la première partie, je crois qu’il nous a fallu à tous pas mal de volonté, parce que c’était tout sauf une partie de plaisir. En plus de la difficulté de la marche, on ne voit rien car un brouillard épais nous entoure, le vent fait très régulièrement tomber les gouttes de pluies accumulées sur les arbres donc on se prend des petites douches. Et surtout on croise ceux qui ont déjà fini la rando, qui redescendent en nous lançant des « bonne chance, c’est dur mais ça en vaut la peine », avec un air qui me donne envie de leur faire manger leurs bonnets. Heureusement les arrêts sont réguliers, dont un très apprécié à un petit stand de chocolat chaud. Si la première gorgée est étrange – c’est du vrai chocolat guatémaltèque, pas du Nesquik – ce breuvage chaud et sucré est un pur bonheur revigorant.

Petit à petit chacun trouve son rythme, on ne marche plus les uns sur les autres, et finalement Constance et moi arrivons en deuxième pour la pause déjeuner, qui sonne aussi la fin de la montée difficile. Le temps n’est toujours pas des plus agréables, on se refroidit vite en étant immobile et finalement à peine notre déjeuner avalé on est plutôt content de se remettre à marcher.

Plus on s’approche du camp pour la nuit plus tout devient agréable. Déjà je parviens presque à respirer normalement, mes poumons n’étant plus sursollicités par la montée, ce qui me facilite grandement la tâche. Et puis ça y est, le brouillard se lève, on sent les rayons du soleil sur notre tête, et on commence enfin à voir ce qui se passe autour de nous. D’un côté le volcan El Agua, qui a la tête dans les nuages, et de l’autre, celui que l’on entend avant de voir, El Fuego. Et on l’entend bien gronder, avec un bruit similaire au tonnerre pendant l’orage, et alors qu’il apparaît presque soudainement, on voit de la fumée sortir de son cratère. Cette vision nous motive pour grimper les derniers mètres qui mènent au campement et qui sonnent la fin de journée, à environ 15h.

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On prend possession de nos tentes pendant que les guides allument le feu et préparent le dîner. La vue est magnifique, et à mesure que le soleil se couche on ne cesse de s’extasier. El Fuego gronde de plus en plus fort, et soudain ça commence, des paillettes rouges vives se mêlent au gris ! De plus en plus fort la lave jailli du cratère, incandescente, époustouflante,  on se lève toutes les trois minutes pour prendre des photos et être sûr de ne pas en louper une miette. Tout est parfait, le dîner nous redonne des forces, les marshmallows fondus au dessus du feu et le chocolat chaud accompagnent parfaitement la soirée agréable que l’on passe, la rude montée de la journée ayant soudé le groupe. Une fois qu’il fait complètement nuit on distingue encore mieux l’éruption, et il nous est difficile d’y renoncer pour aller dormir, alors même que la fatigue et la marche du lendemain nous poussent vers nos duvets.

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C’est à 4h15 que les « Buenos dias amigos » résonnent à nos oreilles, et qu’il est temps de s’équiper pour affronter le sommet d’Acatenango et son froid mordant. Anoraks, gants, capuches, tout y passe, on enfile les couches en se demandant ce qui nous attend. A ce moment je repense à une scène similaire que j’ai vécue, trois ans et demi auparavant. J’ai fait un trek de trois jours au volcan Rinjani en Indonésie, et morte de fatigue je n’ai pas pu aller au bout de l’ascension du sommet au soleil levant. J’appréhende donc la montée finale, mais je suis déterminée à me dépasser.

Il nous faut environ 1h30 de marche, alternant une demie heure de sable, une demie heure de terre et une demie heure horrible de sable hyper fin pour les derniers mètres. On s’éclaire à la lampe, mes poumons sont en souffrance, mais je ne lâche rien, et enfin le guide nous tape dans la main, ça y est le sommet est là, à 4976 mètres. Le panorama est à tomber, on a une vue à 360 degrés sur le Guatemala, sur les volcans qui nous entourent, sur le lac Atitlan et même jusqu’à l’océan Pacifique. Il fait très froid, la respiration est difficile, mais je suis tellement fière de moi, moi la non-sportive, d’être ici et d’avoir réussi ce que j’avais loupé il y a 4 ans (d’ailleurs vous pouvez voir mon air fier sur le vlog).

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Une fois le jour levé on entreprend de redescendre, et quand on voit par où on est monté on se dit qu’il valait mieux ne pas trop voir ce qui se passait autour de nous. Parce qu’en fait sur une partie du trajet il n’y a pas vraiment de chemin, on se contente juste de descendre, les pieds enfoncés jusqu’aux chevilles dans le sable. Ca va beaucoup plus vite qu’à l’aller, certains en profitent même pour courir. Au risque de paraître froussarde je décommande cette dernière idée après avoir vu un jeune homme le visage en sang et le corps bien amoché, descendu sur une civière, car pris dans son élan il n’a pas su s’arrêter et sa course s’est transformée en longue chute jusqu’à ce qu’un guide parvienne à l’arrêter.

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Une fois arrivés au camp, on prend notre petit déjeuner et c’est l’heure d’entamer la descente finale. Il fait super beau, rien à voir avec la météo de la veille, le début du trajet est très agréable. Évidemment cela aurait été trop facile si ça avait été ainsi jusqu’à la fin ! Déjà si descendre est moins fatiguant du point de vue de la respiration, il n’en va pas de même pour les genoux. Supporter mon point et celui du sac à dos ne leur a pas trop plu, pareil pour mes orteils enfoncés jusqu’au bout de mes chaussures.

Et que dire de tout ça lorsque l’on attaque la dernière partie du trajet, le retour au sable que j’ai tant détesté la veille ? Et bien je le déteste encore plus, j’ai peur de tomber à chaque pas et je réalisé d’ailleurs une jolie cascade (merci à la dame qui m’a gentiment relevée par la poignée de mon sac). Clairement la dernière heure j’en ai marre, je suis fatiguée et je n’ai qu’une envie, que ça s’arrête ! Et quand enfin ça s’arrête, que l’on rend les anoraks, les bâtons et que le van nous ramène à l’hôtel, je réalise ce que j’ai fait et vu, et franchement ça valait la peine, ou vale la pena comme disent les Guatémaltèques !

La ville d’Antigua

Rendez-vous est pris pour le soir même aller dîner avec nos compagnons de volcan, mais en attendant Constance et moi décidons d’aller un peu nous balader pour voir la ville. Antigua est souvent décrite comme la plus belle ville d’Amérique centrale, et elle n’a pas volé ce titre.

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Colorée, bien entretenue, ses rues pavées sont un appel à la déambulation.

 

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En plus nous sommes assorties aux façades !

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Le parc central est le lieu de rassemblement, on y croise des familles, des vendeurs ambulants, beaucoup de touristes, mais dans une ambiance agréable.

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Car Antigua est sans conteste LA ville touristique du Guatemala, pour les étrangers ou les Guatemaltèques. Très moderne, on y trouve tout ce dont on peut avoir envie après plusieurs semaines de voyage en sac à dos : restaurants chics, rooftops, McDonald’s et autres fastfoods. Cependant tout est bien intégré dans bâtiments anciens, aucune enseigne criarde ne vient gâcher le paysage. Et si cette apparente perfection peut sembler un peu lisse, les chicken bus repeints en rouge, vert ou bleu qui cahotent sur les pavés viennent nous rappeler qu’il ne s’agit pas que d’un nid à touristes venus s’y poser quelques semaines pour apprendre l’espagnol, mais d’une ville où les locaux vivent et mènent leurs activités.

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On peut y voir de superbes églises aux façades colorées et ornées de délicates sculptures.

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Et une fois toutes les rues parcourues dans un sens ou dans l’autre, un point du vue en hauteur – pas la meilleure idée le lendemain du trek – permet d’avoir une autre vision sur la ville, dominée par le volcan El Agua.

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Nous ne sommes pas restées longtemps à Antigua, mais beaucoup de voyageurs allongent leur séjour et on les comprend très bien. Selon moi c’est le parfait endroit pour faire une pause lorsque l’on voyage longtemps, et que le besoin de retomber dans une routine urbaine pour quelques jours se fait sentir. Ou alors pour se remettre des deux jours de marche sur le volcan. Parce que je le conseille vraiment ce volcan, voir de la lave sortir du cratère d’El Fuego est sûrement un des plus beau spectacle que j’ai pu voir, et le lever de soleil accompagné de la fierté d’avoir atteint le sommet continue de me donner le sourire quand j’y pense.


  • A Antigua nous avons logé à El Hostal  pour 70 GTQ la nuit en dortoir par personne. Très bien situé, avec des douches chaudes et un joli restaurant, on a bien apprécié notre séjour dans cette auberge. Elle propose plusieurs excursions et c’est auprès de la réception que nous avons réservé le bus pour notre prochaine destination.
  • Pour venir à Antigua depuis Livingston, il nous a d’abord fallu prendre le bateau entre Livingston et Puerto Barrios pour 20 GTQ. Attention rien de touristique dans ce trajet, la lancha part quand elle est pleine, ce qui siginifie 8h35 pour nous alors même que les tickets annoncent 9h. Une fois arrivé à Puerto Barrios, refusez les taxis et marchez quinze minutes jusqu’au terminal de bus, et là embarquez jusqu’à Guatemala city. C’est long, le passage d’un col nous a pris du temps, plus que ce que nous avions prévu, et l’arrivée en ville s’est faite en pleine heure de pointe. On arrive à un terminal pour prendre une navette qui nous emmène là où nous sommes censées arriver à Guatemala city. Pour rejoindre Antigua il faut ensuite prendre un bus qui ne passe qu’à 19h30, ou un chicken bus, si on arrive à comprendre où, comment, et qu’il n’est pas trop tard. Mais si vous êtes à plusieurs, faites comme nous. Nous avons rencontré deux Argentines dans le bus, et une dame très aimable nous a commandé un taxi pour rallier Antigua, ce qui ne nous a couté 250 GTQ au total, pour un trajet plus tranquille, d’autant plus qu’une voiture s’en sort mieux dans les embouteillages qu’un vieux bus scolaire.
  • Nous avons fait appel à Soy Tours pour le trek. Pour 350 GTQ par personne nous avions le transport depuis et jusqu’à l’hôtel, les guides, le matériel de couchage (je n’aurais jamais pu faire la randonnée avec une tente sur le dos), trois repas et la possibilité d’emprunter de l’équipement supplémentaire. Nos guides étaient adorables, on s’est sentie en sécurité tout au long et deux jours, et ils avaient même des médicaments contre le mal de l’altitude à distribuer en cas de besoin. La réservation s’est faite par WhatsApp (+502 4169 2292), en quelques messages tout était réglé. Enfin si je recommande Soy Tours, c’est aussi parce qu’en payant pour faire l’ascension, on participe au financement d’infrastructures pour la communauté locale comme l’entretien des écoles ou la mise en place d’un système de pompe à eau.
  • Ajoutez 50 GTQ au budget trek, pour l’entrée au volcan.
  • Petites recommandations pour le trek : évitez le weekend, il y aura beaucoup de monde sur les flancs du volcan ; dépensez 5 GTQ pour la location d’un bâton, vous ne le regretterez pas ; si vous n’êtes pas équipés pour le froid, empruntez un anorak tout droit sorti de la cour de récré de vos 7 ans, vous ne le regretterez pas non plus !
  • On a bien aimé quelques endroits pour manger à Antigua, dans la même rue que notre auberge, la 1a Avenida Sur :

Le Angie Angie Cafearte dont la façade ne laisse en rien présager le beau jardin tropical dans lequel on peut dîner d’empanadas ou d’une bonne pizza au feu de bois. D’ailleurs le dimanche soir c’est deux pizzas pour le prix d’une.

Le café Sky pour admirer El Fuego en éruption depuis son rooftop en buvant un verre.

El Delirio, pour manger des délicieux tacos.

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