A la découverte du Belize

Il y a des pays qui sont sur ma liste « à voir plus tard », et il y a ceux auxquels je ne pense même pas. Le Belize fait partie de cette deuxième catégorie, et j’irais même jusqu’à dire qu’avant de préparer ce voyage j’étais à peine capable de le situer sur une carte. C’est Constance qui a suggéré que l’on s’y rende, en chemin entre le Mexique et le Guatemala, et étant toujours avide de découverte j’ai tout de suite été partante.

Je vous épargne la leçon d’Histoire mais avant de vous parler de ce qu’on y a vu et fait, une petite remise en contexte me parait nécessaire. Pour commencer, le Belize c’est là :

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Ce petit pays coincé entre le Mexique et le Guatemala est un ancien repaire de pirates et flibustiers devenu colonie britannique et seul état d’Amérique latine où l’anglais est la langue officielle. A peine la frontière avec le Mexique passée, on est frappé par la différence dans l’architecture, dans l’ambiance générale et dans l’apparence des gens mêmes. En effet au Belize nous avons croisé de nombreux Afro-caribéens, des Mayas, beaucoup de Chinois dans les commerces et les très reconnaissables Mennonites, chrétiens évangélistes anabaptistes qui vivent et se vêtent comme au XIXe siècle.

Nous n’avions prévu qu’une semaine dans ce pays, le temps de nous en faire une idée et d’en voir différents aspects. Ce fut une très bonne surprise, j’ai été complètement charmée par les gens rencontrés et je peux dire sans hésiter qu’une semaine supplémentaire n’est pas de trop pour en savoir plus. Au programme pour nous, Belize City, l’ancienne capitale, le site archéologique maya de Lamanai, l’île de Caye Caulker et la ville frontalière du Guatemala San Ignacio.

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Belize City

Port de départ pour se rendre dans les îles de Caraïbes, Belize City nous a également servi de base pour aller visiter Lamanai. Notre bus depuis Bacalar au Mexique nous y emmène directement, et c’est la première ville ou presque que nous croisons après pas loin de 3h de route. Jusque-là défilent des terres assez arides, avec par-ci par-là des maisonnettes en bois construites sur pilotis, le tout ayant l’air assez vétuste. Une fois sorties du bus nous sommes prises en charge par un employé de la gare routière qui nous aide à changer nos pesos mexicains pour des dollars beliziens (avec la reine Elisabeth en gros plan !) et nous trouve un taxi. Très enjoué, celui-ci nous fait la conversation, en anglais et en espagnol, jusqu’à l’hôtel que nous avions réservé, malheureusement bien en dehors du centre-ville. Un rapide coup d’œil à l’intérieur de la chambre sale que l’on nous propose et nous choisissons illico presto de retourner dans le centre loger ailleurs. Alors que l’on tente de reprendre un taxi, un chicken bus – ancien bus scolaire américain – s’arrête et nous dit de monter. Le ragga résonne dans les hauts-parleurs, les gens se parlent en anglais, l’Amérique latine semble loin !

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Il nous faut presque une heure de marche pour enfin trouver un endroit où dormir, et cette déambulation dans la ville nous donne finalement une bonne idée de ce que l’on va vivre au Belize. Les gens nous saluent, nous indiquent le chemin sans problème, et le temps semble être comme ralenti à cette heure de sortie d’école. Le lendemain après-midi nous prenons le temps d’explorer le centre-ville, qui est assez petit, et encore une fois nous sommes surprise de la différence avec le Mexique. Une bonne partie des maisons sont en bois peint, avec des balcons et des petites vérandas, et j’ai l’impression de me promener dans les décors du film La Couleur des sentiments.

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J’avais pu lire avant ce voyage que Belize City était une ville dangereuse, mais à aucun moment nous ne nous sommes senties en insécurité, bien au contraire, les Beliziens nous saluaient sans arrêt et ô combien il était agréable de s’entendre indiquer le chemin par un chauffeur de taxi éconduit, quand dans de nombreux autres endroits il aurait insisté pour nous emmener.

Enchantées par nos premières impressions, nous avons voulu goûter la cuisine locale, qui n’est pas très variée et qui je dois dire ne m’a pas impressionnée : du ragoût, souvent de poulet, accompagné de riz frit et de haricots est servi partout. Attention à Belize City les restaurants ferment presque tous en fin d’après-midi et il est impossible d’y dîner. Le deuxième soir nous avons diné au Nerie’s qui propose une cuisine plus internationale, mais faite maison, comme nous l’a prouvé le temps d’attente, pour 20 BZ maximum.

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Il existe une petite partie de la ville qui s’appelle le village des touristes près de l’embarcadère des bateaux-taxis, mais à moins de vouloir acheter une babiole, inutile de s’y rendre.


  • Nous avons dormi au Bella Sombra Guest House Downtown, pour 50 EUR par nuit la chambre double. Eau chaude, Wi-Fi performant, lit confortable, ce n’est pas le premier prix mais c’est justifié.
  • Je déconseille de prendre une chambre au Honey’s. Il est très excentré, et à notre arrivée on nous annonce que notre chambre n’est pas disponible (alors que nous avions réservé via Booking) et qu’il ne reste qu’une chambre de libre. L’ensemble était très sale, notamment la salle de bain.
  • Au départ de Bacalar (Mexique), un bus quotidien fait le trajet jusqu’à Belize City pour 255 MXN par personne. Il passe à 12h50 au terminal ADO sur la grande route qui longe le centre-ville. Nous avons acheté notre ticket le matin-même et le bus était presque vide. Le passage de la frontière se fait facilement, prévoir 20 USD ou 535 MXN pour payer la taxe de sortie.
  • Nous avons tenté de retirer de l’argent à plusieurs distributeurs et le troisième essai fut le bon : Scotia Bank. Pour info 1 USD = 1 BZ

Lamanai

Comme le reste de cette région du monde, le Belize fut d’abord Maya avant d’être colonisé par les Européens. Cette civilisation bâtissait des villes phénoménales dont, vous le savez, nous pouvons toujours en visiter les vestiges. Ayant laissé de côté ceux de la péninsule du Yucatan au Mexique, nous avions choisi de nous tourner vers le site archéologique de Lamanai, assez éloigné de toute activité humaine moderne et considéré comme l’un des plus beaux du pays.

lamanai-temple-maya-belize-larchivoyageuseEn effet, pour s’y rendre il faut d’abord rejoindre un embarcadère, à une heure de route de Belize City, puis remonter la New River pendant environ une heure sur un bateau à moteur. On arrive alors sur le site, toujours entouré d’une épaisse jungle.

lamanai-jungle-maya-belize-larchivoyageuseOccupé sans interruption de l’époque préclassique jusqu’au début de l’époque coloniale, cette cité vit les moines espagnols s’installer en 1570 mais se révoltèrent et les chassèrent. Aujourd’hui encore seule une petite partie de ses constructions est restaurée et étudiée, avec notamment le temple du jaguar et le grand temple.

lamanai-belize-maya-larchivoyageuseNous n’étions pas très nombreux à visiter en même temps, et nous avons mis ça sur le compte de la situation géographique de la cité, mais cela ne nous a pas empêchées d’être confrontées à quelques gros groupes d’Américains qui créent des bouchons pour accéder aux temples.

lamanai-maya-belize-larchivoyageuseCar c’est l’un des points forts de Lamanai, il est possible de gravir les pyramides pour admirer la vue sur la jungle qui l’entoure et ses arbres presque à perte de vue. On peut également y voir la réplique d’un masque posée à même l’original pour le protéger.

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  • Nous avons fait appel à l’agence Lamanai Belize Tours, qui propose une journée à 75 USD incluant le trajet depuis et vers l’hôtel (van et bateau), le guide, l’entrée du site et le déjeuner. Le guide a passé son temps à nous presser pour devancer les groupes, croyant que tout ce qui nous intéressait était de faire une belle photo sans personne dessus, ou de nous faire nous-mêmes prendre en photo devant les monuments. J’ai trouvé ses explications rudimentaires et j’aurais aimé pouvoir prendre plus mon temps, donc finalement cette excursion revient assez chère pour un ressenti quelque peu mitigé, même si le site est intéressant.

Caye Caulker

Après la ville et la jungle, comment ne pas être tenté d’aller passer deux jours sur une île réputée paradisiaque ? Car c’est ainsi que Caye Caulker est présentée, une île des Caraïbes où il fait bon vivre, où l’on marche pieds nus et depuis laquelle l’on peut faire de la plongée et du snorkelling.

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Nous avions prévu d’y rester deux jours à profiter de la plage et nous reposer un peu avant d’entrer au Guatemala où excursions et randonnées étaient au programme, mais la météo en aura décidé autrement. En effet, le premier jour il fait beau, nous louons des vélos pour parcourir l’île, ce qui est très rapidement fait puisqu’elle ne fait que 8km² ! Une mini-réserve attire notre regard, mais passez votre chemin, il s’agit d’une petite balade dans la végétation remplie de petits moustiques et de déchets.

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Qui dit île dit baignade, mais après les plages du Mexique, les petits bouts de sable dur et compact n’étaient pas très attirants. Il n’y a pas vraiment d’endroit fait pour se prélasser au soleil à même le sol, et finalement même les transats proposés à la location ne font pas très envie tant l’étroitesse de l’île donne l’impression d’être au bord du passage en permanence.

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L’avantage par contre de cette taille réduite, c’est qu’il est très facile de se rendre d’un point à l’autre, et notamment au nord de Caye Caulker, où l’ouragan Hattie en 1961 a coupé l’île en deux. Ici nous apprécions un beau coucher de soleil sur la mer, avec quelques bateaux pour égayer la ligne d’horizon. La soirée se poursuit avec un diner autour de la spécialité locale, j’ai nommé la langouste, dont la saison dure de l’été au 15 février.

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Malheureusement, le lendemain c’est un véritable déluge qui s’abat sur nous. Le vent souffle très fort, il pleut presque en continu et les rues se transforment en bain de glaise (vous vous souvenez de la scène de poterie de Ghost ?!). Pour nous occuper nous passons la journée à manger, et vu le taux d’occupation des cafés et restaurants, tous les autres vacanciers ont eu la même idée. Nous finissons d’ailleurs la journée au Barrier Reef Sports Bar & Grill, où c’est soirée karaoké. Une bonne majorité des clients est américaine, ils enchainent les titres de musique country qui nous sont inconnus mais semblent être de vrais hits.

Au matin alors que nous nous apprêtons à partir, le soleil est revenu, le vent s’est calmé et en parcourant les rues pour prendre une dernière photo on peut voir les habitants ramassant les panneaux qui se sont envolés et réparant les petites casses.

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pelican-belize-caye-caulker-larchivoyageuseAu final Caye Caulker c’est plutôt sympa, mais au risque de paraître rabat-joie ça ne casse pas trois pattes à un canard (ou à un pélican, au choix). Je m’explique : les plages ne sont pas vraiment belles, personnellement les sorties snorkelling avec 20 autres personnes sur un bateau qui joue de la musique à fond ce n’est pas vraiment mon truc, et si on veut apprécier l’attraction la plus mise en avant du coin, à savoir le Blue Hole, il faut pouvoir payer 200 USD pour faire le tour en hélicoptère. En bref, deux jours à prendre le temps de ne rien faire en se calant sur le rythme nonchalant de l’île, oui, mais si vous êtes du genre à faire 100 activité par jour, passez votre chemin.

Cependant le contact avec les locaux fut tout aussi facile et agréable qu’en ville, ici les rabatteurs des restaurants ne sont pas insistants, il est vraiment très facile d’engager la conversation, et on se sent tout de suite bien.


  • A Belize City on nous a distribué un coupon permettant de payer l’aller-retour jusqu’à Caye Caulker 27 BZ, avec le retour open pendant trois mois. Le trajet prend environ 30 minutes.
  • Nous avons logé au Yuma’s House, à 2 minutes du débarcadère, pour 38 BZ la nuit en dortoir de quatre personnes. L’endroit est très propre, les parties communes sont fort agréables, avec deux cuisines et des nombreux hamacs.
  • Pour un gros et bon burger avec une bonne portion d’accompagnement, rendez-vous au Barrier Reef Sports Bar & Grill. Ajoutez-y une boisson et la note ne dépassera pas 20 BZ.
  • Nous avons loué des vélos à un petit supermarché pour 15 BZ le vélo pour 24 heures.

San Ignacio

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San Ignacio c’est à la fois la dernière ville avant de passer la frontière avec le Guatemala, mais également le point de départ de plusieurs excursions, comme par exemple celle des grottes dActun Tunichil Muknal. Pour nous il s’agissait de la première option, car il nous paraissait long de faire le trajet Caye Caulker – Guatemala sur la même journée, et passer une nuit de plus au Belize nous permettait d’en voir un peu plus pour nous faire une idée du pays.

Nous avons donc pris un bus local depuis Belize City et nous y avons fait une rencontre très intéressante, en la personne de Steven, membre de la communauté mennonite. En septembre dernier à Aguascalientes j’avais vu des hommes et des femmes très blonds, vêtus de façon inconventionnelle vendre des choses le long des routes. Mon copain m’avait vaguement expliqué qu’ils étaient Hollandais et ne parlaient pas espagnol. A Bacalar nous avons à nouveau croisé des gens qui dénotent vraiment parmi les Mexicains, et lorsque l’on s’y intéresse on comprend vite pourquoi. Les Mennonites ont en effet débuté aux Pays-Bas au XVIe siècle, dans un rejet du catholicisme, et se sont ensuite installés dans plusieurs endroits du globe, pour fuir les persécutions religieuses. Ils représentent aujourd’hui 5% de la population du Belize.

J’avais très envie d’engager la conversation avec ce jeune homme vêtu comme s’il sortait tout droit du XIXe siècle, mais j’ai préféré m’abstenir, de peur d’être indiscrète ou irrespectueuse. Et finalement c’est lui qui s’est retourné pour discuter avec nous, après nous avoir entendues parler français. Il était très curieux de nous et j’ai alors pu lui poser des questions. Steven a 27 ans, il vient du Kansas et a rejoint la communauté il y a presque deux ans, à la recherche d’une vie plus simple. Sa copine de l’époque l’a suivi, elle est aujourd’hui sa femme, et une partie de leurs deux familles ont fait de même. Il nous a raconté qu’il avait été difficile pour lui de se passer de son ordinateur, mais également de se mettre à l’équitation. Car les Mennonites vivent sans la technologie qui nous entoure au quotidien, sans voiture, sans Internet. Cette conversation était très surprenante, surtout lorsque l’on comparait nos vies, si différentes alors que nous avons le même âge. Steven est descendu du bus avant nous, tandis que nous avons poursuivi le chemin jusqu’à San Ignacio.

San Ignacio est une petite ville, assez différente de Belize city puisqu’on n’y retrouve que très peu les habitations en bois, mais elle est bien plus agréable. En effet contrairement à l’autre, il est facile de trouver à diner même après 20h et le choix est assez large. Si cela est possible, les locaux nous ont paru encore plus gentils, et nous ont presque fait regretter d’avoir choisi de ne pas rester plus longtemps.

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On sort assez vite du centre-ville et on a la joie de se retrouver rapidement dans la nature, notamment sur les berges de la rivière dont certains endroits ont été aménagés pour le loisir, avec des promontoires dans les arbres, des espaces pour faire un barbecue et pique-niquer.

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  • Pour rejoindre San Ignacio depuis Belize City nous avons pris un chicken bus pour 9 BZ. Le trajet dure presque 3h.
  • Nous longeons au Bella’s Backpackers pour 12,50 USD la nuit pour un lit en dortoir. L’endroit parait charmant au premier abord mais renoncez-y si vous souhaitez dormir. En effet, les dortoirs sont en fait plus des couloirs que des chambres, l’isolation avec les parties communes est inexistante et nous avons passé une très mauvaise nuit.
  • Pour rejoindre la frontière avec le Guatemala, prenez un taxi pour 5 BZ par personne. Il faut ensuite payer 40 BZ de taxe de sortie. N’hésitez pas à changer vos dollars en quetzales guatémaltèques.

Je n’ai passé que cinq jours au Belize, c’est très court pour découvrir un pays, mais la taille réduite de celui-ci m’a permis d’en voir différents aspects, et je suis complètement sous le charme. J’ai conscience de n’avoir vu que ce qui est visible pour les touristes, et sûrement assez éloigné de la réalité des Beliziens, mais j’ai rarement autant apprécié l’atmosphère générale d’un endroit.

Pendant ces quelques jours nous avons été entourées d’une bienveillance constante, beaucoup  de sourires et de salutations ont été échangés. Lorsque l’on voyage on a tendance à se réfugier derrière une sorte de barrage quand on a à faire aux chauffeurs de taxis, aux vendeurs ou à tous ceux que l’on sent susceptibles de tenter de nous soutirer un peu plus d’argent parce que l’on est touriste. Et j’ai vraiment ressenti ce barrage céder au contact des personnes que nous avons pu rencontrer, si bien qu’au moment de partir on avait juste envie de dire « encore ! ».

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