Derniers jours de road trip au Mexique

Après des trombes d’eau à ne plus voir la route, nous arrivons à Cancún, dont le nom évoque pour moi plages de rêve, mais aussi et surtout tourisme de masse, hôtels de luxe all inclusive et tout ce que je n’aime pas en voyage. Nous logeons chez la sœur de mon ami mexicain, bien loin de tout ça, et au lieu du buffet à volonté nous nous rendons au supermarché où je suis affolée par la taille des bouteilles de sodas, des packs de bière et des paquets de chips, on sent que l’influence américaine est bien présente.

Dimanche, pique-nique sur la plage

Après un rapide tour dans la zone hôtelière, mes a priori se confirment, on se croirait presque à Las Vegas, tout est trop grand, tape à l’œil, écrit en anglais pour attirer les touristes, bref pas à mon goût. Heureusement l’après-midi la plage tient toutes ses promesses.

 

Nous nous rendons à Playa Delphines, une plage publique qui ne dépend pas d’un hôtel de luxe et où de nombreuses familles sont venues profiter du repos dominical. Le sable est blanc, éblouissant sous le soleil, et la mer est bleue curaçao. Cependant à cause des fortes pluies le courant est fort, la baignade déconseillée et en s’approchant de l’eau on voit de nombreuses algues. Chaque petit groupe est bien équipé, glacières, boissons fraîches, nourriture, tout est prêt pour tenir la journée.

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Lundi, Riviera Maya

Après une bonne heure de route nous voici à Playa del Carmen, aussi connue de Cancún pour ses plages et ses animations, mais heureusement à plus petite échelle. Une longue rue, remplie de restaurants et de boutiques, qui feraient rêver les participantes des Reines du shopping, longe la plage et sa mer encore une fois magnifique. Nous hésitons fortement à faire une excursion pour l’île de Cozumel mais les tarifs nous font renoncer, et nous poursuivons notre route le long de la côte.

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Il fait très chaud, et le besoin de baignade se fait vite ressentir, alors nous nous arrêtons au cenote Azul. C’est très différent de X’Kekén, ici point de grotte mais plusieurs bassins naturels, entre les rochers et la végétation, avec une eau transparente qui brille sous le soleil.

 

Une fois bien rafraîchis il nous reste du temps pour aller visiter le site archéologique de Tulum, avec sa tour de guet perchée sur la falaise, image bien connue de tous. Selon les archéologues il s’agissait entre 1200 et 1521 d’une importante cité portuaire entourée de remparts et peuplée de maisons peintes en rouge, bleu ou jaune.

 

C’est le site qui m’a le moins impressionnée, peut-être à cause du monde présent sur place ou alors du fait que nous étions obligés de visiter au pas de course avant la fermeture. Mais le cadre est sublime, les petites plages de sable blanc invitent à la baignade, même si vue l’heure elles étaient fermées.

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Après cette journée bien remplie, c’est assez fatigués que nous arrivons à Bacalar pour la nuit. Un rapide tour en ville nous montre un endroit plutôt charmant, où l’on sent que les touristes sont les bienvenus.

Mardi, Bacalar et en voiture Simone

On se lève tôt et pas le temps de traîner, direction la laguna pour une petite trempette matinale. En effet, l’attraction principale de Bacalar est son grand lac à l’eau douce cristalline qui s’étend sur plus de 60 km et dont la rive a été aménagée pour la farniente. L’entrée coûte seulement 15 pesos, nous sommes seuls tellement il est tôt, et je me dit qu’une journée ici à dormir sur un transat doit faire du bien. Mais Fernando n’est pas du genre à faire bronzette pendant des heures, alors dès que la faim se fait sentir nous partons pour le petit déjeuner avant d’enchainer avec six heures de voiture jusqu’à Palenque.

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Mercredi, Palenque et Agua Azul

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Palenque est le site archéologique que j’ai préféré pendant ce voyage. Classé au patrimoine de l’Unesco, cette ancienne cité maya regroupe tout ce qui pour moi rend l’expérience de ces visites inoubliable. Tout y est, une pyramide, des ruines en pleine jungle, parfois à peine dégagées par l’Homme, une végétation dense et luxuriante, avec des arbres immenses aux énormes racines, et même une superbe chute d’eau.

 

Le site est abandonné après 900 et il faut attendre 1746 pour qu’il soit connu du monde occidental, quand des chasseurs mayas révèlent son existence à un prêtre espagnol. En effet, année après année, stimulée par l’abondance des pluies, la végétation a complètement recouvert les édifices. Encore aujourd’hui, cette jungle épaisse continue de révéler peu à peu les merveilles de cette ville, permettant d’enrichir les connaissances sur son histoire.

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cascade-agua-azul-mexique-larchivoyageuseA 60km du site, en passant par les routes sinueuses de montagne, se trouve une impressionnante cascade qui s’appelle Agua Azul, ce qui signifie Eau bleue. Si à cette période de l’année l’endroit est plutôt tranquille, c’est parce qu’avec les fortes pluies l’eau n’est pas bleue mais marron. On remonte tout de même les 700 mètres du chemin de pierres qui longe la rive, obligés de hausser le ton pour se faire entendre, tant le débit est fort et bruyant.

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Jeudi, San Cristobal de las Casas et le canon del Sumidero

Ma première pensée en arrivant à San Cristobal de las Casas fut pour la météo. On est en altitude, à 1940 mètres, et clairement lorsque nous arrivons à 18h la veille au soir mon short et mon t-shirt n’étaient pas suffisants. Malgré le froid ressenti, alors que nous cherchons un hôtel pour la nuit, je suis directement charmée par cette ville. Des façades colorées, des rues pavées et une multitude de petits cafés et restaurants à l’air si cosy, bref, tout ce qui donne envie d’en découvrir plus.

 

Le jeudi on se lève dont assez tôt, car le planning n’inclue pas de nous attarder trop longtemps, et je voudrais pouvoir aller me balader un peu avant de repartir. Sur la Plaza 31 de Marzo se dresse cette belle cathédrale jaune avec son fin décor dentelé blanc auquel mes photos ne rendent malheureusement pas justice.

 

J’avais déjà vu des photos de l’église suivante, si facilement reconnaissable avec cette façade bleue. Malheureusement lors de mon passage à San Cristobal il était impossible de s’en approcher, car elle a subi des dommages pendant le tremblement de terre qui a secoué le Chiapas le 7 septembre dernier.

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Si vous avez lu mes articles précédents, vous allez penser que je me répète, mais encore une fois cette ville m’a beaucoup plu et j’aurais aimé y rester plus longtemps. Pour nous en tenir au programme nous continuons donc notre chemin, et après un peu plus d’une heure nous arrivons au Cañon del Sumidero.

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Ici un petit bateau à moteur nous fait faire l’aller-retour sur environ 35 km sur le Rio Grijalva, entre les falaises qui s’élèvent jusqu’à 800 mètres au dessus du niveau de l’eau. Le guide fait plusieurs arrêts, pour nous montrer un crocodile, un singe, ou une formation rocheuse intéressante. De nombreux oiseaux sont là pour pécher, et nous frôlent presque au moment de plonger ; à part deux autres embarcations nous avons la sensation d’être seuls au monde.

 

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dechets-canon-sumidero-mexique-larchivoyageuseEncore une fois la saison des pluies joue en notre faveur, la végétation est d’un vert profond et bien dense, et par moment on a presque l’impression de participer à la découverte d’un nouveau monde, qui va se révéler à nous derrière un pan de falaise. Hélas la réalité nous rattrape bien vite lorsque l’on doit traverser une nappe de déchets en tout genre qui recouvre entièrement la surface de l’eau.

 

Vendredi, sur la route

Après la nuit à Veracruz c’est une longue journée de route qui nous attend, pour remonter vers le nord. Et histoire que le trajet soit encore plus long, nous nous perdons en suivant Goople Maps qui indique que les petits chemins longeant les ranchs sont les plus courts pour rejoindre notre destination. Alors peut-être qu’en théorie ça l’est, mais en pratique pas du tout ! Car il s’agit littéralement de chemins, pas goudronnés mais en terre et en cailloux, avec des parties complètement inondées à cause des pluies, qui forment un vrai labyrinthe à travers la campagne. Nous perdons facilement deux heures avant d’enfin retrouver la route et d’arriver sous une pluie battante à Xilitla, dans la Huasteca Potosina.

Samedi, last but not least, Las Pozas et Puente de Dios

C’est la dernière journée de road trip, nous rentrons le soir-même à Aguascalientes, mais je sais qu’il reste deux surprises avant le trajet final (vous verrez plus loin que j’aurais finalement droit à une troisième malgré moi). La journée commence par une visite géniale, j’ai nommé Las Pozas. Edward James, un aristocrate britannique qui fut dans les années 1930 mécène de Salvador Dali, découvrit Xilitla en 1945. Avec l’aide de Plutarco Gastelum et de 40 ouvriers locaux, il passa 17 ans à réaliser un jardin de sculptures en pleine jungle, sur les versants de la Sierra Madre Oriental.

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Depuis 2008 il est possible de visiter ce lieu, en déambulant librement dans ce labyrinthe de végétation et d’escaliers en pierre. Des visites guidées sont également organisées, probablement intéressantes si l’on veut en savoir plus sur l’histoire des œuvres d’art, mais le côté ludique de cet endroit donne plus envie de se balader au hasard, montant et descendant sans cesse, plutôt que de suivre un groupe en piétinant.

 

Nous y passons deux bonnes heures, et vu l’étendue du site nous aurions sûrement pu y rester encore plus longtemps. Mais il fait chaud, l’air est lourd et moite et il y a de plus en plus de monde. Je précise également il est préférable d’être en relativement bonne condition physique pour apprécier Las Pozas et que venir en tongs n’est pas la meilleure des idées. Les escaliers ne sont pas les plus réguliers et l’humidité est partout, rendant la pierre glissante.

 

C’est une de mes visites préférées sur l’ensemble du séjour, je ne l’avais pas repérée dans le guide en préparant mon voyage et je n’avais d’ailleurs jamais imaginé un endroit comme ça. Si vous avez l’occasion d’y passer, vraiment n’hésitez pas, ces sculptures en pierre dans cette jungle sauvage sont surréalistes et on a vraiment l’impression d’être dans un livre pour de contes pour enfants.

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Et pour finir ce road trip, nous nous accordons une dernière baignade, dans une des attractions de la Huasteca Potosina, à savoir ses chutes d’eau d’un bleu-vert intense, résultat d’une forte concentration de calcium dans la roche. Il est possible de nager sur plusieurs sites, et c’est à Puente des Dios que nous allons.

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Une promenade de 600 mètres emmène les visiteurs à travers la forêt, jusqu’à plusieurs points où l’on peut pénétrer dans l’eau. Septembre n’est pas du tout le meilleur moment pour venir, la grotte qui a donné son nom au site n’est pas visible, plusieurs spots de baignade sont fermés pour raison de sécurité et l’eau est froide.

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Nous nous baignons un peu, et Fernando ne peut pas résister à l’activité principale du site, qui consiste à pénétrer dans l’eau à un endroit et à se laisser porter par le courant. Malheureusement pour lui, à cause du débit de la rivière on ne voit pas le fond et lorsqu’il saute son pied heurte une pierre. S’ensuivent deux heures de premiers soins-remontée en civière-centre médical, pour un verdict provisoire qui annonce une fracture.

Le retour à Aguascalientes et mes derniers jours au Mexique sont centrés sur ma découverte du système médical mexicain, entre radiographie, urgences, sécurité sociale et pharmacie. Mais même cet imprévu n’a pas entaché une seule seconde ce beau voyage et la découverte de ce pays. En prenant mes billets d’avion je ne m’attendais pas à une telle diversité de paysages et d’activités, sachant que je n’en ai vues qu’une partie !

Infos pratiques :

  • L’entrée du cenote Azul à Tulum coûte 50 pesos par personne, pour un accès à 4-5 bassins.
  • Le site archéologique de Tulum coûte 70 pesos par personne, et est accessible de 8h à 17h. Les plages ferment avant le parcours de visite.
  • A Bacalar nous dormons dans une posada pour 500 pesos la chambre double. Il y a deux auberges de jeunesse sur la place principale mais il faut s’y prendre un peu en avance pour réserver.
  • L’entrée du balneario se fait de 9h à 17h pour 15 pesos par personne. Le prix n’inclue ni les transats, ni le restaurant, ni le toboggan.
  • A Palenque nous logeons à l’hôtel Mallorca pour 450 pesos la chambre double avec accès à la piscine et parking.
  • Le site archéologique de Palenque coûte 70 pesos par personne. Un parcours est aménagé pour les fauteuils roulants.
  • L’entrée de la cascade Agua Azul coûte 40 pesos par personne.
  • A San Cristobal de las Casas nous dormons à la Posada Ganesha, pour 450 pesos la chambre double avec petit déjeuner, mais sans salle de bain.
  • La sortie en bateau dans le Cañon del Sumidero revient à 320 pesos par personnes pour des groupes de 8, à 220 pesos à partir de 11 personnes. N’hésitez pas à attendre de remplir un bateau avec d’autres visiteurs pour faire baisser les prix. Gilets de sauvetage compris dans le tarif.
  • A Veracruz nous logeons à l’Oyster Hostel, pour 350 pesos la chambre de 6 personnes avec salle de bain et petit déjeuner, ne pas hésiter à négocier le prix hors saisons.
  • A Xilitla nous dormons à la pension Casa de la estrella pour 300 pesos la chambre et le petit déjeuner.
  • Les jardins de Las Pozas coûtent 70 pesos par personne.
  • L’accès à Puente de dios coute 35 pesos par personne. Possibilité de louer un gilet de sauvetage.
  • Pour profiter au mieux des cenotes et des baignades en rivière, je conseille fortement de s’équiper de petits chaussons anti-dérapant, que vous trouverez un peu partout aux abords de ces sites, pour un prix allant de 5 à 7 euros, donc bien moins cher qu’en France.

 

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