Découverte de la péninsule du Yucatan

Nous passons la nuit à Muna, où la clim est devenue indispensable face à la chaleur humide qui nous entoure. Après deux jours de route consécutives, je suis ravie d’être arrivée dans le Yucatan qui regorge d’endroits à visiter.

Vendredi, entre histoire et phénomène naturel

J’espérais beaucoup que ce voyage serait l’occasion pour moi de voir une pyramide maya (après celles d’Égypte en juillet), et j’étais donc très excitée ce matin-là lorsque nous avons quitté Muna, pour nous rendre à Uxmal, à environ 15 km. Bon mon excitation était quelque peu intériorisée, car entre une nuit à être malade et la chaleur moite qui régnait dehors, ma visite de cette cité fut un peu difficile.

uxmal-maya-mexique-larchivoyageuseUxmal est une cité qui fut fondée vers 600 dans la région de Puuc. Cette région souffrant beaucoup d’un manque d’eau, on y trouve de nombreuses représentations de Chac, le dieu de la Pluie, dans les décors en stuc sur les façades et les corniches. Pour palier à ce problème, les Mayas y construisirent des réservoirs et des citernes destinées à recueillir l’eau de pluie.

uxmal-pyramide-maya-mexique-larchivoyageuseLa visite du site commence par la pyramide, la Casa del Adivino, majestueuse avec sa forme ovale. L’endroit est très vert, bien entretenu, et nous sommes presque seuls. Les bâtiments sont richement décorés, avec de nombreux motifs géométriques évoquant un treillage.

 

 

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Un iguane qui profite du soleil

Nous reprenons la route, et je m’endors immédiatement, je sais que j’ai presque 3 heures pour finir ma nuit, et je zappe donc mon activité favorite depuis le début du trajet, à savoir deviner la destination à l’aide des panneaux sur la route. Je suis réveillée par une voix sur ma droite : la voiture est arrêtée, ma fenêtre est ouverte et un jeune homme nous offre ses services de guide pour…Chichen Itza !

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El Castillo

Cette cité est sûrement une des plus connues, notamment grâce à sa pyramide, qui fait partie de la nouvelle liste des sept merveilles du monde, liste réalisée par un vote sur internet organisé par la New Seven Wonders Foundation, liée à la New Open World Corporation, et non par l’Unesco.

Nous arrivons en fin de matinée, il fait très chaud et humide, et contrairement à Uxmal le site est loin d’être désert. Il y a beaucoup de monde, notamment des groupes, et les chemins qui mènent aux différents édifices sont bordés de stands de souvenirs, dont les vendeurs vous alpaguent à qui mieux-mieux. El Castillo nous accueille, tel une carte postale grandeur nature, et après l’avoir pris en photo sous toutes les coutures on est prêt à continuer l’exploration.

 

Ici l’architecture est un mélange entre culture maya et celle des Toltèques, qui ont vraisemblablement envahi la cité vers la fin du Xe siècle. Ils y ont amené le culte de Quetzalcoatl, le serpent à plumes, dont on trouve des représentations dans toute la cité. Les deux photos ci-dessus montrent des détails du Gran Juego de Pelota, le plus vaste jeu de balle du Mexique. Selon les archéologues qui ont étudié les bas-reliefs qui couvrent les murs du terrain, à la fin du jeu le capitaine de l’équipe perdante était sacrifié.

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La visite de Chichen Itza ne se limite pas aux ruines archéologiques, j’y ai vu le premier cenote du voyage. Il s’agit d’un puits naturel qui s’est créé en milieu karstique, totalement ou partiellement rempli d’eau douce, qu’on trouve essentiellement en Amérique du nord ou centrale. Ici on ne s’y baigne pas, la couleur de l’eau ne donne de toute façon pas très envie.

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Ma déception devant l’impossibilité de se baigner dans le cenote de Chichen Itza ne dure pas puisqu’il y en a d’autres dans la région, et c’est d’ailleurs notre prochaine étape. Après 35 minutes de voiture nous arrivons à X’Kekén et pour une soixantaine de pesos, nous descendons sous terre, pour déboucher dans une grotte, dont les parois sont parsemées de stalactite, et dont l’eau cristalline est éclairée par un trou dans le plafond, laissant passer la lumière.

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C’est malheureusement la seule photo potable que j’ai de cet endroit et elle ne lui rend pas justice, mais vraiment se baigner ici est une expérience singulière ! L’eau est fraiche, si transparente qu’on en voit le fond même avec peu de lumière, et de nombreux petits poissons viennent vous grignoter les peaux mortes sur les pieds. Nous ne sommes même pas une vingtaine à nager, personne n’ose parler fort, mais on a tous ce même petit sourire aux lèvres, dû à la sensation de vivre un moment unique.

Une fois secs c’est reparti pour la voiture, direction notre étape pour la nuit. Enfin ça c’était le plan, rouler jusqu’à Rio Lagartos, pour y voir des flamants roses. Mais nous sommes surpris par la pluie, et lorsque l’on arrive après presque 2 heures, les rues sont inondées et les quelques hôtels que nous trouvons sont soit complets soit trop chers. Nous rebroussons chemin, décidés à nous arrêter dans la première ville venue, mais c’est sans compter sur la ruralité de cette zone. A part quelques petits villages sans hébergement il n’y a que la route qui traverse la jungle, et nous nous laissons surprendre par la nuit.

Finalement après avoir roulé plus de 2 heures, nous arrivons à Kantunilkin, une petite bourgade qui – Alléluia – a une posada c’est-à-dire une petite auberge. La chambre est simple mais qu’importe, nos estomacs crient famine et je ne veux pas louper les animations pour la célébration de la fête nationale.

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La fête nationale mexicaine, qui a lieu le 16 septembre célèbre  l’appel à l’insurrection contre les autorités espagnoles sous les ordres de Joseph Bonaparte, qui sonne le départ du processus menant le Mexique à son indépendance. Les festivités commencent le 15 au soir, pour célébrer El Grito de Dolores. Devant le palacio municipal, une estrade a été installée, avec des chaises pour le public. On dirait que toute la ville est là, sur son trente-et-un, beaucoup de femmes et d’enfants habillés aux couleurs du drapeau mexicain. Le premier rang est réservé aux personnalités locales, dont trois miss, qui ont revêtu écharpes et couronnes pour l’occasion.

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La soirée commence par un petit concert de mariachis, qui chantent des classiques que tout le monde connaît. Pour ma part il faut attendre qu’ils reprennent le tube de l’été Despacito pour que des paroles me soient familières.

Vient ensuite une représentation de danse, typiques de plusieurs états et pour lesquelles les danseurs changent de tenues au fur et à mesure. Les vêtements sont colorés, les robes volent, les talons claquent sur le sol, c’est vraiment un beau spectacle.

 

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Une fois le spectacle terminé, tout le premier rang monte à l’étage de la mairie et réapparait au balcon, avec le drapeau mexicain qui a solennellement été apporté par la police, c’est l’heure du Grito. Un discours est prononcé, puis des ¡viva! au nom des héros de l’Indépendance retentissent, avant le ¡Viva Mexico! final, accompagné d’un son de cloche. Pendant ce temps nous sommes debout, la main droite posée sur le haut du torse, et nous répétons ce qui est dit. Retentit alors l’hymne de l’état de Quintana Roo, suivie de l’hymne nationale. Tout le monde chante, même les enfants connaissent les paroles par cœur. Le drapeau est redescendu, réintégré dans sa vitrine et la fête peut commencer.

Une assiette de posole – une sorte de soupe au maïs et à la viande – est servie gratuitement à chacun, accompagnée d’un verre d’horchata de arroz, une boisson à base de farine de riz et de sucre. Un orchestre accompagné de chanteuses commence à jouer, la piste est ouverte, jeunes comme moins jeunes se mettent à danser sur de la cumbia, et lorsque nous rentrons nous coucher à 1h passée la fête bat toujours son plein.

Samedi, bienvenue au paradis

Après seulement quelques minutes de route ce jour-là, je devine où nous allons et j’ai le sourire jusqu’aux oreilles. Isla Holbox, dont j’avais vu des dizaines de photos sur internet et qui, je l’espérais secrètement, serait au programme.

Comme son nom l’indique il s’agit d’une île, située tout au nord de l’état de Quintana Roo, qui a une superficie d’environ 56 km². Pour s’y rendre il faut aller jusqu’à la ville de Chiquila, d’où parte les navettes. Si vous êtes un petit groupe vous pouvez négocier le prix d’un bateau, sinon l’aller simple en ferry revient à 140 pesos par personne, pour un trajet d’environ 25 minutes. A peine arrivé on se sent dans un autre monde, les rues ne sont ni goudronnées ni pavées, les bâtiments sont colorés, une personne sur deux est en maillot de bain, bref on sent que la détente est le mot d’ordre ici !

 

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Et quand je dis détente, c’est surtout détente à la plage, car le point fort de cet endroit encore épargnée par le tourisme de masse, ce sont ses plages paradisiaques ! Lorsque nous descendons du ferry nous prenons la première grande rue que l’on voit, qui traverse l’île dans sa largeur et débouche directement sur une plage de sable blanc. En chemin nous croisons des voiturettes de golf qui transportent des touristes, mais franchement à part si vous êtes hyper chargés avec des valises à roulettes, pas besoin d’y avoir recours.

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Une fois sur la plage on ne sait pas trop de quel côté aller, une fille nous explique que vers la droite c’est la zone un peu plus développée, avec la zone hôtelière haute gamme, et que vers la gauche c’est plus sauvage, avec un endroit où on peut voir des flamants roses. On choisit d’aller à gauche sans hésiter, et si vous décidez de faire pareil, lisez bien ce qui va suivre. Sur cette partie du rivage il est impossible de longer la plage tout du long, car plusieurs maisons y sont construites sur pilotis. Deux choix s’offrent alors à nous, marcher dans l’eau, parfois jusqu’à mi-cuisses, ou passer derrière les maisons, hors de la plage. Si vous choisissez cette solution, préparez-vous à vous faire dévorez par les moustiques : en l’espace de quinze mètres lors du retour, mon ami s’est fait piquer une vingtaine de fois…

Nous marchons dans l’eau, environ 2km, et c’est tellement beau que je m’arrête prendre des photos toutes les 10 secondes. Le sable est probablement le plus fin et le plus blanc que j’ai vu dans ma vie, et ajouté à l’eau cristalline et au soleil de midi, la mer a cette couleur surréaliste, bleue-verte, à couper le souffle. En chemin nous voyons beaucoup d’oiseaux, tranquillement posés sur le bois qui sort de l’eau, quelques poissons, et s’il y a bien des hôtels et des restaurants, le nombre est très limité et tout est petit, authentique, rien ne vient troubler le naturel du lieu.

 

Nous marchons donc un bon moment, jusqu’à ce que l’attrait de la baignade soit plus forte que l’envie de voir les flamants roses (ça et aussi moi qui râle parce qu’il fait chaud et que j’en ai marre de marcher). Nous posons nos affaires dans un coin, et direction l’eau. On est seul au monde, il faut s’éloigner pas mal du bord pour que le niveau monte, donc on n’entend même pas les quelques personnes qui passent sur le sable.

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Je n’ai passé que peu de temps sur cette île puisque nous la quittons le jour-même, mais j’ai adoré l’endroit et j’ai bien l’intention d’y retourner. Je me vois bien y passer quelques jours, à me baigner, bronzer, me promener dans ses rues colorées et apprécier de ne rien faire. Et surtout j’aimerais voir le phénomène de bioluminescence qui illumine les vagues lorsqu’il fait nuit.

Mais ce jour-là pas le temps de traîner, nous devons reprendre la route jusqu’à Cancun, située à environ 2 heures de Chiquila.

Infos pratiques :

  • Pour les étrangers le billet d’entrée de la cité d’Uxmal revient à 153 pesos. Le site est ouvert de 8h à 17h, évitez le milieu de la journée pour être plus tranquille.
  • Chichen Itza vous coûtera 172 pesos. Mêmes horaires et même conseil que pour Uxmal. Attention toutefois c’est fermé le lundi.
  • Les deux sites sont gratuits pour les moins de 13 ans.
  • L’entrée du cenote X’Kekén coûte 60 pesos, 90 si vous voulez également voir le deuxième bassin.
  • Ferry pour Holbox au départ de Chiquila : 140 pesos par personne et par trajet. Bien regarder les horaires de retour pour ne pas se retrouver bloqué sur l’île.
  • On trouve des distributeurs de monnaie à Holbox, notamment dans la grande rue qui traverse l’île dans la largeur.

 

 

 

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7 réflexions sur “Découverte de la péninsule du Yucatan

  1. Chouette programme ! En deux jours, vous avez l’air d’avoir vu pas mal de paysages différents !
    Pour Uxmal, c’est marrant parce que tu dis qu’ils manquaient d’eau mais je trouve l’herbe bien verte ! (est ce que le climat de la région a changé entre temps ? mystère !)

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