D’Aguascalientes à Muna, premiers jours sur les routes mexicaines

Ma première destination pour ce voyage au Mexique était la ville d’Aguascalientes, capitale de l’état du même nom, pour y rejoindre un ami. Après un vol Paris-Mexico, 4 heures d’escale et un vol Mexico-Aguascalientes, me voici arrivée, sous des trombes d’eau. J’ai quelques jours pour me balader en ville, pour me caler sur le rythme mexicain, ainsi qu’un mariage au programme.

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Un grand classique au Mexique, le nom de la ville en grandes lettres colorées

Aguascalientes n’est pas une ville très touristique, point de ruines mayas à visiter, de jungle à explorer ni de plage paradisiaque sur laquelle se prélasser. Mais si vous passez dans le coin ou que vous y faites un arrêt pour la nuit, voici ce que moi j’y ai aimé.

Le centre-ville est plutôt mignon, pas de hauts immeubles à signaler, ici on s’arrête à deux-trois étages max, et chaque bâtiment est d’une couleur différente. Sur la place principale, la Plaza de la Patria, vous ne pourrez pas louper la cathédrale baroque du XVIIIe siècle, dont l’intérieur vaut le coup d’œil.

 

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De l’autre côté de la place, on trouve un bel exemple d’édifice colonial avec le Palacio de Gobierno. Si de l’extérieur il ne paye pas de mine, une fois entré on est agréablement surpris par sa superbe cour, séparée en deux par un bel escalier. Sur les murs de la cour, des fresques colorées, dont certaines réalisées par Osvaldo Barra, qui avait pour mentor Diego Rivera .

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Toujours dans le centre-ville, si vous avez envie de visiter un musée arrêtez-vous au Museo Nacional de la Muerte. On a tous déjà entendu parler de la fête des morts mexicaine, depuis quelques années les tatouages de Catrina sont très à la mode, mais au final on ne sait pas vraiment d’où vient cette fascination pour la mort et l’art macabre qui s’est développé tout autour, mélange des traditions préhispaniques et catholiques. Dans ce musée sont exposés des dessins, des photos, des objets de toute sorte dont la variété participe à l’intérêt de la visite.

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Enfin si vous n’avez pas vraiment envie de visiter et que vous préférez vous poser dans un endroit tranquille, je vous conseille de vous rendre au Parque des las Tres Centurias, toujours situé dans le centre et donc accessible à pied. C’est un endroit calme, bien entretenu où l’on trouve une ligne de chemin de fer surmontée d’un train ancien, témoin de l’histoire ferroviaire de l’état. Et le plus sympa dans ce parc, c’est la grande fontaine qui se situe à l’entrée, et qui de façon régulière se met à jaillir en rythme sur de la musique.

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La ville regorge d’endroits pour manger et de bar, allant de la petite cantine au restaurant branché. C’est d’ailleurs une des premières choses qui m’ont frappées lors de ce voyage, j’ai eu l’impression que les Mexicains passaient leur temps à manger et à boire. De la viande à chaque repas, presque toujours accompagnée de tortilla au maïs, les premiers jours j’ai bien cru que mon estomac n’allait pas suivre le rythme – rythme qui n’est évidement pas calé les horaires français ! Et bien sûr chaque plat, s’il n’est pas déjà épicé, est présenté accompagné de deux voire trois sauces piquantes, qui personnellement me font pleurer !

Pour le petit déjeuner ou le déjeuner, j’ai beaucoup aimé Brunchi, où Omar sert des classiques de la cuisine mexicaine revisités de façon moderne, ainsi que des classiques du petit déjeuner sucré, comme des pancakes, du pain perdu et des milkshake aux fruits.

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Je conseille également Las Gordibuenas, où l’on est accueilli dans une grande salle colorée, pour déguster des gorditas, sorte de petits chaussons fourrés aux haricots, au mole et à la viande.

Et pour profiter de la vie nocturne, si comme moi vous avez du mal à vous faire à l’habitude mexicaine de boire sa tequila avec de l’eau pétillante, rendez-vous à la Casa Segunda, où chacun peut trouver son bonheur dans la très longue liste de cocktails.

Après ces quelques jours il est temps de prendre la route pour un road trip un peu spécial, puisque je n’en connais ni la durée, ni les étapes, ni la destination, le tout étant une surprise. Je découvre donc au fil des jours les visites et les activités prévues, en demandant à chaque fois que l’on remonte en voiture, « et maintenant on va où ? ».

Lundi : le début du road trip

Nous partons en fin de matinée, après un arrêt dans un Oxxo pour faire le plein de snacks. Je l’ignore, mais notre première destination est la ville de Guanajuato, que l’on atteint après environ 3h30 de route, en roulant sur les nationales pour éviter de payer le péage. Même si nous n’y restons que quelques heures, le temps de déjeuner et de se balader, j’ai adoré cette ville et je m’y verrais bien y passer quelques jours. Guanajuato est inscrite au Patrimoine mondiale, et son architecture est très bien préservée.

basilica-de-nuestra-senora-de-guanajuato-mexique-larchivoyageuse

guanajuato-mexique-guirlandes-larchivoyageuse-roadtripConstruites à flanc de collines, ses rues bordées de maisons multicolores et d’édifices coloniaux zigzaguent en suivant la pente, dévoilant des places propices à la rencontre, des musées, des restaurants, et même des tunnels qui suivent le lit d’anciennes rivières.

A la recherche d’un endroit pour manger nous sommes attirés par une belle rangée de poulets qui rôtissent, il s’agit du restaurant La Carreta. Un demi poulet servi avec du riz, de la salade, des tortillas et deux boissons nous revient à 133 pesos, soit environ 6 euros. C’est bon, simple et efficace et le service agréable.

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Nous reprenons la route direction San Miguel de Allende, à une centaine de kilomètres de là. La route suit la montagne et passe par des petits villages et quand on arrive on ne peut être qu’ébloui. Les bâtiments font un dégradé allant du brun au jaune et les rues pavées donnent un côté village très agréable.

Nous arrivons à la nuit tombée, et alors que nous partons à la recherche d’un endroit pour dîner, on se rend vite compte que l’atmosphère de village n’est qu’une façade. Dans le centre il y a des restaurants dont les prix laissent pressentir un bon repas, mais bien en dehors de notre budget. On croise beaucoup d’Américains, et alors que le lendemain on se perd en quittant la ville, on se retrouve dans un quartier avec beaucoup de belles et grandes maisons neuves, sûrement responsables des prix élevés. Mais pas de panique, autour du marché (fermé la nuit), on trouve quelques stands de street food et nous nous régalons de sopes, des petites galettes de maïs cuites sur une plaque et garnies de haricots, viande, salade et fromage.

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Mardi : entre ville et montagne, je tombe amoureuse du Mexique

Le lendemain nous explorons la ville avant de reprendre la route, en commençant par nous rendre devant la Parroquia de San Miguel Arcangel. Cette belle église paroissiale m’a beaucoup fait penser au château de Disneyland, avec ses tours roses si fines et délicates.

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On voit des écoliers répéter pour le défilé de la fête nationale, prévue pour le vendredi. San Miguel de Allende fait partie de ces villes pour lesquelles la commémoration est encore plus importante que dans le reste du pays, car elle doit son nom à Ignacio Allende, un célèbre indépendantiste qui fut exécuté en 1811.

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Comme pour Guanajuato, quelques heures passées ici ne sont pas suffisantes, et on peut facilement envisager de s’y poser plusieurs jours pour amplement profiter de toutes les activités qu’elle offre.

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Alors qu’en quittant Guanajuato je me doutais que nous nous rendions à San Miguel de Allende, un coup d’oeil sur la carte de mon Lonely Planet rendant l’itinéraire plutôt évident, ce matin-là je n’ai aucune idée d’où nous allons. La surprise restera totale jusqu’au bout puisque la prochaine destination est le seul endroit que j’aurais visité et qui n’apparait pas dans le guide (à tort !).

Il s’agit des Grutas Tolantongo, un centre touristique perché à flanc de montagne qui donne accès à des attractions autour des sources chaudes qui coulent dans cette partie de l’état d’Hidalgo. Pour 140 pesos par personne (et 20 de parking), on a accès à des piscines naturelles, à la rivière, à des cascades et un pont suspendu. Il y a également une tyrolienne, pour laquelle il faut payer un suplément.

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L’endroit est magnifique, et si j’ai lu sur un blog qu’il y avait beaucoup trop de visiteurs, nous nous y sommes rendus un mardi après-midi et nous n’avons pas croisé beaucoup de monde. Les attractions ferment autour de 17-18h, aussi on se contente des piscines naturelles à débordement, qui donnent sur la montagne. L’eau est chaude, il fait beau, c’est la pause parfaite après presque 4 heures de route.

C’est à nouveau à la nuit tombée que nous arrivons à notre étape pour la nuit, à Pachuca, toujours dans l’état d’Hidalgo. La ville est à 2425 mètre d’altitude et c’est l’endroit où j’aurais eu le plus froid de tout le voyage – c’est-à-dire qu’à 21 heures je frissonnais sous ma veste. Après cette longue journée nous ne faisons qu’un rapide tour du centre dans le but de trouver à dîner, puis nous rentrons nous coucher car deux jours de route nous attendent.

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Le Reloj Monumental, la tour de l’horloge de Pachuca

Mercredi et jeudi : on the road againand again !

De Pachuca à Coatzacoalcos, de Coatzacoalcos à Muna, nous avalons 1300 kilomètres en deux jours, nous rendant toujours plus à l’est du Mexique. Mercredi nous croisons la deuxième plus haute montagne du pays, Popocatépetl, avant de rejoindre peu à peu la côte du Golfe du Mexique. Un arrêt dans une station service me fait réaliser la différence de climat avec les endroits où nous étions les jours précédents. Il fait chaud, moite, le jean qui me semblait indispensable le matin me parait tout à coup insupportable.

Nous dormons à Coatzacoalcos, et alors que nous roulons pour trouver un hôtel, cette ville nous parait assez horrible, sans aucun charme et avec du monde partout. Le lendemain le trajet continue, cette fois jusqu’à Muna, car comme je l’ai deviné, nous allons visiter le site archéologique maya d’Uxmal !

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Des tacos frits au poulet, lors d’un arrêt à Campeche

Infos pratiques :

  • A San Miguel de Allende nous dormons au Hostel Inn, pour 300 pesos la nuit dans une chambre double avec salle de bain et petit déjeuner. C’est propre et mignon, tout près du centre-ville.
  • Si vous souhaitez passer plus d’une journée aux Grutas Tolantongo, des hébergements existent au sein-même du parc. Comptez 700 pesos minimum pour la nuit, sans wifi ni eau chaude. Attention la carte bleue n’est pas acceptée et il n’y a pas de ville à proximité, prévoyez du liquide.
  • A Pachuca nous dormons à l’Hotel America, situé dans le centre. Je n’ai plus le prix de la chambre double avec salle de bain, mais il s’élève au moins à 400 pesos. Si vous avez le choix prenez une chambre proche de la réception, car le wifi ne capte pas dans celles qui en sont le plus éloignées. Un parking fermé est disponible si vous venez véhiculé.
  • A Coatzacoalcos il fut plus difficile de trouver à dormir, car la majorité des établissements que l’on croise louent des chambres à l’heure – j’apprends d’ailleurs ce jour-là que c’est le cas de tous les motels du Mexique. Mon ami qui conduit souffrant d’intoxication alimentaire, j’abrège ses souffrances en me rabattant sur l’hôtel**** Los Andes, qui fait une offre à 600 pesos la nuit avec le petit déjeuner inclus. Lit king size, piscine, grande télé, on sent qu’on est un cran au dessus, et finalement la nuit ne revient qu’à une trentaine d’euros, donc pourquoi se priver.
  • A Muna il n’y a que très peu de choix pour dormir, et l’absence de concurrence permet à l’hôtelier de nous facturer 500 pesos pour une chambre dans laquelle je me suis battue avec…un énorme cafard. Je n’ai pas retenu le nom de l’établissement, mais il est situé sur la place principale du village.

 

 

 

 

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