Louxor et Denderah

Suite et fin de ma semaine en Égypte de juillet dernier, il reste deux jours d’exploration, entre temples et ville.

Jour 3 : Louxor et ses temples

Nous sommes toujours logées dans la pension Nour el-Gourna, sur la rive ouest du Nil, mais nous ne pouvions bien sûr pas ne pas nous rendre sur la rive est, pour visiter Louxor et ses célèbres temples.

C’est encore le taxi de l’hôtel qui nous emmène, la route est assez longue car on ne peut pas traverser le Nil partout et nous avons choisi de commencer par Karnak, qui est situé en dehors de la ville.

A peine arrivées sur place, nous recevons deux propositions de guides, mais cette fois nous préférons visiter seules, à notre rythme. Ce que l’on ne sait pas c’est qu’ils sont les premiers d’une longue liste de sollicitations qui vont rythmer notre journée, et nous faire prendre conscience du manque de touristes dans la région.

Karnak est la plus grande structure religieuse bâtie au monde, dédiée au dieu Amon. Le site date de 4700 ans et fut agrandi et embelli pendant 2000 ans, chaque pharaon y ajoutant sa touche personnelle, allant parfois jusqu’à s’approprier les constructions d’un autre, ou même à détruire ce qui avait été fait avant. Pour honorer Amon, on met à son service le plus riche clergé d’Égypte, des esclaves, du bétail, des terres cultivées, des bateaux, et c’est sans compter les offrandes d’or, d’argent, de cuivre, de céréales, etc.

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La visite dure environ trois heures, l’ensemble du site n’étant pas accessible au public. Même si les colonnes offrent de l’ombre, je vous conseille d’y aller le plus tôt possible à cause de la chaleur, mais aussi à cause des nombreux groupes qui arrivaient autour de midi, lorsque nous partions.

Que vous suiviez un guide, ou visitiez en lisant votre Routard ou autre, on vous emmène d’un point remarquable à un autre, dans cet ensemble de constructions, de périodes, de statues et de bas-reliefs. Je ne vais pas vous décrire ici tout ce qu’il y a à voir car la lecture vous prendrait beaucoup trop de temps et que je ferais sûrement des erreurs, mais ce que l’on retient surtout de cette visite, c’est la salle hypostyle : 134 colonnes hautes de 23 mètres avec des chapiteaux en forme de papyrus et dont la circonférence des fûts à la base fait 10 mètres. On s’y sent minuscule, presque écrasé par les colonnes qui sont entièrement gravées de hiéroglyphes et de représentation des dieux. En levant les yeux vers le plafond on y découvre des restes de polychromie.

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En continuant on croise des obélisques, dont un dressé par Hatchepsout, qui mesure 22m de haut et pèse 140 tonnes.

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Ce qui nous a surprises lors de cette visite, c’est de tomber sur une équipe en plein travail. Une bonne quinzaine de personnes perchées sur des échafaudages, a priori en train de nettoyer les pierres, et parmi elles bon nombre de femmes. Je suis repartie de Karnak éblouie, une fois de plus par ces portiques monumentaux, par les colonnes de la salle hypostyle, mais je crois que je lui ai préféré les autres temples, qui semblent plus « ordonnés », et plus faciles à comprendre.

Le site étant situé à trois kilomètres au nord de la ville de Louxor, nous décidons de rejoindre le centre à pied, en longeant le Nil. Alors clairement ce n’est pas une promenade de santé, nous sommes littéralement harcelées par les chauffeurs de taxi et les calèches, et il fait hyper chaud.

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Une fois arrivée en ville, nous avons l’impression d’avoir une cible sur la tête, tout le monde nous parle, pour nous emmener, nous vendre des cartes postales ou un foulard, nous demander des stylos, on constate à quel point les touristes ont déserté la région et les conséquences assez dramatiques que leur absence a sur la population locale qui vit grâce au tourisme. Après une bonne heure passée au McDo – histoire que je goûte le McChicken comme je le fais partout en voyage – nous décidons d’aller prendre un verre au Winter Palace, le plus bel hôtel de la ville.

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Ouvert en 1886, cet hôtel était auparavant fréquenté par les archéologues et les premiers touristes, qui y voyaient un havre de paix après la traversée du pays. Il voit défiler de nombreuses célébrités, têtes couronnées, hommes politiques, et Agatha Christie y avait ses quartiers. Évidemment le prix des chambres est élevé, mais on peut aussi venir déguster une boisson au bar sans être client de l’hôtel. Le décor est très beau, il y a la clim et le wifi, et on ne s’y sent pas trop à sa place quand on débarque en sueur et mal habillé, mais qu’importe, la pause est agréable. On peut également venir profiter de la piscine, en appelant le matin pour savoir s’il n’y a pas trop de monde.

Nous nous motivons ensuite pour ressortir, la journée étant bien avancée nous voulons aller visiter le temple de Louxor au tombé du jour, pour le voir de nuit illuminé. Sur le trajet c’est le même cirque que plus tôt, on se fait alpaguer de tous les côtés, et un homme fait même un bout de chemin avec nous, tentant de nous convaincre que le temple n’ouvre que plus tard et que l’on devrait aller au marché aux épices en attendant. Bien sûr c’est faux, on le sait, et arrivées devant le temple il est ouvert.

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Lorsqu’on arrive on remarque tout de suite l’allée en construction, bordée de Sphinx, qui existait jadis, longue de 2,5 km et rejoignait Karnak.

Le temple de Louxor fut commencé par Aménophis III en 1400 av. J.-C., et poursuivi par Ramsès II. Dédié à Amon, il ne servait que pour la célébration de la nouvelle année, l’Opet, pendant laquelle le dieu quittait Karnak pour rejoindre son épouse Mout dans le temple. Ils s’unissaient pour régénérer le monde.

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A nouveau je vous épargne la description trop détaillée, comme pour les autres on passe plusieurs pylônes, des cours sont entourées de colonnes et de statues, et là vous vous dites oui d’accord c’est toujours pareil quoi. Mais non, je vous assure que non, même après avoir passé les derniers jours dans des temples et face à des hiéroglyphes gravés, on reste bouche bée. Ici on remarque également la présence d’une mosquée, bâtie dans l’enceinte, et qui gêne d’ailleurs les archéologues dans leur travail.

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Un des gros points forts du temple de Louxor, c’est qu’il est très beau au coucher du soleil, j’ai notamment beaucoup aimé les effets de la lumière douce sur le visage des statues.

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Et une fois qu’il fait nuit, le site est illuminé, ce qui le met parfaitement en valeur et le plonge dans une atmosphère assez mystique. Il y a du monde, on veut tous voir ça, mais ça vaut le coup de prendre son mal en patience et de faire abstraction des autres visiteurs.

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Alors que nous avions prévu de dîner en ville, les sollicitations reprenant à peine avoir mis un pied hors du temple, nous décidons de rejoindre notre rive du Nil pour enfin avoir la paix. Pour ce faire nous prenons le ferry public, où nous sommes les seules Occidentales, entourées de personnes ayant fini leur journée de travail et d’écoliers, tous rentrant chez eux. De retour à la pension nous savourons la tranquillité procurée par l’éloignement, et nous sommes toutes les deux d’accord sur le fait qu’une seule journée à Louxor même est suffisante.

Jour 4 : Denderah

Pour notre dernier jour en Égypte, nous restons sur la rive ouest du Nil, mais à 60 km au nord de notre pension. Nous faisons route dès le matin pour Denderah et son temple d’Hathor, dont je n’avais jamais entendu parler et qui ne figure d’ailleurs pas dans le guide du Routard, car la zone dans laquelle il est situé a tendance à passer en orange sur la carte de sécurité du ministère des affaires étrangères. Je suis très contente d’avoir pu visiter cet endroit, en zone jaune au moment où j’écris ces lignes (donc relativement sûre), car ce temple est magnifique.

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Dédié à Hathor, la déesse de l’amour, la beauté, la musique, la maternité et de la joie, ce temple fut construit sous Pépi Ier, qui régna de -2289 à -2255. Depuis cette date le temple fut embelli et restauré, notamment à l’époque romaine où le culte d’Isis, souvent associé à celui d’Hathor, était beaucoup célébré.

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Hathor était représentée sous deux formes, soit sous les traits d’une vache, soit sous les traits d’une femme portant le disque solaire entre ses cornes, comme sur la photo ci-dessus.

Une fois qu’on entre, on est littéralement subjugué par ce qu’on voit. On est dans une salle immense, dont le plafond est soutenu par des colonnes surmontées de quatre têtes de vache.

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Les couleurs ont été très bien conservées, et la dominance de bleu donne au lieu un aspect unique, en comparaison avec les autres temples que j’ai pu visiter.

Des petites pièces sont disséminées autour de ce grand espace, sur les murs desquelles on trouve également de la polychromie bien conservée.

La visite suit le parcours qu’effectuaient les prêtres d’Hathor, en montant un escalier jusqu’au toit terrasse, sur lequel la déesse est à nouveau représentée sous les traits d’une vache.

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Nous étions presque seules dans le temple, avec deux petits groupes de personnes accompagnés de guides. L’un d’eux étaient français et les informations qu’il transmettait étaient intéressantes, ce qui nous a confirmé que pour pleinement optimiser toutes ces visites, la présence d’un vrai guide peut être un vrai plus.

Au retour l’armée bloque l’autoroute, nous devons prendre un autre chemin, qui nous fait arriver à la pension après plus de deux heures, dans une voiture sans clim, par au moins 45 degrés. J’ai l’impression de me liquéfier, littéralement, mais nous en profitons aussi pour discuter plus longuement avec notre chauffeur, qui nous parle de la vie dans cette région de l’Égypte. Il nous explique que depuis la révolution le trafic d’armes est monnaie courante, le nombre d’accidents sur la route a explosé et les constructions sur des zones non constructibles se développent sans cesse. Il nous raconte aussi comment il a appris l’anglais, au contact d’une Suissesse établie à la pension de sa famille, son service militaire au Caire. Bref on en profite pour échanger et le trajet se révèle finalement presque agréable !

En fin de journée nous partons pour une dernière balade, « à la fraîche », vers le village le plus proche. Les quelques véhicules qui nous croisent nous klaxonnent, les enfants nous saluent, et nous sommes invitées pour le thé par un homme et sa mère. Après une demie heure nous repartons avec une proposition de mariage pour chacune d’entre nous, argumentée par le fait qu’à 27 et 30 ans nous sommes déjà vieilles et qu’il nous faut penser à nous caser.

Nous repartons le lendemain pour Athènes, la tête pleine des visites de la semaine. De l’Égypte je ne retiendrai pas les villes, que ce soit le Caire ou Louxor je n’ai pas été charmée par l’architecture ou l’atmosphère. Mais les visites, des pyramides, des temples, des tombeaux, tout tient ses promesses, on a l’impression d’être en train de vivre l’Histoire. De mes lectures je savais déjà que la civilisation de l’Égypte antique était brillante, mais de voir en vrai toutes ces merveilles d’architecture, de raffinement, mais aussi d’ego – bonjour les pylônes immenses – m’a rendue béate d’admiration. Et les gens que nous avons rencontrés, avec qui nous avons pu échanger, m’ont confirmé ce que je savais déjà, c’est-à-dire que oui il faut être plus vigilent en voyageant dans certains pays que d’autres, mais non, l’image qui en est faite par les médias ne reflète pas la réalité des personnes qui vivent dans ces pays. Je suis donc ravie de ce séjour en Égypte, je sais que j’y reviendrai tant il me reste de choses à y voir.

Infos pratiques :

  • Le ticket d’entrée de Karnak coûte 80 LE, pareil pour le temple de Louxor.
  • A Louxor si vous souhaitez déambuler tranquillement, longez le Nil, une partie de la rive n’est pas accessible aux voitures et on n’y est donc pas sollicité par les chauffeurs de taxi et de calèche.
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