La vie à Athènes, ce qui va me manquer

Il y a un an jour pour jour j’étais en train de finir mes bagages, pleine d’excitation, de hâte, avec une pointe d’inquiétude tout de même, à essayer de penser à tout, de ne rien oublier, à régler les dernières formalités…Et voilà que mes valises sont à nouveau bouclées (après beaucoup de sueur et de tri) mais pour le voyage inverse. Car après un an, Athènes c’est fini pour moi, j’ai choisi de ne pas renouveler mon contrat, d’autres envies et projets m’envoyant ailleurs.

Alors que je terminais deux trois trucs au travail, que je faisais du tri dans mes affaires pour ne rien ramener d’inutile, que je disais au revoir aux personnes que j’ai rencontrées ici, je me suis laissée envahir par l’excitation de ce qui m’attend ensuite (c’est en fait mon état permanent, chaque nouveau projet me remplit d’impatience), et j’ai dressé sans même y penser un bilan de mon année grecque.

Ce qui me met vraiment en joie, c’est que je suis arrivée à Athènes sans trop savoir si j’allais aimer la ville – tant on me l’avait décrite comme étant peu agréable – alors qu’en repartant je peux affirmer que j’aime la capitale grecque, qu’il y fait bon vivre, que j’ai su l’apprivoiser et m’y sentir chez moi.

Pour le cas où mes articles ne vous auraient pas déjà convaincus qu’Athènes est une ville qui vaut le détour, voici une petite liste non-exhaustive de ce qui va me manquer quand je serai partie.

  • Habiter dans un grand appartement, avec un balcon. En vivant à Paris je ne pourrais probablement jamais me permettre de vivre dans un endroit si vaste, pour un prix aussi bas (450 euros les 85m², qui dit mieux ?). Et ne parlons même pas d’avoir un balcon de la taille d’un studio d’étudiant, avec en plus une super vue sur le soleil se couchant dans les montagnes.

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La vue depuis mon balcon, pas mal hein ?
  • Cela me mène d’ailleurs à autre chose qui va me manquer, c’est la Golden hour. Il s’agit des deux heures qui précèdent le coucher du soleil, lorsque la lumière baisse et que le ciel prend des teintes rose-orangées. Athènes étant construite autour de colline, certains quartiers sont particulièrement bien mis en valeur sous cette lumière douce, et j’adore me balader à ce moment là.

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  • Et je me suis beaucoup baladée pendant cette année, j’ai pratiquement abandonné les transports en commun au profit de mes pieds, et c’est quelque chose qui va me manquer, car je sens que le retour à Paris, avec son réseau de métro qui quadrille si bien la ville, je vais vite reprendre mes mauvaises habitudes.
  • Il faut dire qu’Athènes a le climat idéal pour donner envie de marcher, il fait beau presque tout le temps, et ne pas avoir à se promener avec son parapluie en permanence est vraiment très agréable !
  • Durant ces promenades presque quotidiennes j’ai pu tester différents itinéraires, arpenter en long en large et en travers certains quartiers, et en découvrir tous les recoins, et dans ces recoins de nombreuses œuvres de street-art, parfois revendicatives comme dans l’École polytechnique (je vous en parlais d’ailleurs ici), parfois purement décoratives, mais en tout cas toujours très inspirées.
  • Toujours dans ces mêmes rues, j’ai du caresser plus de chats en un an que dans le reste de ma vie (à part mon propre chat), parce qu’ici il y en a partout, des chats errants, des chats qui ont leurs petites gamelles sur le trottoir, des chats qui semblaient réclamer mes papouilles, que je me suis empressée de distribuer bien évidemment.
  • Et la cerise sur le gâteau avec ce beau temps, c’est que s’il fait vraiment trop chaud, pas besoin d’aller très loin pour profiter de la plage. N’ayant auparavant jamais habité si près de la mer, je m’en suis donné à cœur joie en m’y rendant presque une fois par semaine depuis le mois de mars !
  • D’un point de vue plus pratique, j’ai énormément apprécié de pouvoir me nourrir sans dépenser trop d’argent, que ce soit en achetant des fruits et légumes au marché, en commandant une pizza (2,50 euros la petite pizza chez Pizza Fan !) ou en mangeant à l’extérieur.
  • Car je crois que la Grèce propose le meilleur rapport qualité/prix de tous les pays d’Europe que j’ai pu visiter, avec le souvlaki pour 2 euros et quelques ! A ce prix là vous avez une pita grecque garnie de viande – brochette de poulet pour moi – de tomates et oignons, de tzatziki et de quelques frites. Je crois que si j’avais compté le nombre de souvlaki que j’ai mangé pendant l’année je me serais fait peur, car je ne m’en suis toujours pas lassée ! Mon adresse préférée reste celle du n°16 de la rue Drakou, où si la déco ne paye pas de mine, j’y ai mangé les meilleurs souvlakia.
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Je ne compte plus combien j’ai pu en manger de toute l’année
  • Enfin comment terminer cette liste sans parler des Grecs. Je vais vous épargner le discours sur les Parisiens pas sympas, qui ne sourient pas et sont stressés, même si je n’ai pas pu m’empêcher de faire la comparaison à plusieurs reprises. Dès mon arrivée j’ai pu me rendre compte de la chaleur de ces gens, qui en dépit de la crise qui s’éternise ne sont pas devenus moroses et égoïstes, qui ont toujours un mot gentil et font en sorte de vous aider s’ils le peuvent. Que ce soit mes collègues, dont l’aide m’a été précieuse lors de mon installation, les personnes à qui j’ai pu demander mon chemin dans la rue, ou les amis grecs que je me suis faits, j’ai été scotchée par tant de bienveillance envers une inconnue, étrangère qui plus est.

Vous vous en douterez donc, j’ai beaucoup aimé Athènes et ses habitants, et je suis sûre que je reviendrai ! Maintenant pour que vous ne finissiez pas cet article en pensant que je vis chez les Bisounours dans un monde parfait, voici une petite liste de ce qui ne va PAS me manquer en quittant la capitale grecque.

  • Déjà pour commencer, la conduite des automobilistes. Ici la voiture est reine, s’arrête n’importe où sur le passage piéton – quand elle s’arrête ! Je me suis déjà faite embrouiller parce que je traversais, sur un passage, quand le feu piéton était vert… Et en plus d’avoir une conduite dangereuse, les Athéniens adorent klaxonner, alors qu’entre nous on sait tous que ça fait rarement avancer le Schmilblick de s’exciter sur son klaxon !
  • J’ai dit plus haut que j’adorais marcher dans la ville, mais je n’ai pas précisé que c’était un exercice qui demande beaucoup d’attention et de concentration. En effet, les trottoirs athéniens sont plein de pièges qu’il faut éviter : dalles bien lisses aussi glissantes qu’une patinoire, carreaux cassés sur lesquels on trébuche, pavés non stables qui vous renvoient de l’eau jusqu’au genou si vous marchez dessus après la pluie, bref, on est loin de la promenade de santé !
  • Et quand bien même vous marchez dans des rues mieux entretenues, comme en plein centre-ville par exemple, il y a autre chose pour vous (me ?) rendre folle, le rythme de marche des Grecs. Je n’ai jamais vu des gens se déplacer aussi lentement, et alors si vous êtes derrière une personne au téléphone, ce qui est très courant, c’est encore pire.
  • Enfin pour rendre vos déplacements encore plus agréables, c’est à une menace venue du ciel qu’il faut faire attention. Il y a de l’eau qui goutte, de la clim ou du balcon, je ne sais pas, PARTOUT. C’est franchement dégoutant de recevoir cette eau venue d’on ne sait où, et c’est tellement récurrent, ça me fait pester toute seule à voix haute.
  • Et pour finir, ce qui ne va pas du tout me manquer en quittant la Grèce, c’est cette façon qu’ont les gens, surtout les hommes, de fixer ! Mes collègues m’ont dit que c’était culturel, que c’était un regard appréciateur, mais je trouve ça franchement agaçant. Il ne s’agit pas d’un petit regard discret, on vous fixe ouvertement, on vous suit du regard, on vous détaille, j’ai envie de crier « tu veux ma photo » au moins trois fois par jour !

Je publie cet article alors que je suis à l’aéroport, après avoir enregistré mes 50 kg de bagages, avec mon chat qui miaule inlassablement depuis que je l’ai mis dans le sac. Ce week-end je suis allée à la plage pour la dernière fois, j’ai mangé mon dernier souvlaki à mon adresse préférée et j’ai dit au revoir à mes amis. Je ne sais pas encore ce que la vie me réserve mais je sais que cette première expérience d’expatriation fut réussie, et que j’ai encore plus envie de recommencer ailleurs, alors merci Athènes !

 

 

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5 réflexions sur “La vie à Athènes, ce qui va me manquer

  1. Je suis émue ! C’est drôle car la liste des choses que tu aimes (et quelques unes de celles que tu n’aimes pas) ressemble beaucoup à celle que je pourrais dresser après mes expériences à Rome. Je crois que ces deux villes ont pas mal en commun, et je sais déjà que le jour où j’irai, j’aimerai Athènes ! Je te souhaite plein de belles choses pour la suite 🙂

    1. Merci ! Je n’ai vu Rome qu’en voyage scolaire (donc pas vraiment !), mais si elle est comme Athènes il faut réussir à l’apprivoiser pour l’aimer ! Mais c’est vrai qu’entre la culture méditerranéenne et les monuments antiques présents en ville, elles doivent avoir pas mal en commun 😊

      1. Elle est peut être différente de ce point de vue là, car on l’aime facilement 🙂

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