Louxor rive ouest

Après un précédent article où je vous ai raconté les trois premiers jours de ma semaine en Égypte, et plus précisément au Caire, mon récit se poursuit avec les deux premiers jours que nous avons passés plus au sud, dans les environs de la ville de Louxor.

Jour 1 : le temple de Medinet Habou et les colosses de Memnon

Nous avons pris un vol vers 8h pour rallier Louxor depuis le Caire, car si nous pensions d’abord faire le trajet en train, nos recherches n’ont pas abouti à une réponse claire concernant le train de jour et les étrangers. En effet, il semblerait que les étrangers ne puissent prendre que le train de nuit pour faire ce voyage, mais celui-ci coûtant une centaine de dollars, nous n’avons pas voulu tenter le diable.

Nous arrivons donc au petit aéroport, où comme convenu un taxi vient nous chercher pour nous emmener jusqu’à notre hôtel. Petit rire nerveux en s’installant dans la voiture, c’est probablement le véhicule le plus vétuste dans lequel je suis montée, et bien sûr il n’y a ni ceinture à l’arrière ni clim. Et la clim aurait été très appréciable, car si au Caire les 40 degrés étaient finalement plutôt supportables, ici on est bien plus au sud, et les 40 degrés sont largement dépassés.

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Notre carrosse

Mais peu importe finalement, je suis très excitée à l’idée de voir Louxor et des visites qui nous y attendent. On roule presque une heure, et le paysage qui défile est très différent de ce que j’ai pu voir dans la capitale. On longe un canal sur les rives duquel sont bâties des maisons qui semblent parfois être faites de bric et de broc, la police est partout et nous contrôle plusieurs fois, et sur le bord de la route des hommes en civil sont armés. Et ce que je remarque tout de suite, c’est qu’ici les hommes sont très souvent habillés d’une longue robe en tissu clair, qui doit probablement être bien adaptée au climat.

Nous arrivons à notre hôtel, qui n’est en fait pas à Louxor même, mais de l’autre côté du Nil, sur sa rive ouest. Il s’agit d’une sorte de pension qui fait aussi restaurant, où vit une grande famille, qui dirige également une école coranique, qui y est attenante.

Nous sommes accueillies par Mohammed, qui parle français et nous explique ensuite qu’il est guide. L’ensemble est assez rustique, notre chambre et sa salle de bain sans porte aussi, mais c’est très charmant et beaucoup plus authentique qu’un hôtel. Il fait face aux quelques maisons qui restent du village de Qurnet Murai, dont les couleurs se détachent de la montagne en arrière plan.

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Après un petit déjeuner pendant lequel nous fixons le programme des quatre prochains jours, nous décidons de partir explorer et de commencer les visites. La pension est en dehors de la ville la plus proche, nous sommes presque au milieu de nulle part, mais pas de n’importe quel nulle part. En effet, nous sommes logées sur la rive ouest du Nil, la rive où l’on trouve entre autres la célèbre vallée des rois, ou encore les non moins célèbres colosses de Memnon, devant lesquels nous sommes d’ailleurs passées en arrivant de l’aéroport.

Un peu sonnées par la chaleur, nous choisissons de commencer par le temple des millions d’années de Ramsès III à Medinet Habou, à 5 minutes à pieds seulement de la pension. Je n’avais jamais entendu parler de ce temple, et je ne savais donc pas qu’il allait être mon préféré.

Ramsès III régna de -1186 à -1154, période pendant laquelle il lutta contre la corruption en Égypte ainsi que contre de nombreuses invasions dans la région du delta du Nil. Il fit creuser sa tombe dans la vallée des rois, comme bon nombre de pharaons, et choisit de bâtir son temple à proximité de son illustre prédécesseur Ramsès II.

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Dès l’entrée on est soufflée par la beauté du lieu, dans lequel on pénètre par cette immense porte, le Migdol, inspirée de l’architecture syrienne. On passe d’une cour à l’autre, avec l’envie de s’arrêter tous les deux pas pour admirer les hiéroglyphes et les représentations des dieux gravés sur les murs, les plafonds et les pylônes. Ce qui est vraiment impressionnant, en plus de la finesse des gravures, ce sont les restes de polychromie. En effet, je ne m’attendais pas à ce que les couleurs aient été si bien conservées pendant trois milles ans !

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Lors de notre visite le temple est presque vide, c’est à peine si l’on croise une dizaine d’autres personnes. Mais nous rencontrons le premier d’une longue liste de « guides » improvisés qui hantent les sites archéologiques égyptiens. Ce sont des hommes qui sont là, à attendre le visiteur pour lui expliquer des choses sur le lieu, lui indiquer où regarder, voir même lui donner accès à un endroit normalement interdit. Évidemment toutes ces attentions ont un coût, on vous réclamera de l’argent au moment de partir, et bien souvent les informations données n’ont rien d’exclusives. Dans le temple de Ramsès III nous nous sommes laissées faire par ce papy – nous n’avions pas encore l’habitude – qui en plus d’être assez collant, n’a cessé de nous presser de nous rendre d’un endroit à un autre alors que nous avions envie de prendre notre temps.

En plus des hiéroglyphes et des couleurs, on y trouve également des statues de Ramsès à admirer, et plus loin, les bases des colonnes de la salle hypostyle, qui laissent imaginer une fois de plus la monumentalité du lieu.

Pour finir cette première journée nous nous rendons à deux reprises voir les colosses de Memnon, dans l’après-midi puis au coucher du soleil. C’est d’ailleurs sur le chemin que nous prenons pleinement conscience de la chaleur qui règne : le trajet, en ligne droite, semble interminable alors qu’il ne doit pas durer plus d’une quinzaine de minutes.

Ces statues doivent leur nom au son qu’elles produisaient lorsque le vent s’engouffrait dans les fentes entre les pierres, qui ressemblait à celui d’une cithare. On les nomma alors en honneur de Memnon, le fils d’Aurore, qui chantait au lever du soleil. Elles mesurent chacun 19,50m et constituaient l’entrée du temple funéraire d’Aménophis III, qui est d’ailleurs actuellement fouillé. On a retrouvé d’autres colosses sur ce même site, qui devraient être redressés.

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Comme pour le temple de Ramsès III, peu de monde sur le site, on a bien vu un car de touristes asiatiques s’arrêter, le temps d’une photo, mais les gens ne s’attardent pas. Nous savions que juillet n’est pas la période la plus touristique en raison de la chaleur (bonjour les 47 degrés à l’ombre), et que ces dernières années les évènements qui ont secoué l’Égypte ont fait fuir bon nombre de visiteurs, mais c’est dans le sud du pays que nous en prenons pleinement conscience. Il semblerait que nous sommes les seules à l’hôtel – pourtant recommandé par les guides de voyage – et les échoppes des vendeurs de souvenirs sont désertées. Nous verrons d’ailleurs l’ampleur de cette absence de touristes à Louxor même.

Nous finissons cette première journée par un dîner à la pension, pressées d’aller nous coucher après cette longue journée et surtout pour être en forme le lendemain, car nous demandons le petit déjeuner pour 6h du matin, espérant ainsi profiter d’un peu de fraîcheur pour nos visites (la blague).

Jour 2 : La vallée des rois, le temple d’Hatchepsout et le Ramesseum

La maisonnée semble être encore endormie lorsque nous nous installons à la table du petit déjeuner, mais à peine notre omelette nous est-elle servie que des chatons de quelques mois viennent nous tourner autour. Nous les avons déjà vus la veille, ce fut le coup de foudre, mais à sens unique malheureusement, car s’ils s’approchent pour recevoir des morceaux de nourriture, ils esquivent avec beaucoup trop de rapidité nos caresses, n’y étant pas habitués comme ceux que l’on a en Europe.

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Malheureusement ce n’est pas moi qu’ils voulaient, juste mon omelette !

Nous prenons la route dans notre carrosse de la veille, accompagnées de Mohammed, qui va nous servir de guide pour la mâtinée. Au programme aujourd’hui, la vallée des rois et le temple d’Hatchepsout.

C’est Thoutmôsis Ier (qui régna autour de 1500 av. J.-C.) qui eut le premier l’idée de construire sa dernière demeure dans cette montagne, dont le sommet pointu fait penser à une pyramide. Entre la chaleur du désert, le labyrinthe naturel formé par la roche et un tombeau creusé à plusieurs dizaines de mètres sous terre, tout était réuni pour empêcher les pillards de venir violer la tombe du pharaon. Ses successeurs en firent de même, et c’est 63 tombes qui ont été découvertes au fil des fouilles. En dépit d’une architecture destinée à condamner les entrées, les archéologues ne furent bien souvent pas les premiers à pénétrer dans les tombeaux, qui furent visités et dépouillés, à l’époque même de leur construction.

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Quand on arrive sur le site, on achète son ticket au Visitor’s center, où est exposée une maquette qui montre l’emplacement des différents tombeaux dans la montagne. Une fois dehors, on nous demande de ranger nos appareils car il est strictement interdit de faire des photos.

Le ticket d’entrée donne accès à trois tombes, sur la quinzaine visitable. Toutes ne sont pas ouvertes en même temps, pour limiter les dégradations causées par l’air exhalé par les visiteurs, et une rotation est effectuée. Certaines sont tout le temps fermées, et d’autres nécessitent de payer en plus.

Nous choisissons de voir les tombes de Thoutmôsis III, de Mérenptah et de Ramsès IV. Attention si vous avez choisi de vous faire accompagner d’un guide, il ne pourra pas vous accompagner à l’intérieur des tombeaux, et se contentera donc de vous donner des explications à l’entrée.

A chaque fois un long couloir s’enfonçant dans la roche et couvert de hiéroglyphes mène à une enfilade de salles funéraires, dans lesquelles reposent les sarcophages, souvent en granite. Ceux-ci sont monumentaux, à l’image des monuments construits par leurs illustres occupants. Sur les murs des salles funéraires, des textes sont peints, avec des styles qui diffèrent en fonction du pharaon et de son époque, et au plafond on trouve souvent un ciel étoilé, avec des restes de polychromie.

Évidemment ce que l’on a devant les yeux est très beau, mais je pense que pour que cette visite vaille encore plus le coup il faudrait qu’elle se fasse en présence d’un archéologue. En effet, les explications dispensées par le guide n’apportent aucun complément à celle que l’on a dans le Routard ou le Guide bleu, et quiconque s’est déjà intéressé à l’Égypte antique n’a pas besoin qu’on lui désigne dix fois la représentation de la déesses Isis.

Nous reprenons ensuite la voiture pour nous rendre au temple d’Hatchepsout, que j’attendais avec beaucoup d’impatience. J’ai découvert cette reine dans le roman La Dame du Nil de Pauline Gedge, et j’ai adoré connaître l’histoire de la seule femme qui fut pharaon. Fille de Thoutmôsis Ier, à la mort de son mari Thoutmôsis II (qui est aussi son demi-frère, Game of Thrones IRL) elle devient régente au nom de son beau-fils Thoutmôsis III (vous suivez ?), que son défunt époux eut avec une épouse secondaire, et qui n’a que cinq ans. On ignore exactement quand et dans quelles conditions, mais elle se fait couronner pharaon, prenant alors les pleins pouvoirs et revêtant le costume masculin de la royauté lors des cérémonies officielles : pagne court, némès (la coiffe des pharaons) et barbe postiche.

Pendant son règne qui dure une vingtaine d’années, elle est très active, initiant plusieurs projets de constructions de monuments tous plus grandioses les uns que les autres ; elle rétablit des routes commerciales alors fermées, et supervise et finance l’expédition au pays de Pount (a priori sur la côte africaine de la mer Rouge), dont sont ramenés des ivoires, de l’ébène, des épices, de la myrrhe et d’autres produits exotiques.

Elle meurt lorsqu’elle est âgée d’une cinquantaine d’années, et on ignore aujourd’hui encore les causes de son décès, bien que la découverte d’une momie qui lui a été associée laisse penser qu’une maladie lui fut fatale. Des représentations de la reine et son nom ont soigneusement été martelés dans plusieurs monuments, probablement à l’initiative de Thoutmôsis III, comme pour l’effacer de l’histoire. En redécouvrant ces images représentant Hatchepsout en tenue d’homme, alors qu’elle était toujours désignée au féminin dans les textes, les archéologues du XIXe siècle, dont Champollion furent troublés quand à l’identité de ce pharaon.

Son temple funéraire est situé à Deir el-Bahari, à flanc de la montagne thébaine, et c’est elle-même qui en choisit l’emplacement et confia sa réalisation à l’architecte Senmout. Appelé le « sublimes des sublimes », il diffère des autres monuments de ce genre par sa succession de terrasses qui mènent au sanctuaire.

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Altération dues au temps qui passe, destructions, il ne reste pas énormément de choses à voir dans ce lieu. On y trouve des colonnes surmontées de la tête de la déesse Hathor, représentée avec des oreilles de vache, ainsi que des statues de la reine elle-même, en tenue de pharaon. A l’intérieur d’une des salles des bas-reliefs abîmés représentent la fameuse expédition du Pount.

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Si vous êtes arrivés jusque là dans la lecture de cet article vous comprenez que si ce temple n’est pas le plus intéressant à visiter, l’histoire de celle qu’il célèbre l’est, et c’est avec un total manque d’objectivité que je vous conseille de vous renseigner un peu plus sur cet illustre personnage.

De retour à la pension, nous décidons de terminer la journée par une autre visite qui nous est accessible à pieds, le Ramesseum, le temple funéraire de Ramsès II. Ce pharaon régna de -1279 à -1213, et est resté célèbre pour ses voyages, ses campagnes militaires et ses constructions. Son temple a été beaucoup dégradé au fil du temps, notamment par les Chrétiens qui y installèrent une église.

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Comme pour les autres temples on y retrouve des pylônes, des hiéroglyphes et des représentations des dieux et déesses gravés sur les murs, mais ce qui m’a le plus frappée sont les statues.

Outre les quatre représentations du pharaon que vous pouvez voir ci-dessous – on voit au centre des hommes qui donnent une idée de la taille des statues – on ne peut pas louper au pied du deuxième pylône ce qui reste d’un colosse en granit.

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Il s’agit de la plus grande statue monolithique que l’on ait découverte à ce jour : la distance entre les deux oreilles est de 2 mètres, et il y a 7 mètre entre les épaules.

Cette visite est une bonne idée dans l’après-midi, nous sommes arrivées lorsqu’un groupe partait et nous n’avons vu personne ensuite. Une partie du plafond de la salle hypostyle étant toujours en place, on peut s’y protéger du soleil tout en prenant le temps de déambuler.

De ce côté du Nil il y a également la vallée des reines et la vallée de nobles à visiter, mais entre le coût du taxi, celui des billets d’entrée, un pourboire par-ci par-là, l’argent part vite et le budget diminue à vue d’œil, même si les tarifs bas donnent l’impression que ce n’est pas le cas. Nous n’avons pas visité ces vallées, et je pense que pour bien profiter de ces lieux il est nécessaire d’avoir plus de temps sur place, car soyons honnête, sans un archéologue à nos côtés pour nous expliquer les différences entre chaque tombeau, chaque temple, leurs caractéristiques, on finit par un peu moins apprécier ce que l’on voit.

Notre séjour à Louxor s’est donc poursuivi sur la rive est du Nil, et bien plus loin dans le désert, et c’est ce que je vous raconterai dans mon troisième et dernier article sur ce beau voyage en Égypte.

Infos pratiques

  • L’aller simple Le Caire-Louxor nous a coûté environ 50 euros avec la compagnie Nileair.
  • Nous avons logé au Nour el-Gourna, pour un total de 84 euros pour 4 nuits, dans une grande chambre avec clim et salle de bain, et les petits déjeuners inclus (réservation possible sur Booking.com). Au départ nous nous sommes demandées si être aussi excentrées et loin de la ville était une si bonne idée, car l’on est dépendant du taxi de la pension. Mais finalement nous étions bien contentes le soir d’être au calme et de ne pas avoir à refuser 1001 sollicitations. Le personnel est vraiment très sympa, discret, on peut payer en livres égyptiennes ou en euros, et la présence des jeunes guides permet de discuter et d’en apprendre plus sur la vie des locaux dans cette région.
  • Si vous logez ailleurs mais que vous chercher un endroit où déjeuner lors de votre visite des vallées, n’hésitez pas à venir au Nour et-Gourna. On vous servira du poulet ou du canard accompagné de riz, de légumes grillés, de beignets d’aubergines, de tahini, pour un tarif raisonnable.
  • Le billet d’entrée de la vallée des rois nous a coûté 100 LE (environ 5 euros), celui du temple d’Hatchepsout 50 LE, celui du Ramesseum 40 LE et celui de Médinet Habou 40 LE également. Prix valables en juillet 2017.
  • ATTENTION certains tickets ne s’achètent pas sur les sites mais au Tickets Office, juste à côté de Medinet Habou.
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5 réflexions sur “Louxor rive ouest

  1. Cool comme compte-rendu ! Ça permet de s’y replonger !
    Tu as oublié de mentionner notre quête de l’ombre 😉 et la moiteur irrespirable des tombes ! et le petit train payant ….!
    (par contre pour l’inauguration de la vallée des rois, c’est pas Hatchepsout ? En tout cas, c’est ce qu’à l’air de dire mon guide …)

    1. Je n’insiste pas trop sur les désagréments de la météo sinon ça va décourager les gens ! Et pour la vallée j’ai lu à plusieurs endroits que c’est bien son père Thoutmosis qui y a fait creuser sa tombe en premier, mais peut-être que la question n’est pas complètement tranchée…

      1. C’est sur que ça risque de les décourager ( mais bon perso, je m’étais imaginé tellement pire qu’au final ça allait)
        Pour la vallée des rois, je crois qu’on n’aurait jamais de réponse tranchée … c’est la magie de l’archéologie !

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