Le Caire et les pyramides

Mi-juillet avec une amie nous nous sommes rendues en Égypte pour une semaine, avec au programme quelques jours au Caire suivis de quelques jours à Louxor. Je suis partie à la fois très excitée, j’allais enfin voir les pyramides et les temples qui formaient la toile de fond de certains de mes romans préférés ; mais aussi avec beaucoup de questions, en partie liées aux nombreuses recommandations qui ont précédé mon départ. En effet quand on dit autour de soi « je pars en Égypte », les réactions sont bien plus diverses qu’à un « je pars en Bretagne ». Chaleur du mois de juillet, harcèlement des femmes dans la rue, attentats, révolution – tout ça mélangé et suivi d’un « attention » fait que même si l’on n’a pas peur, on se demande quand même à quoi s’attendre une fois sur place.

Heureusement pour moi, l’excitation d’une nouvelle destination, d’un nouveau continent même, et de la découverte de monuments millénaires vus cent fois en photo, était bien plus forte que le reste au moment de monter dans l’avion ralliant Athènes au Caire.

Pour des raisons pratiques nous avons pris le vol arrivant vers minuit, ce qui s’est avéré une bonne idée pour faire son visa et passer la douane tranquillement, puisqu’il n’y avait personne. À la sortie de l’aéroport, le taxi réservé par notre auberge nous attend comme prévu. La voiture démarre à peine que l’on se rend compte que comme on nous l’avait dit, la conduite des Cairotes est très…particulière. Changements de file à toute vitesse, feux tricolores à peine respectés, notre voiture qui en touche une autre, une troisième frôlée, c’est le rodéo et pourtant les rues sont assez vides vue l’heure. Nous arrivons en vie à l’auberge, perchée au 7e et dernier étage d’un immeuble où les chambres semblent construites directement sur le toit, la circulation de l’une à l’autre et jusqu’à la réception se faisant en extérieur.

Nous avons trois journées complètes à passer au Caire, alors le programme sera le suivant : une journée pour le Musée égyptien et une visite aux collègues de l’Institut français d’archéologie orientale (la version égyptienne de l’École française d’Athènes où nous travaillons toutes les deux), une journée pour les trois sites des pyramides, et une dernière journée pour les quartiers coptes et islamiques de la capitale.

Jour 1 : le Musée égyptien

Après une première nuit, nous voilà donc partie pour le Musée égyptien, comme une introduction aux sites archéologiques que nous visiterons les jours prochains. À peine sorties, on se retrouve dans la cohue dont on m’avait parlée : beaucoup de voitures, beaucoup de monde, et bien sûr on ne passe pas inaperçu. Deux occidentales, blondes, se baladant dans la foule matinale, forcément on nous regarde, on nous parle, mais aussi on nous aide à traverser, on nous indique le chemin et on nous met en garde face aux attrapes-touristes et aux arnaques. C’est sans encombre que nous arrivons au musée, pour une bonne matinée de « ooooh, aaaaah » face aux pièces exposées.

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Le musée est grand, vraiment très grand, avec de nombreuses salles réparties sur deux étages. Les photos sont en théorie interdites, on nous demande d’ailleurs de laisser nos appareils à l’entrée (sauf si l’on s’acquitte d’une somme supplémentaire au billet d’entrée), mais voyant tout le monde prendre des photos avec son téléphone, nous en avons fait de même. Dans chaque salle une multitude d’objets, de statues, sarcophages, fresques et bien d’autres encore sont présentées au public. Nous avons choisi de ne pas prendre un des guides qui attendaient à l’entrée, mais de suivre la visite dans l’ordre des salles, armée chacune de son guide de voyage qui indique à chaque fois ce qu’il y a de plus intéressant à y voir. Certaines pièces ne nous sont pas inconnues, comme par exemple le trésor de Toutankhamon, dont le masque funéraire que l’on a tous vu dans un livre d’histoire, ou encore les curieuses statues d’Akhenaton, dont on ne sait toujours pas vraiment si sa représentation avec un corps très efféminé était un effet de style ou s’il était vraiment ainsi.

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Akhenaton, dont le visage allongé et la bouche excessivement charnue ont intrigué les archéologues

On trouve des statues de toutes les tailles, des minuscules figurines produites en grande quantité, aux représentations monumentales des pharaons et leurs épouses.

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On est fascinée par les hiéroglyphes gravés sur les sarcophages ou peints sur les fresques, avec une telle précision qu’ils semblent récents, et en déambulant d’une salle à l’autre on se prend de plein fouet la grandeur de cette civilisation, si ancienne et pourtant si sophistiquée, si fastueuse et si riche, avec la délicatesse des bijoux, la beauté des objets en bois recouverts de matières précieuses, et surtout le nombre de pièces.

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Car même après presque trois heures de visite, on dirait qu’il y en a toujours plus à voir. D’ailleurs au bout d’un moment on n’en a un peu marre, il n’y a pas la clim alors que la température extérieure avoisine les 40 degrés, il y a de plus en plus de monde et on sent qu’on en a vu assez pour la journée. Nous quittons donc le musée ravies, avec la sensation d’être vraiment arrivées en Égypte et surtout plus que jamais prêtes à découvrir les sites dont ont été extraites toutes ces merveilles.

Après un déjeuner dans un restaurant conseillé par le Routard, nous décidons de nous rendre à l’Institut français d’archéologie orientale, à une demie heure de marche. On prend alors toute la mesure de la ville, à la fois de ce qu’elle a été et de ce qu’elle est désormais. En effet, aux façades couvertes d’un voile brun, on devine la présence du désert, aux portes de la cité, dont le sable s’accroche partout et rend l’air si sec. Aux bâtiments coloniaux qui existent toujours, c’est l’histoire du pays et la présence anglaise qui nous sont rappelées. Et enfin, aux militaires présents partout, aux tanks postés dans certaines rues, aux barrages qui permettent d’en fermer d’autres à la circulation, on réalise que la situation du pays n’est pas vraiment stabilisée et que le quotidien des Égyptiens a bien changé ces dernières années.

La journée se termine sur une visite de l’Institut d’archéologie, avec sa jolie bibliothèque, puis sur un délicieux dîner de boulettes de viandes parfumées à la coriandre.

Jour 2 : les pyramides

Le lendemain c’est assez surexcitée que je me réveille, car pour mes 27 ans je m’offre un super cadeau, une visite des trois sites où sont situées les pyramides d’Égypte, Gizeh, Saqqarah et Dahchour. Pour plus de facilité nous avons réservé la veille un taxi par notre auberge, ainsi pour un prix fixé à l’avance, nous sommes conduites d’un site à l’autre, sans avoir à négocier à chaque fois.

On commence par Gizeh, avec son célèbre trio de pyramides hyper connues. Une fois sur place on comprend vite que la visite à pieds va être éprouvante et que si elle permet de voir les pyramides de près, la distance et la chaleur empêchent les visiteurs de trop s’éloigner pour avoir une vision d’ensemble. On opte donc pour la visite à cheval, mais à peine en selle je regrette ce choix. En longeant les écuries on voit qu’un grand nombre d’animaux est en piteux état et très maigre. Les autres possibilités pour visiter le site sont de prendre une calèche, donc encore les chevaux, ou de monter des chameaux, donc encore d’utiliser des animaux. Finalement aucune de ces solutions n’est satisfaisante, et c’est bien dommage, peut-être que l’utilisation de quad ou de jeep serait plus adéquate.

Passées ces considérations, et ma peur de me retrouver perchée sur le cheval, on commence la visite, en s’éloignant d’abord des pyramides, pour arriver jusqu’à un super point de vue qui permet de toutes les voir, celles des pharaons Kheops, Khephren et Mykérinos, ainsi que les petites qui y sont accolées et destinées aux épouses.

Cette nécropole fut édifiée pendant l’Ancien Empire, entre 2700 et 2350 av. J.-C., les pyramides servant de dernière demeure pour le corps des pharaons.

Il n’y a pas grand chose à dire, c’est grandiose, même si on a vu ces images cent fois auparavant, les voir en vrai fait quelque chose. Alors en plus je ne m’attendais pas à du désert avec du sable – allez savoir pourquoi – et du coup que ce soit le cas m’a ravie.

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Et puis on se rapproche, et alors on prend pleinement conscience de la taille, du boulot que ça a demandé aux Égyptiens de l’époque, sans camion ni grue. On sait aujourd’hui qu’il a fallu entre 20 000 et 30 000 ouvriers pour les construire. Je ne multiplie pas les photos sur le blog – alors même que j’en ai pris une tonne – car à aucun moment on ne se rend vraiment compte de ce à quoi cela ressemble en réalité. Ici nous n’avons pénétré dans aucune des pyramides, car il fallait payer en plus alors que c’est gratuit sur les autres sites. Tout au long de la visite nous étions accompagnées d’un guide, mais finalement sa présence n’était pas obligatoire, puisque toutes les informations qu’il nous a données se trouvaient également dans nos livres.

Le tour se termine par ce par quoi on commence lorsque l’on marche, le tout aussi célèbre Sphinx. Son air majestueux, son nez cassé à cause d’Obélix, tout y est, le gardien des pyramides tient également ses promesses.

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On reprend la voiture, direction Saqqarah à 15km de là. C’est dans cette nécropole que fut construite la première pyramide, la pyramide à degrés de Djéser.

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Elle fut bâtie vers 2700 av. J.-C. par l’architecte Imhotep (allez-y, faites la blague), à la demande du pharaon pour en faire son tombeau. Sa forme à degrés symbolise un escalier permettait à l’âme de Djéser de s’élever vers le ciel jusqu’à Rê, le dieu-soleil dont il est le fils.

La pyramide est située dans un grand complexe funéraire, auquel on accède par la porte ci-dessous, qui est en court de restauration avec son enceinte.

 

A l’intérieur de l’enceinte on trouve d’autres pyramides, dont celle d’Ounas, le dernier pharaon de la Ve dynastie, qui ressemble aujourd’hui à un gros tas de gravats, mais qui se visite. Évidemment on y va, et on fait bien, puisque ses galeries sont magnifiquement décorées de hiéroglyphes gravés dans la roche.

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Le reste du site est constitué de mastabas, des tombeaux, dont certains sont ouverts à la visite et dans lesquels on trouve des bas-reliefs polychromes plutôt bien conservés.

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Après Saqqarah, direction le dernier site, celui de Dahchour, pour visiter la pyramide rouge et voir de loin la pyramide rhomboïdale. Elles ont toutes les deux été construites par le pharaon Sénéfrou, le père de Kheops, 2500 ans avant J.-C.

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Selon moi cette pyramide n’a de rouge que le nom, mais peu importe, pénétrer à l’intérieur m’a fait me sentir telle une Lara Croft le temps d’un instant. En effet il faut d’abord monter jusqu’à l’ouverture (en plein milieu, comme on le voit sur la photo), où seul un homme âgé – que l’on a d’ailleurs surpris en pleine sieste – attend les visiteurs. Il nous annonce que la descente fait 65 mètres de long et que c’est pliées en deux qu’il faut la faire. Même pas peur, on y va, ça glisse un peu, ça tire sur les cuisses et je ne peux m’empêcher de penser au moment où il faudra remonter. Une fois arrivées en bas, rien de très intéressant, un plafond à degrés, des murs nus, mais qu’importe, on est au cœur d’une pyramide qui ressemble à une pyramide et pas à un tas de pierres. On commence la remontée, évidemment ma tête finit par taper le plafond, et c’est essoufflées que nous ressortons à l’air libre.

On remonte ensuite en voiture pour un dernier arrêt rapide le temps de nous laisser prendre deux trois photos de la pyramide rhomboïdale. Haute de 97m pour 188m de côté, elle aurait dû atteindre 128m de hauteur si un changement d’inclinaison n’avait pas été décidé à mi-hauteur, lui donnant ce drôle d’aspect.

pyramide-rhomboidale-

Le soir nous retrouvons Nermine, de l’Institut français d’archéologie orientale qui a eu la gentillesse de nous inviter à un tour en felouque sur le Nil, à l’occasion de l’anniversaire de la mère de l’une de ses amies. Nous nous y rendons au coucher du soleil, et à peine le bateau s’élance-t-il sur l’eau que l’on constate une baisse de température significative, qui permet de se rafraîchir après la chaude journée dans le désert que l’on vient de vivre, tout en admirant le paysage.

 

Jour 3 : le quartier copte et le quartier islamique

Pour notre dernière journée au Caire nous avions prévu de visiter ces deux quartiers historiques, dont on nous avait beaucoup parlés. Pour rejoindre le quartier copte nous prenons le métro, et je teste pour la première fois de ma vie le wagon réservé aux femmes. Une fois arrivées nous constatons que l’endroit est sous haute surveillance, peut-être même encore plus que le reste de la ville. Je dois dire que j’en ai plutôt été déçue, car je m’attendais à un quartier vivant, où l’on aurait déambulé au milieu de ses habitants, mais en fait pas du tout. Quelques églises et une synagogue à visiter (les photos sont interdites dans la plupart), mais dans les rues personnes.

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Le musée copte est plutôt intéressant, pas tant pour les objets qui y sont exposés, n’étant pas une grande fan d’icônes mon intérêt est vite retombé, mais plutôt pour ses magnifiques plafonds à caisson. Ici aussi, pas de photos autorisées, et surtout pas de clim, et alors là c’était vraiment dur de faire abstraction de la chaleur, et finalement on a envie de passer vite d’une pièce à l’autre pour en finir.

Apparemment le weekend le quartier est bien plus animé, mais sur le coup j’ai plus eu l’impression d’un musée en extérieur déserté par les visiteurs, et dans lequel on n’a pas vraiment envie de s’attarder.

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L’après-midi nous voulions nous promener autour du Khan el-Khalili, un grand souk situé dans le Caire islamique, visiter des mosquées et se perdre dans des rues un peu au hasard, mais la journée précédente dans le désert s’est rappelée à nous par un coup de chaleur et c’est finalement seule que je suis partie avec l’intention de quand même en profiter. Mais après une heure à marcher en tentant d’éviter tout eye-contact, et en me faisant quand même interpeller une bonne centaine de fois par tous les hommes que je croise, j’ai fini par renoncer. Je ne me suis pas sentie en insécurité, à aucun moment quelqu’un n’a eu un geste déplacé envers moi, et au moment de chercher dans quelle direction prendre mon taxi pour rentrer à l’auberge, c’est spontanément que des hommes m’ont aidée. Mais la sensation d’être le centre de l’attention et d’avoir tout le monde qui me fixe et me parle était assez inconfortable et m’a plutôt gâché le moment.

Mais finalement ce n’est que partie remise, car le soir nous retrouvons à nouveau Nermine, qui nous emmène avec deux de ses amies boire un verre dans ce même quartier. A la nuit tombée il est très animé, les boutiques de souvenirs et d’artisanat sont ouvertes, les gens se promènent, s’installent en terrasse pour diner ou discuter, quelques rues sont piétonnes. On ne visite aucun bâtiment mais j’aime autant cette sensation de se mêler à la vie locale, et de lever les yeux un instant de mon Routard pour vivre une soirée comme une jeune Cairote de sortie avec ses amies.

 

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C’est ainsi que nous achevons notre séjour au Caire, puisque le lendemain un avion nous amène jusqu’à Louxor. Ces visites ont sonné le départ d’une Jéromine surexcitée qui trouve tout ce qu’elle visite « fou » (ou ouf), mais c’est vraiment l’effet que m’a fait la journée aux pyramides, l’impression de vivre un rêve éveillé, d’entrer dans les romans que j’ai lus et relus sûrement une dizaine de fois pour certains. Pour moi les pyramides d’Égypte sont comme la Grande muraille de Chine ou les temples d’Angkor au Cambodge : on les a tellement vus en photo que l’on s’attend presque à être déçu une fois sur place, mais c’est impossible, tant le génie et les prouesses techniques de ces civilisations passées nous laisse sans voix (sauf moi qui ai bien sûr TOUJOURS quelque chose à dire).

Je n’ai pas particulièrement aimé la capitale égyptienne (vous remarquerez l’absence de photos), dont le chaos de la circulation m’a rappelé certaines grandes villes du sud-est asiatique, le charme en moins. L’architecture ne m’a pas particulièrement séduite, et on sent qu’une certaine tension règne. Par contre ces premières rencontres avec les Égyptiens ont confirmé mon principe de ne pas me contenter de ce les médias relaient sur les pays différents de l’Europe de l’Ouest, puisque nous sommes tombées sur des gens prêts à nous aider et curieux d’entamer la discussion, nous permettant de nous sentir à l’aise en dépit des énormes différences culturelles. Je remercie tout particulièrement Nermine, si tu passes par-là, qui nous a fait vivre de très bons moments qui sortent des visites habituelles des touristes de passage.

Infos pratiques :

  • le visa coûte 25$ et se fait à l’arrivée à l’aéroport du Caire
  • on a dormi au Dahab Hostel (26, sharia Mahmoud Bassiouni, 7e étage avec ascenseur), tout prêt du Musée égyptien. Très bon marché, chambres simples mais propres, staff très sympa et surtout la possibilité de se poser sur la terrasse loin des voitures après une bonne journée de visites vaut vraiment le coup ! Plusieurs services agréables sont proposés, comme le taxi pour l’aéroport à 150 LE (7€ pour le véhicule complet), ou pour la journée aux pyramides à 25 euros (encore une fois pour le véhicule)
  • l’entrée du Musée égyptien coûte 75 LE (3,50 €), Saqqarah 80 LE (3,80€), Dahchour 40 LE (1,90€), et pour la visite de 2 heures à cheval à Gizeh nous avons payé 39€, auxquels il faut ajouter les pourboires.
  • Attention tous ces tarifs sont valables en juillet 2017 et sont bien sûr susceptibles de changer 
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