Trois jours en Émilie-Romagne

Pour profiter de quelques jours de congés fin mars, j’avais envie de me rendre en Italie, et entre les trois destinations proposées à bas prix par Ryanair au départ d’Athènes – à savoir Rome, Milan et Bologne – c’est Bologne qui a retenu mon attention.

Avec Constance nous avons donc décidé d’y passer trois jours et d’en profiter pour explorer un peu la région de l’Émilie-Romagne, qui est très bien desservie par les trains régionaux au départ de Bologne.

Bologne

Gros coup de cœur pour cette ville, je me verrais facilement y passer un mois pour rayonner dans toute la région. Le centre-ville historique est magnifique, et je ne mâche pas mes mots. De l’ocre, du rouge, du marron, du orange, autant de couleurs chaudes qui recouvrent harmonieusement les façades bien entretenues des bâtiments et qui donnent à l’ensemble un air de village, alors même que les boutiques de toutes nos marques de vêtements préférées (ou même de celles qui sont inaccessibles pour nos bourses) donnent l’impression d’un centre commercial en plein air. Ainsi H&M, Mango, Gucci et Prada côtoient les charcuteries, cordonneries et petites boutiques aux enseignes à l’ancienne.

IMGP0810Pour organiser notre visite Constance était en possession du Routard de l’Italie du Nord, et Parsa m’avait conseillé plusieurs endroits incontournables à voir. Pour commencer et pour avoir une vue globale de la ville, nous sommes montées au sommet de la Torre Asinelli, haute de 97 mètres, construite au XIIe siècle par une famille bolonaise puissante qui voulait en faire son bastion. Au Moyen-âge on trouve environ une centaine de ces tours, qui furent limitées à 50 mètres de haut au XVe siècle pour des raisons de sécurité, et quand on voit la tour voisine qui penche dangereusement on comprend pourquoi. On grimpe donc les 500 marches pour 3 euros, jusqu’au sommet qui nous offre une vue à 360 degrés sur les toits de la ville. On comprend alors mieux son surnom La Rossa, la rouge, face à cette étendue de tuiles rouges qui recouvrent les bâtiments. Attention si vous êtes claustrophobes, les escaliers sont très étroits, on y passe difficilement à deux.

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IMGP0993On a poursuivi la visite avec la Piazza Maggiore, qui comme son nom l’indique est la place principale de la ville. Elle est entourée de plusieurs palazzi et de la basilique San Petronio, à la façade si reconnaissable. D’architecture gothique, il s’agit de la quinzième plus grande église du monde. Elle aurait d’ailleurs du dépasser la basilique Saint-Pierre de Rome, mais sa construction qui dura du XIVe au XVIIe siècle ne fut jamais achevée, en témoigne sa façade qui n’est qu’à moitié recouverte de marbre. Sur cette place on peut s’assoir pour prendre le soleil, profiter du wi-fi gratuit (en bonnes accros au portable c’est ce qu’on a fait), ou aller à l’office du tourisme. On a bien aimé aussi la place Santo Stefano, du nom de la basilique qui s’y trouve et qui est en fait constitué à l’origine de sept églises différentes.

IMGP0766On a eu la chance d’avoir un temps magnifique, mais on s’est rendue compte qu’en cas de pluie Bologne peut quand même se parcourir à pieds sans avoir besoin de trop d’équipement imperméable. On y trouve 40 kilomètres d’arcades aux plafonds décorés qui surplombent les rues, les protégeant des intempéries. Pour profiter du soleil nous nous sommes rendues au Giardini Margherita, un grand parc au sud-est du centre historique. Nous n’étions pas les seules à avoir eu cette idée, l’endroit était plein d’étudiants. Et des étudiants Bologne n’en manque pas, puisqu’ils sont environ 100 000 sur une population de 400 000 habitants.

IMGP0777La tradition universitaire de la ville est très ancienne, puisque son université, fondée en 1088, est la plus ancienne d’Europe. Son deuxième surnom, la Dotta, qui signifie la savante, vient d’ailleurs de là. On peut entrer gratuitement dans le siège de l’ancienne université, dont les murs intérieurs sont recouverts de blasons en plâtre, mais il faut payer pour accéder aux salles de classe. Parsa nous a aussi emmenée dans l’université où étudient aujourd’hui les étudiants, et ce quartier m’a un peu fait penser à Athènes et à son école polytechnique. L’endroit est bien plus sale que le reste de la ville, les graffitis Antifa sont très nombreux et les punks à chien, les vendeurs à la sauvette et les étudiants se mélangent dans un joyeux bazar sur la place, de jour comme de nuit.

Le troisième surnom de Bologne est la Grassa, la grasse, et vient bien évidemment de sa cuisine. Ne vous attendez pas à manger des spaghettis à la bolognaise, mais plutôt des tagliatelles ou des tortellini al ragu, qui est le vrai nom de cette sauce à la viande hachée et à la tomate. J’ai trouvé que les portions de pâtes étaient assez petites, surtout en comparaison des pizzas, qui pour le coup raviront les gros mangeurs. Et bien sûr, qui dit Italie dit gelato, à la pistache et au chocolat pour moi, et on peut dire ce qu’on veut mais ce sont quand même les meilleurs.

IMGP0984La ville est assez chère, comptez au moins 20 euros pour un lit en dortoir, pas nécessairement bien situé. Voici quelques adresses pour vous loger et surtout vous restaurer sans exploser le budget :

  • Après une quinzaine de demandes envoyées sur Couchsurfing et aucune réponse positive, nous avons opté pour le Airbnb. Je recommande chaudement l’appartement d’Ermias, charmant, idéalement situé et très propre.
  • Au restaurant en Italie on paye l’eau, le pain, et même le couvert, ce qui fait grimper la note, surtout que le prix des plats peut aussi vite s’envoler. Pour goûter les tagliatelles al ragu à moindre prix, rendez-vous à l’Osteria dell’Orsa, où le plat de pâtes est à 6 euros seulement et où on ne vous fait pas payer le couvert ().
  • Si vous avez plutôt envie de pizza, prenez à emporter chez la pizzeria Spacca Napoli, où pour 6-8 euros vous aurez une délicieuse pizza largement suffisante pour deux (). Ou alors, pour ne pas avoir à choisir entre plusieurs garnitures, choisissez plusieurs parts à 2 euros parmi les pizzas géantes de la pizzeria Due Torri ().
  • En ce qui concerne les glaces, toujours sur les conseils de Parsa nous avons testé la Cremeria Santo Stefano, petite boutique artisanale un peu en dehors des quartiers très touristiques qui propose une dizaine de parfums () ; et nous avons fait la queue à la Cremeria Funivia, bien plus moderne et qui semble attirer beaucoup de touristes (). Dans les deux cas les glaces étaient vraiment délicieuses.

Ravenne

Plusieurs fois capitale, d’empire ou de royaume, Ravenne attire les touristes pour ses mosaïques du Haut Moyen-âge mondialement connues. A environ 1h30 de train de Bologne, il ne vous en coûtera que 15 euros l’aller-retour, ce qui en fait une bonne destination pour une journée. Si comme nous vous trouvez le moyen de rater le train (alors même que vous êtes sur le quai), pas de panique, le billet est valable pendant les 4 heures qui suivent le moment où vous l’aurez composté. Et si les prochains trains directs sont trop tard, n’hésitez pas à prendre le train jusqu’à Faenza, de là un bus vous dépose à la gare de Ravenne.

Depuis la gare on rejoint à pieds le centre-ville, qui bien que nettement plus petit que celui de Bologne est très mignon et rempli de cafés et restaurants. On peut également faire son shopping tranquillement dans les rues piétonnes pleines de boutiques, tout en admirant les plaques avec les noms de rues qui sont joliment décorées de mosaïques.

IMGP0876Pour voir les mosaïques médiévales, le mieux est d’acheter le ticket à 11€50 qui vous donne accès aux huit monuments dans lesquels elles sont reparties. Réalisées aux Ve et VIe siècles, ces mosaïques sont remarquablement conservées et représentent un très bon exemple de l’évolution de cet art de Théodose Ier à Justinien. J’ai préféré celles de la basilique San Vitale, qui éclipsent complètement le reste des ornements du bâtiment.

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Ferrare

Encore plus près de Bologne, à seulement 30 minutes de train pour 9€50 l’aller-retour, Ferrare est célèbre pour ses monuments médiévaux et notamment son château d’Este, énorme et planté en plein centre-ville.  Il fut construit au XIVe siècle par le marquis d’Este pour se protéger en cas de révolte des citoyens, comme en témoignent ses quatre tours et ses douves.

IMGP0977Ici encore on peut déambuler dans des rues plus ou moins piétonnes, bordées de maisons médiévales, et notamment le long de la via Delle Volte. Il s’agit de la plus vieille rue de la ville, pavée, assez étroite et parsemée d’arches transversales, qui au Moyen-âge reliaient les maisons des marchands aux dépôts.

J’ai été un peu déçue de Ferrare, que j’ai trouvé un peu fade en comparaison des deux autres villes, et la façade du Duomo recouverte d’échafaudages et de bâches ne m’a pas donné très envie de m’attarder.

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J’ai vraiment adoré Bologne, et ces quelques jours m’ont donné envie de retourner en Italie bientôt pour voir plus de cette région du nord que je ne connaissais pas. Dans les trois villes on a vu beaucoup de gens à vélo, aussi il semblerait que la topographie de cette zone favorise ce moyen de transport comme moyen de découverte, ce qui donne des idées de week-ends (même si j’ai des doutes quant à ma capacité d’effectuer des longues distances à vélo !).

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2 réflexions sur “Trois jours en Émilie-Romagne

  1. QUELS DOUTES? On est allées à la mer depuis Amsterdam. On est des pros du vélo (sur route plate). Je pense que la prochaine fois il faudra aller soit vers Pavie, soit plus au nord vers les montagnes pour faire de belles randos. Parce que les Dolomites restent la région montagneuse la plus belle d’Europe selon moi-même. (va voir Tre Cime sur google image, best rando ever)

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