Καλά Χριστούγεννα !

De retour en France pour les fêtes de fin d’année, j’ai eu l’occasion de voir ces derniers temps comment les Grecs préparaient Noël et d’en apprendre un peu plus sur la célébration de cette fête que j’adore.

Comme je l’écrivais ici, les rues ont été décorées début novembre, et les boutiques ont tranquillement suivi, certaines avec beaucoup de goût, comme ma pâtisserie préférée (dont je vous parlerai d’ailleurs bientôt). On trouve donc des sapins un peu partout, mais pas seulement. Sur la place Syntagma par exemple, le sapin a laissé la place à un bateau de Noël, comme ce fut longtemps la tradition.

En effet, le sapin de Noël est d’abord une coutume des pays germaniques qui se diffuse dans le reste de l’Europe à la fin du XIXe siècle. Il arrive en Grèce en même temps que le roi Othon 1er, élu en 1832 par les grandes puissances européennes à la tête du pays après son indépendance, qui installe sa cour bavaroise à Athènes, amenant cette coutume avec lui. A la place du sapin, c’est donc un bateau que les Grecs ont l’habitude de décorer pour la naissance du Christ. Il ne faut pas oublier que c’est un peuple de marins, dont les héros de la mythologie ont souvent affronté la mer, tel Ulysse. Aussi on continue de trouver des maquettes de bateaux décorées de bougies, ou des décorations lumineuses en forme de navires.


Une des grosses différences avec la façon dont nous pouvons fêter Noël en France, est que les enfants Grecs ne reçoivent pas de cadeaux du Père Noël le 25 décembre. Tandis que nos célébrations ont lieu le 24 et le 25, elles s’étendent ici du 24 à l’Épiphanie. Le 24 les enfants vont de maison en maison chanter les Kalanda, la mélodie rythmée au son du triangle, en échange de sucreries ou de fruits secs. Dans la tradition chrétienne orthodoxe, le 24 décembre signe la fin de 40 jours de jeûne qui précède Noël.

Le 25 la famille partage le repas de Noël traditionnel, constitué de dinde ou de cochon de lait farci aux abricots, fruits secs et noix. On mange également le pain appelé Christopsomo, le pain du Christ, préparé par la mère. En ce qui concerne le dessert, impossible de l’ignorer lorsqu’on habite en Grèce. Depuis quelques semaines toutes les vitrines des boulangeries et pâtisseries sont remplies de deux sortes de biscuits que tout le monde achète et consomme en cette période : les Kourabiedès, sablés aux amandes en forme de croissant de lune et recouverts de sucre glace, et les Mèlomacarona, gâteaux au miel, noix, cannelle et amandes.


Pour les cadeaux il faut attendre le 1er janvier, qu’ils soient apportés non pas par le Père Noël mais par Saint Basile (Agios Vassilis en grec), alias Basile de Césarée, un des principaux Pères de l’Église qui vécu au IVe siècle. Cette tradition vient de l’engagement social du saint, qui développa à Césarée une véritable assistance sociale, en construisant un établissement surnommé Basiliade, une petite ville qui regroupait une église, un hospice de vieillards, un hôpital pour les malades, une hôtellerie pour les voyageurs et les pèlerins, des logements pour les gens de service, et des écoles pour les orphelins de la ville, le tout financé par l’Église. Aujourd’hui, les enfants ayant été sages toute l’année peuvent espérer recevoir des cadeaux de ce saint, en même temps que l’on déguste en son honneur la Vassilopita, un gâteau dans lequel on dissimule une pièce d’or qui tient lieu de fève. La personne qui trouve cette pièce la voit comme un présage de bonheur pour l’année à venir.

Enfin, toujours dans les présages de bonheur pour la nouvelle année, la tradition veut que le maître de maison, au retour de la messe, pénètre le premier dans la maison en jetant sur le sol une grenade, qui en explosant va répandre ses graines. De nos jours, comme me l’a expliqué une collègue grecque, le fruit est emballé dans un sac, afin de garder la symbolique du geste tout en s’évitant d’avoir à ramasser ensuite !

Plusieurs personnes m’avaient dit que Noël n’avait pas beaucoup d’importance en Grèce et qu’on lui préférait Pâques. J’ai donc été assez surprise de voir autant de décorations, de constater que les traditions sont encore bien vivantes, tout en étant associées au côté « commercial » de cette fête, avec des magasins ouverts jusqu’à pas d’heure, dimanche inclus. J’attends donc avec assez d’impatience de voir les célébrations pascales, que je vivrai en plus en direct du pays !

 

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