La bise, les boîtes aux lettres et les factures

Cela fait presque trois mois que j’habite et travaille à Athènes, et je me suis habituée à diner à pas d’heure ou à voir mon deuxième prénom et celui de mon père sur mes factures d’électricité, mais d’autres détails m’apparaissent toujours assez cocasses.

  • Quand je suis arrivée et que j’ai commencé à rencontrer des Grecs, j’étais d’abord assez contente de voir qu’ils se faisaient la bise, chose à laquelle en bonne Française je suis habituée, et qui m’épargnait les accolades et autres « hugs » des Américains pendant lesquels je ne sais jamais vraiment quoi faire. Et puis à chaque bonjour ou au revoir j’ai manqué d’embrasser tout le monde sur la bouche sans comprendre le problème, jusqu’à ce que je me rende compte que les Grecs tendent d’abord la joue gauche, tandis que je tends la joue droite. On m’a dit que c’est également ce qui se faisait dans le sud de la France, mais je ne fréquente pas beaucoup de sudistes au quotidien et je n’avais donc jamais réalisé cette différence. Aujourd’hui encore je dois me concentrer au moment de faire la bise aux gens pour éviter ce moment gênant.
  • En louant mon appartement on m’a remis trois clés, une pour la porte d’entrée de l’immeuble et deux pour ma porte, mais aucune pour la boîte aux lettres. Et c’est normal, puisqu’en Grèce on n’a pas sa propre boîte aux lettres quand on vit dans un immeuble. Le courrier est distribué en vrac, posé sur une tablette ou mis dans une boîte commune à tous (et tout le temps ouverte), et il faut donc chercher si parmi le tas de lettres il y en a une à son nom. Et je dis bien le tas, puisque dans mon immeuble il doit y avoir en permanence une vingtaine d’enveloppes qui attendent d’être prises, et certaines sont là depuis bien plus d’un mois.

  • Quand je vois une enveloppe à mon nom, enfin celui de mon père, enfin vous m’avez comprise, la plupart du temps c’est une facture : électricité, eau ou Internet. Alors qu’en France nous sommes habitués à donner un RIB et de souscrire au prélèvement automatique lors de l’inscription à l’un de ces services, ici ce n’est pas encore très développé. Le paiement en ligne existe, mais il n’est pas évident pour moi qui ai une carte bleue française, alors je fais comme beaucoup de Grecs, je me déplace pour payer. Mais plutôt que de devoir aller faire la queue à 6h30-7h à la compagnie d’électricité, je vais payer mes factures au bureau de poste. Ou encore mieux, à l’ΟΠΑΠ du coin – prononcez OPAP – qui est probablement la boutique qui a le plus de succès dans ma rue. Si je n’y vais que pour payer mes factures, d’autres y passent beaucoup plus de temps, pour parier de l’argent sur divers jeux. Certains parient sur le sport, qui est d’ailleurs diffusé sur place, et d’autres jouent à la loterie, et ce parfois pendant plusieurs heures. En effet, le jeu du Kino est un peu comme le Loto, on doit choisir une combinaison de nombres entre 1 et 80 en espérant que le hasard les sélectionne, mais si on perd pas besoin d’attendre la semaine suivante pour jour, puisque dix minutes après un nouveau tirage est organisé.

Publicités

Une réflexion sur “La bise, les boîtes aux lettres et les factures

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s