Ma semaine hellénique

Au début de la semaine dernière les décorations de Noël ont été allumées dans les rues d’Athènes, ce qui a en général pour effet de tranquillement me mettre dans l’ambiance de Noël, je me dis qu’il est temps d’acheter mon calendrier de l’Avent, de commencer à penser aux cadeaux… Mais en fait non, impossible quand il fait encore 20 degrés en pleine journée, que je porte mes lunettes de soleil, que je me balade en t-shirt et que mon linge sèche en deux heures sur ma terrasse. Parce que oui, même si il y a environ quinze jours j’ai enfin cru que j’allais pouvoir sortir mes pulls, j’ai du me résoudre à les ranger très rapidement, car même à la mi-novembre l’automne n’est toujours pas installé. Je vois défiler sur Facebook, Instagram ou Snapchat les photos de mes amis emmitouflés dans les écharpes et les manteaux pendant que je suis presque en train de me plaindre de transpirer quand je marche.


Mercredi on a cru que ça y était, le ciel s’est obscurci, il faisait presque nuit à 14 heures, et un orage de grêle s’est déchainé, avec des grêlons gros comme des billes. J’ai même sorti mon parapluie pour rentrer chez moi ! Et puis jeudi, grand soleil, comme si de rien n’était, vous rêvez les gars l’hiver c’est pas maintenant.

Et finalement ce beau temps c’est quand même bien agréable le week-end, ne serait-ce que pour se motiver à sortir de son canapé (surtout quand il est aussi confortable que le mien). Samedi j’ai donc encore bien pris du plaisir à arpenter le marché d’Exarcheia – rue Kallidromiou pour ceux que ça intéresse – pour choisir soigneusement mes fruits et légumes de la semaine. On m’a offert un concombre, imaginez ma joie.

Dimanche j’avais prévu d’être opérationnelle vers 10h30 pour aller assister à l’évènement de la semaine, l’arrivée du marathon d’Athènes. En effet, la course commençant à 9 heures, le gagnant était attendu aux alentours de 11 heures. C’est finalement vers 14 heures que je me suis postée non loin de la ligne d’arrivée, à l’entrée du stade Panathénaïque, où les coureurs continuaient d’affluer.

Tout le monde connaît le marathon de New York, on en voit des images aux informations lorsqu’il a lieu, mais celui d’Athènes est encore plus mythique. Petit rappel historique pour ceux qui auraient oublié : selon la légende, en 490 av. J.-C., l’Athénien Philippidès aurait couru de la ville de Marathon jusqu’à Athènes, soit une distance d’environ 42 km, pour annoncer la victoire des Grecs contre les Perses. Une fois son message délivré, il mourut d’épuisement. Selon les sources le nom du messager varie, la distance parcourue aussi – selon Hérodote c’est à Spartes, soit à 220 km, qu’il est envoyé – mais c’est cette anecdote qui est retenue lors de la tenue des premiers Jeux olympiques modernes, en 1896. L’épreuve annuelle telle qu’elle existe aujourd’hui fut créée en 1972, et se termine toujours au stade Panathénaïque, ce qui ajoute encore au symbole de cette course (pour en savoir plus sur le stade c’est ici) .


Vers 14 heures donc, les vainqueurs étaient évidemment déjà arrivés. Le marathon a été remporté par, suspens, des coureurs kenyans, avec Luka Rotich Lobuwan qui a accompli un temps de 2h12’49 chez les hommes, et pour les femmes, Nancy Jebichi Arusei, avec un temps de 2h38’13. Mais après 5 heures de courses ce n’était pas encore fini, et j’ai beaucoup apprécié de regarder les coureurs passer la ligne d’arrivée. Certaines personnes courent avec le drapeau de leur pays, une couronne de lauriers sur la tête, certaines se filment en train d’arriver, d’autres semblent avoir un regain d’énergie en voyant leur famille sur le côté qui crie leur nom, et de nombreux enfants accompagnent un papa ou une maman, main dans la main pour finir la course. Heureusement pour eux il a fait beau toute la journée, rendant le parcours plus agréable, avec des supporters présents pour encourager, et les encouragements ça fait du bien. Parce que vraiment, en les voyant finir, on se rend compte que courir 42 km c’est long, vraiment long, et difficile. Entre ceux qui finissent la course en boitant, ceux qui repartent en ambulance, et ceux qui terminent sans trop de bobo mais qui ont quand même l’air hagard, on se dit qu’être aussi sportif qu’une limace ce n’est pas si mal finalement. Vers 14h30 je vois ma copine Elena passer la ligne d’arrivée et je la retrouve un peu plus loin, au milieu des gens allongés par terre, roulés dans leur couverture de survie. Elle me dit que c’était dur, que son temps est nul et qu’elle a beaucoup marché. Personnellement je suis juste impressionnée face à ces gens qui ont réussi à finir la course, en ayant marché ou pas.


La semaine prochaine s’annonce riche en évènements, une super lune, Barack Obama et une manifestation, je sens que pour la première fois depuis mon arrivée je vais avoir l’occasion de râler contre les transports en commun qui risquent d’être perturbés.

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