Week-end en Thessalie 

Je suis rentrée lundi soir d’un week-end que j’attendais avec beaucoup d’impatience, deux jours de randonnée à visiter les monastères des Météores. Situés en Thessalie, à environ 4h30 de train d’Athènes, ces monastères orthodoxes présentent la particularité d’être perchés au sommet de pics rocheux, ce qui leur a d’ailleurs valu leur appellation, puisque « Meteora » signifie « suspendu dans les airs ». Cette situation géographique fut un moyen de protection pour les moines, puisqu’on n’accédait aux monastères que par des échelles ou des filets de cordes, qui étaient remontés en cas d’attaque.

Aujourd’hui bien sûr on peut accéder au site en voiture, mais les chemins des moines sont toujours praticables. Je me voyais donc déjà partir à l’assaut de ces monastères, suant et soufflant sur les petits chemins escarpés…mais finalement non. Parce que qui dit plus au nord, dit plus mauvais temps, et c’est avec une météo annoncée plutôt menaçante pour le week-end que je quitte Athènes en début d’après-midi vendredi. Je prends le train avec Théa, une Anglaise-Grecque qui vient d’avoir le bac et profite d’une année de césure pour apprendre le grec, et Matthew, jeune Américain qui voyage en Europe pour une durée indéterminée.

Plusieurs trains par jour relient Athènes à Kalambaka, la ville la plus proche du site, et l’aller-retour nous a couté environ 27 euros (et même moins pour les moins de 26 ans). On arrive un peu avant 20h, il fait nuit et bien plus froid qu’à Athènes, alors nous nous rendons directement à l’auberge que l’on nous a conseillée. A cinq minutes à pied de la gare, le Meteora Central Hostel est une nouvelle auberge moderne et agréable, dont les propriétaires parlent parfaitement anglais. Nous avons choisi le dortoir mixte de six personnes pour 16 euros par personne la nuit. La chambre est propre, les lits confortables, et une cuisine est à la disposition des clients. On bénéficie de plus d’une réduction de 20% au café voisin, qui appartient au même couple.

La soirée se passe tranquillement autour d’un bon diner dans un restaurant conseillé par le Lonely Planet et que je recommande fortement, la Taverna to Paramithi. Pour 15 euros chacun nous partageons une entrée, dégustons du délicieux poisson grillé et finissons par des glaces maisons et un plateau de fruits, le tout accompagné de bière et de coca. On rejoint ensuite l’auberge, car à cette période il n’y a pas grand chose à faire le soir, Kalambaka étant une ville animée l’été mais qui se calme avec l’arrivée de l’automne.


Le lendemain, après un réveil en plein orage (et une douche froide et dans le noir à cause d’une coupure d’électricité), Effie, une amie de la famille de Théa, vient nous chercher pour nous emmener visiter. Direction les Météores, que l’on a découvertes avec surprise comme étant l’arrière-plan de Kalambaka, arrière-plan invisible de nuit ! La route qui nous mène dans les hauteurs est très belle, les pics rocheux aussi lisses que des galets sont impressionnants, et ont presque l’air faux. Cette zone était il y a très très longtemps le lit d’un grand fleuve au fond duquel se sont déposés des galets et sédiments qui ont finis par se lier et former les rochers.



Malheureusement pour nous, la météo n’est vraiment pas de notre côté et plus on monte, plus les nuages nous entourent pour nous cacher la vue. On se contente donc de visiter le monastère du Grand Météore, et celui d’Agios Stéfanie (Saint-Étienne). Grâce à Effie nous ne payons pas, mais sinon il faut compter 3-4 euros par monastère. Pour y entrer il faut évidemment porter une tenue correcte, les femmes – même en pantalon – étant priées de se couvrir les jambes avec une sorte de paréo qu’on trouve à l’entrée.

Les nuages décidant de nous gâcher le moment en nous empêchant d’y voir à deux mètres, nous redescendons, direction Trikala où habite Effie. Après un copieux déjeuner de spécialités grecques maisons, feuilleté aux herbes, tomates farcies au riz, salade de courgettes, etc, nous visitons cette ville, assez surpris par le contraste entre le centre historique et la ville moderne.

Selon la légende, Trikala serait la ville natale d’Asclépios, le dieu de la médecine. On y trouve d’ailleurs un Asclépiéion (sanctuaire de guérison) qui serait un des plus anciens de Grèce. Le centre historique s’étend au pied d’une forteresse byzantine (malheureusement fermée), dont la tour de l’horloge offre une vue panoramique sur la ville. Des rues étroites serpentent entre les maisons traditionnelles – avec l’étage plus large que le rez-de-chaussée – qui ont été rénovées avec plus ou moins de goût. De nombreuses petites églises sont disséminées un peu partout, certaines étant cependant abandonnées.


Alors que nous nous promenions je m’imaginais vivre ici en plaignant intérieurement les ados que nous croisions, car l’endroit semblait tout de même assez peu exaltant. Mais c’était sans compter sur le reste de la promenade qui, s’en même que l’on ne s’en aperçoive, nous a menés à la ville moderne, qui compte plus de 80 000 habitants et dispose de toutes les infrastructures pour divertir tout ce monde. En effet, on y trouve des cinémas, des boutiques, de nombreux cafés, bar et restaurants et des places animées, un des plus grands moulins à eau des Balkans aujourd’hui transformé en centre culturel ; et en ce samedi après-midi, malgré la météo un peu capricieuse, tout le monde semblait s’être donné rendez-vous dans le centre.


Enfin, pour la troisième partie de notre week-end en Thessalie, Effie nous a emmenés à près d’une heure de route de Trikala, dans les montagnes, pour voir le lac Plastiras. Ce lac artificiel doit son nom au général Nikolaos Plastiras, qui dès 1925 fit pression sur le ministère de l’Agriculture pour trouver une solution aux inondations liées aux crues de la rivière Tavropos. Après la Seconde Guerre mondiale, Plastiras est premier ministre et relance le projet. En 1953, la société française Omnium lyonnais remporte le concours international et est désignée pour participer au projet d’électrification du pays. En 1959, la zone est inondée et le barrage est officiellement inauguré en 1960. Aujourd’hui le lac contient 400 millions de mètres cubes d’eau, et est utilisé pour l’irrigation et comme source d’énergie hydroélectrique. Sa situation en altitude (un des plus hauts d’Europe) en fait également une destination très prisée des touristes en été. Et en effet, le panorama est très beau, vue de haut l’eau présente une belle couleur bleue glacée qui contraste avec les berges encore bien vertes. De plus, même si la route de montagne très sinueuse met à l’épreuve les estomacs, elle permet d’admirer – à cette période – les belles couleurs d’automne sur la végétation dense de la région.


Je suis donc quelque peu restée sur ma faim en ce qui concerne les Météores, et j’envisage très fortement d’y retourner au printemps pour pouvoir visiter le reste du site, en randonnant cette fois sur les chemins empruntés par les moines. Cependant je suis ravie d’avoir pu découvrir cette partie de la Grèce dont j’ignorais tout, et qui semble regorger d’activités et de lieux intéressants.

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