Phonsavan et la plaine des Jarres

Après une semaine avec ma famille, il est temps pour moi de poursuivre ma route. Je pars pour deux-trois jours à Phonsavan, ville située à environ trois cents kilomètres au sud-est de Luang Prabang. Encore une fois je ne voyage pas seule, je suis accompagnée de Krystel et Émeric, deux Français rencontrés en Thaïlande, et de Lewis, un Australien rencontré à Luang Prabang. Si la distance entre le point de départ et l’arrivée n’est pas énorme, nous passons tout de même près de 9 heures dans le bus. En effet, au Laos les routes ne sont pas très bonnes, ce qui rend la circulation un peu lente, mais il nous faut en plus passer au travers d’une montagne, et les nombreux virages nous ralentissent encore.

On passe donc une journée secoués dans tous les sens à la moindre bosse, avec de la musique laotienne à plein volume dans les oreilles. Les paysages de montagne sont magnifiques, et même un peu effrayants tant on passe près du bord dans les virages.

DSC_0905

Arrivés à Phonsavan en fin de journée, on se rend dans un hôtel avec de nombreuses chambres, mais qui est complétement vide ! Après un excellent dîner dans un restaurant indien, on profite donc de notre solitude pour pouvoir se poser sur la terrasse avec de la musique et des cartes sans craindre de déranger personne.

Le lendemain, nous louons des scooters afin de pouvoir sillonner la région à la recherche de ce qui lui donne son nom : la plaine des Jarres. Il s’agit d’une zone dans laquelle on trouve des jarres en calcaire de grès et parfois granite, parfois à moitié enterrées dans le sol, et dont on ignore la signification et l’origine. Bien qu’étant réparties sur une soixantaine de sites, seuls trois sont ouverts au public. En effet, ce secteur fait également partie de ceux qui ont été le plus bombardés pendant la guerre du Vietnam, avec une attaque toutes les huit minutes pendant neuf ans. Les conséquences de ce bombardement incessant sont notamment la présence d’énormes cratères, mais également celle de nombreuses bombes non-désamorcées, qui rendent l’endroit très dangereux.

DSC_0894

Nous voici donc partis sur nos scooters, d’abord à la découverte de la région, gardant les jarres pour l’après-midi. Car bien que réticente à l’idée de monter sur un deux-roues, il m’a bien fallu admettre que c’est le meilleur moyen de découvrir l’Asie du Sud-est, permettant une grande mobilité ainsi que de mieux profiter des paysages qu’en bus. On se balade pendant environ deux heures lorsqu’un incident survient : Krystel se brule le mollet sur le pot d’échappement en voulant descendre. Le scooter n’étant pas encore arrêté, le pot est extrêmement chaud et sa peau reste dessus. Elle et Émeric retournent alors en ville  afin de nettoyer et panser la plaie.

DSC_0912

Je poursuis ma route avec Lewis, et nous nous rendons à la plaine des Jarres. Avant de visiter le site en lui-même, il est intéressant de passer par le petit musée qui décrit la vie de la région pendant la guerre du Vietnam, chiffrant l’horreur des attaques américaines, qui ont fait du pays un véritable gruyère, autant bombardé en neuf ans que l’Europe entière pendant la Seconde guerre mondiale.

DSC_0896

Nous prenons ensuite une petite navette qui emmène jusqu’aux zones avec les jarres. Il y règne une certaine mysticité, avec ces énormes vases en pierre disposés sans ordre ou logique apparent. On y trouve en plus une petite grotte, à l’intérieure de laquelle les fidèles viennent faire des offrandes à un petit autel, disposant des pierres en petites piles.

DSC_0888

Nous retrouvons alors Krystel et Émeric, et après avoir parcouru tout le site à pieds, enfourchons à nouveau nos engins à la recherche d’un endroit indiqué par le gardien du musée. Il s’agit de Chomphouleck, une montagne au sommet de laquelle on trouve un tunnel secret utilisé pendant la guerre du Vietnam. Après avoir payé le droit d’entrée, nous devons laisser les scooters au pied de l’escalier qui doit nous mener au tunnel. On commence l’ascension tranquillement, loin de nous imaginer combien elle va être difficile. Il y a en effet 1000 marches à grimper pour arriver en haut. 1000 MARCHES ! Il fait bien évidemment très chaud, et plus on avance plus c’est difficile, sans compter que les garçons prennent tellement d’avance qu’on ne les voit plus, ce qui nous décourage complétement ! Mais on finit par arriver au tunnel, dans lequel on s’engouffre alors, sauf Krystel qui a peur de s’y sentir claustrophobe. Car l’endroit est plutôt exiguë ! Long de 70 mètres, il a été creusé dans la montagne, permettant d’entrer d’un côté et de sortir de l’autre. Ne mesurant qu’1m60 je n’ai pas besoin de me baisser pour y progresser, mais des deux acolytes sont eux courbés en deux. De plus, il est très étroit, bien qu’on voit des salles plus grandes  disposées sur les côtés. Il y fait très noir, bien qu’on voit les restes d’un réseau électrique qui devait probablement tout éclairer auparavant, et des chauves souris y ont élu domicile.

DSC_0921

Après une dizaine de minutes de progression à la lumière des téléphones, nous débouchons de l’autre côté de la montagne, et là je me dis que les marches valaient le coup ! Le panorama est magnifique, on voit se succéder des étendues vertes jusqu’à une autre zone montagneuse. Il est ensuite temps de faire chemin arrière, puis de redescendre l’escalier jusqu’en bas. On reprend la route direction la ville, car le soleil se couche et qu’il est assez dangereux de conduire de nuit, les Laotiens ayant une conduite assez dangereuse.

DSC_0939

DSC_0942

Le soir on dîne dans un petit restaurant fréquenté seulement par des Laotiens, dans lequel on est sûr de trouver des plats typiques et copieux, puis on se promène un peu en ville avant de rentrer se coucher. Le lendemain matin on se sépare à la gare routière, Krystel et Émeric se rendant à Vang Vieng tandis que Lewis et moi repartons pour Luang Prabang.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s