Lombok et le mont Rinjani

L’Indonésie étant constituée d’îles, on se doute qu’elle dispose de plages magnifiques. Mais ce qu’on sait moins, c’est qu’on y trouve aussi plusieurs volcans, dont l’ascension offre des randonnées mémorables. Nous avons donc décidé d’en gravir un, et pas des moindres, j’ai nommé le mont Rinjani ! Celui-ci est situé sur l’île de Lombok, à l’est de Bali, et c’est le deuxième plus haut volcan d’Indonésie avec son sommet qui culmine à 3726 mètres.
image
Nous avons choisi de faire le trek de trois jours et deux nuits, avec un départ à Sembalun. Après avoir comparé plusieurs agences, nous avons opté pour l’agence de Muji, qui nous fait payer 3 150 000 roupies, soit environ 200 euros, pour trois nuits, trois jours, les guides, les porteurs, l’entrée du parc et les repas. De plus, on vient nous chercher à l’aéroport et on nous déposera à la fin du trek à l’endroit que nous souhaitons.

On arrive donc à l’aéroport de Lombok deux jours avant le trek, où nous attendent deux jeunes hommes. Ils s’appellent Hil et Resil et ils seront nos guides pour les trois jours de marche. Pendant les trois heures de route jusqu’à Sembalun nous faisons un peu connaissance. Le jour se couche en même temps que nous roulons, mais nous avons le temps de voir que sur cette île les mosquées sont très nombreuses et sont les bâtiments les mieux entretenus. Une fois arrivés, nous rencontrons Muji, jeune business man de 24 ans, qui nous invite à dîner chez lui. Nous voilà alors entourées de jeunes hommes, qui on l’apprend rapidement, font partie d’une communauté au sein de laquelle ils apprennent le métier de guide ainsi que les langues. Une famille australienne est d’ailleurs là pour un mois, pour leur enseigner l’anglais. En devenant guides, ces jeunes hommes échappent à la vie de cultivateurs à laquelle ils étaient destinés.

Le lendemain, nous partons à 9h pour visiter le village avec un de ces jeunes guides. On se promène à travers les champs de pommes de terre, carottes, piments et autres légumes, le tout entouré de magnifiques montagnes, dont le Rinjani.
image
image

On pénètre ensuite dans un jardin de bambou, plante qui est utilisée de mille et une façons par les villageois. On débouche d’ailleurs sur des maisons traditionnelles construites en bambou, qui sont conservées même si elles ne sont plus habitées.
image
image
Pour finir cette matinée, le guide nous emmène chez des tisseuses, qui fabriquent des châles et des sarongs au moyen de métiers à tisser en bois, selon une technique ancestrale. Encore une fois tout est très beau et nous achetons ! De plus on nous sert des haricots rouges grillés à grignoter, c’est délicieux, je repars avec un sachet. L’après-midi nous ne faisons rien, car il nous faut nous reposer en prévision des trois jours de trek.
image
Le dimanche 14, c’est le grand jour, et c’est un peu inquiète de savoir si je vais réussir que je monte (sans casque) sur le scooter du garçon qui m’emmène jusqu’au point de départ du trek à 7h. Nous retrouvons nos guides, passons au bureau du parc du Rinjani pour nous enregistrer et c’est parti.

La matinée est plutôt facile, ça monte doucement, il n’y a pas trop de poussière et le terrain est agréable. On passe les pos (refuges) 1 et 2, en faisant une petite pause à chaque fois pour reprendre son souffle et se réhydrater. Après presque 4 heures de marche, nous retrouvons nos deux porteurs qui sont en train de nous préparer à déjeuner sur un coin d’herbe à l’ombre. Et alors là c’est la joie, on est aussi bien nourrie qu’au restaurant, avec une soupe de nouilles et de légumes accompagnée d’un oeuf dur, de riz et d’ananas pour le dessert. On reprend des forces, et cela est nécessaire car l’après-midi s’annonce difficile.
image
Et en effet elle l’est ! Le sol est tellement sec que la terre se rapproche du sable, on fait un pas en avant et deux pas en arrière, et il devient difficile de respirer. Heureusement pour moi, mon meilleur soutien pour ces trois jours entre en scène, Hil. Il me tient la main, me tire et me pousse autant que j’en ai besoin, me donne de l’eau à chaque pause et en plus de ça m’encourage ! La dernière ligne droite jusqu’au camp pour la nuit à 2300 mètres est vraiment dure, je suis couverte de terre, mais quand j’arrive enfin je suis fière de moi, il ne m’arrive pas souvent de me dépasser physiquement ainsi.
image
Le soir c’est donc camping, les porteurs montent notre tente ainsi que notre tente toilettes, tandis qu’ils vont dormir avec nos guides sous une simple bâche. Ils nous préparent ensuite un nouveau repas délicieux, et nous profitons de ce moment pour échanger avec tous les guides et porteurs qui se rapprochent de notre petit groupe, car il faut dire qu’étant deux jeunes femmes avec deux jeunes guides, nous attirons l’attention. On en apprend alors plus sur la vie des jeunes indonésiens, sur le mariage et sur ce qui fait une bonne épouse. Ils sont d’ailleurs surpris de savoir que je ne cuisine pas, et que je ne suis pas mariée.
image
Vers 18h il fait nuit, et il commence à faire froid, on sort les doudounes, et une fois le repas englouti on se couche. Après cette rude journée de marche on s’endort à 21h, d’autant plus qu’il faudra demain se lever à 2h.

Et le lendemain, on est donc prêtes à partir à 2h30 après un léger petit déjeuner, mais il nous faut patienter une demie heure à sautiller pour se réchauffer, car nos guides n’ont pas l’air pressés. A 3h c’est parti, lampes frontales, gants et capuches en place. Car il fait nuit noire, il fait froid, et le vent souffle. Et surtout, on marche dans du sable, mêmes entre les racines énormes des arbres, c’est du sable. Je suis très lente, j’ai besoin de faire de nombreuses pauses et je ne cesse de me dire que je n’irai pas plus haut. Et après environ 3h de marche, alors que le ciel commence à s’éclaircir et que Resil nous annonce encore deux heures jusqu’au sommet, je comprends qu’il est temps pour moi de m’arrêter. Héléna continue, elle est bien plus en forme que moi et est bien décidée à aller au bout. Je reste donc avec Hil, et après quelques minutes décide de monter quand même jusqu’à un point de vue un peu plus loin. J’assiste donc au lever du soleil à 3000 mètres d’altitude, avec une vue sur la mer, sur le cratère du volcan avec son lac et son mini volcan, et là je suis époustouflée tant c’est beau.
image
Je suis également plutôt fière de moi, car c’est la première fois que je fais un trek, que je me retrouve à autant marcher avec en plus un terrain si difficile, et je parviens quand même à me surpasser.
image
Une fois le soleil levé, on redescend au campement . Le sable et la lumière aidant, c’est beaucoup plus facile et j’en profite ainsi pour bien discuter avec Hil, qui d’ailleurs ne lâche presque plus ma main.
image
Arrivée au campement, je savoure un délicieux petit déjeuner de banana pancakes et de bananes frites, avec encore une vue magnifique sur le cratère. J’en profite ensuite pour me reposer en attendant le retour d’Hélèna.
image
Une fois qu’elle et Resil arrivent, ils ont également droit à un peu de repos puisque contrairement à moi ils sont allés au sommet à 3726 mètres ! Mais celui ci est de courte durée, car nous avons encore cinq heures de marche jusqu’au lac du cratère. Et si ces cinq heures sont constituées de dénivelé négatif, elles n’en sont pas pour autant plus faciles que la montée ! Car le terrain est très pentu, et qu’ils n’y a presque pas de vrai chemin, on passe surtout d’une grosse pierre à une autre, qui sont parfois un peu taillées en escalier. En plus, on utilise des muscles pas encore trop sollicités depuis la veille (et même jamais sollicités du tout en ce qui me concerne),  et la vision presque permanente du vide incite à beaucoup de prudence ! Mais on s’en sort plutôt bien, juste une cheville tordue pour moi et une petite cascade pour Héléna qui se retrouve avec le tibia un peu égratigné. Comme la veille, Hil m’aide et je n’ai même plus à tendre la main qu’il l’a déjà saisie.

On arrive en fin d’après-midi au cratère, mais avant de rejoindre le campement, on fait un arrêt aux sources chaudes. Et là, c’est vraiment agréable de pouvoir s’immerger dans l’eau, car après deux jours de marche dans la poussière à transpirer, inutile de dire qu’on n’est plus très frais ! Certains sortent même le shampooing, mais pour la majorité des touristes, faire trempette est bien suffisant.
image
Après une petite heure, on reprend le chemin du lac, et on a la bonne surprise de voir que les porteurs nous ont installés dans un coin désert, juste au départ de la marche du lendemain.
image
S’ensuit une soirée vraiment super, on se sent seuls au monde, la vue est encore une fois magnifique, et après deux jours passés ensembles, notre petit groupe est très complice. On joue aux cartes, les garçons nous apprennent à tirer au lance pierre et le dîner est bien sûr délicieux. Mais la fatigue se fait vite sentir, puisqu’on s’est tout de même levée à 2h, et vers 20h nous sommes déjà couchées.
image
Le troisième jour le départ se fait à 6h, il nous faut remonter pendant environ 2h30 pour ensuite descendre jusqu’à Senaru, village qui marque la fin du trek. Et c’est probablement le jour le plus difficile. Nous somme fatiguées, le corps plein de courbatures, les pieds remplis d’ampoules. Mais on se met en marche, pour une matinée qui ressemble plus à de l’escalade qu’autre chose. Il faut bien choisir ses appuis, s’assurer que la pierre est stable, et trouver la force de se hisser. Plus on monte plus j’ai des difficultés à respirer, et quand on arrive au point de départ de la dernière descente, j’ai l’estomac tout chamboulé. Altitude, vertige, ou je ne sais quoi, mais cette dernière partie est laborieuse. Au départ c’est encore du sable et de la poussière, qui s’immiscent partout et vous empêchent de respirer correctement.
image
image
On pénètre ensuite dans la jungle, et si le terrain est moins poussiéreux, ça descend toujours aussi sec ! Il faut faire attention à où l’on pose les pieds, car les racines des arbres sont énormes, et la cheville que je me suis tordue la veille est douloureuse. Mais plus on se rapproche de la fin, plus on croise des gens qui commencent juste le trek en sens inverse plus on sent qu’on touche au but. On a pris du retard et on sent aussi que nos guides on n’y également envie d’arriver à la fin,  l’un des deux marchant d’ailleurs à présent en tongs car ses chaussures sont trop douloureuses. Les porteurs qu’on croise sont également toujours en tongs, voire pieds nus pour certains, et descendent presque en courant. On en croise cependant qui rapatrient un touriste terrassé par une douleur d’estomac, et ils vont cette fois doucement, avec leur chargement qui fait penser à une prise de chasse.

C’est dans cette jungle qu’on fait la rencontre la moins amicale du trek, un singe plutôt agressif qui montre les dents, qui nous suit et que les guides ont du mal à effrayer. Vers la fin on accélère le rythme, et enfin on aperçoit la porte du parc ! On est alors très contente, fière de nous et soulagées d’être arrivée au bout. Il nous reste en fait encore une demie heure de marche jusqu’à la ville, mais sur un terrain presque plat.
image
On arrive enfin à Senaru, où une voiture nous attend. Pas de repos pour Hil, c’est lui qui nous conduit jusqu’à Bangsal où un bateau va nous emmener jusqu’à Gili Trawangan, l’île sur laquelle nous avons prévu d’aller nous reposer. Arrive le moment des adieux, c’est un peu difficile car après ces trois jours on s’est attaché, et on sait qu’on ne reverra probablement jamais les jeunes indonésiens.
image

Ce trek est probablement l’effort physique le plus difficile que j’ai jamais eu à fournir, mais c’était aussi un moment génial, je ne suis pas prête d’oublier Hil et Resil, ainsi que les paysages magnifiques que j’ai pu observer.

Publicités

2 réflexions sur “Lombok et le mont Rinjani

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s