Petit roadtrip en Bulgarie, Sofia et Veliko Tarnovo

En février, ma sœur et moi avons décidé de partir en juin pour un week-end dans une grande ville européenne, et nous avons choisi Sofia, capitale de la Bulgarie. Mais après réflexion et un petit tour dans les guides de voyage, le week-end s’est transformé en 6 jours de roadtrip à travers le pays. Même si la Bulgarie est un pays relativement petit qui ne s’étend que sur 110 944 km² (la France a une superficie de 641 185 km²), 6 jours c’est court et nous devons donc choisir un itinéraire avec peu d’étapes. On décide de se rendre à Sofia, Veliko Tarnovo, Plovdiv et à nouveau Sofia pour pouvoir passer une journée au monastère de Rila. Pour le logement nous optons pour le couchsurfing, qu’on avait toutes les deux envie de tester et qui est plus rassurant quand on est deux. Pour se déplacer d’une ville à l’autre, on a d’abord pensé au bus, avant de finalement se dire qu’il serait vraiment plus pratique de louer une voiture. Alors là, petit moment d’hésitation de ma part, et ce pour plusieurs raisons : ma sœur étant encore jeune conducteur, elle ne peut pas conduire une voiture de location, et c’est donc moi qui vais devoir conduire tout le temps ; j’ai le sens de l’orientation le moins développé de la terre, je me perds à pieds et quand je suis supposée connaître le chemin ; les guides ne sont pas très rassurants sur la conduite des Bulgares et sur l’état de leurs routes ; et surtout, SURTOUT, je n’aime pas conduire, ça me stresse, je m’énerve, je crie, je suis insupportable. Mais rendons-nous à l’évidence, disposer d’une voiture pour ce voyage est vraiment la meilleure des solutions, notamment pour être libres dans nos déplacements, et qui promet des souvenirs impérissables de ce premier voyage en tête à tête. Pour choisir le loueur, on fait confiance au Routard qui conseille l’agence Drenikov, située au 46 rue Oborishte à Sofia. On réserve une Renault Clio (comme c’est ce que je conduis en France je me dis que ça me facilitera la tâche) qui nous revient à 104 euros pour 4 jours avec 200 euros de caution. Trouver des couchsurfers s’avère facile, sauf à Plovdiv, pour laquelle on réserve alors une nuit dans une auberge de jeunesse qui a l’air vraiment très mignonne, l’Old Plovdiv Hostel, située dans la vieille ville comme son nom l’indique.

Arrive juin, c’est enfin le départ, chargées de nos gros sacs à dos nous débarquons à l’aéroport de Sofia, où nous sommes étonnées de ne pas y trouver Peter, notre hôte qui est supposé venir nous chercher. Je lui téléphone, et dix minutes plus tard le voici qui arrive. Il pensait que nous n’arrivions que le lendemain, et surtout il croyait que je venais avec un garçon. Petit fou-rire qui permet de briser la glace, et sur le chemin il nous propose de nous laisser dans le centre-ville, où une visite guidée gratuite de deux heures va commencer. Ne disposant que de peu de temps à Sofia, on se dit alors que c’est une très bonne idée, et nous voilà mêlées à un groupe de touristes venus d’un peu partout pour deux heures de balade et de découverte des principaux monuments, avec un guide qui parle anglais et qui fait gagner des bonbons quand on donne une bonne réponse (j’ai d’ailleurs eu droit à mon bonbon ! ). On sort alors nos appareils photos et mitraillons consciencieusement l’université, la mosquée Banya Bashi, les bains, le théâtre national, la rotonde Saint-George, Saint-Sophie et bien sûr l’incontournable cathédrale Alexandre-Nevski, dont les dômes dorés ne sont pas vraiment dorés à cause du reflet gris du ciel.

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Ravies par cette visite et par le petit aperçu que nous avons de la capitale qui nous paraît charmante sans être extraordinaire, nous retrouvons Peter qui nous conduit à son appartement, situé un peu en dehors de la ville sur le mont Vitosha. Et là, très agréable surprise, il vit dans un très bel appartement qui dispose d’une vue magnifique sur Sofia, grâce à sa situation en altitude. La soirée se déroule de manière très sympathique, autour d’un dîner dans un restaurant bulgare, dans la carte (très chargée comme partout dans le pays) duquel nous optons pour une truite grillée au barbecue, ainsi que pour du bap, pain bulgare qui ressemble à des petites galettes salées. La nuit étant tombée, on se rend ensuite bien plus haut sur le mont Vitosha, jusqu’à une antenne de télévision qui n’est plus en activité, mais dont les installations avoisinantes offrent un point de vue assez incroyable sur la ville illuminée. On constate alors l’avantage du couchsurfing : cet endroit n’est pas mentionné dans le Routard,  et sur place on n’y trouve que des jeunes bulgares venus y déguster quelques bières, on devine donc que sans quelqu’un du coin nous serions passées à côté de ce moment sympathique. Le lendemain matin, Peter nous dépose chez le loueur de voiture et nous quittons la ville.

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Première étape : Veliko Tarnovo, située à 240 km à l’est de Sofia. Une fois le plein d’essence fait et la vignette achetée (environ 5 euros pour une semaine), nous voici lancées sur l’autoroute quasi déserte. Se succèdent alors pendant environ trois heures de magnifiques paysages, des plaines bordées de montagnes vertes qui défilent les unes après les autres. Car nous avons de la chance, avant notre arrivée il a beaucoup plu, et le soleil étant largement au rendez-vous depuis, la végétation est à son paroxysme. Sur le trajet nous croisons peu de voitures jusqu’aux abords de Tarnovo, comme l’appellent les Bulgares.

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Le GPS n’ayant pas voulu trouver l’adresse de notre hôte pour la nuit, lorsque nous arrivons dans le centre-ville vers 13h30, nous l’appelons afin qu’il vienne nous chercher, et bonne surprise, nous sommes à deux pas de sa maison, appelée the House of colors. Il s’agit d’une petite maison que Hristo partage avec un colocataire, ainsi qu’avec un couchsurfer uruguayen qui est là depuis environ un mois, Carlos, et sur les murs de laquelle on trouve de nombreux dessins et inscriptions, probablement réalisés par Hristo lui-même. Pas de temps à perdre pour Morgane et moi, nous sommes en ville seulement jusqu’au lendemain, alors nous posons nos affaires et ressortons immédiatement. Après un déjeuner rapide, nous partons nous balader dans cette charmante ville. On remarque tout de suite une profusion de tags, ce qui détonne un peu dans les petites rues où la chaleur de ce début d’après-midi semble avoir fait fuir les gens.

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En se promenant, on découvre soudain une très belle vue, car la ville est bâtie sur sept collines que traverse la rivière Yantra, ce qui offre des points de vue en altitude. Décidant de garder l’ascension de la colline du Tsarevets pour le lendemain, on opte pour la partie de la ville située en contrebas. On visite alors la paisible Église des Quarante Martyrs, suivies pendant plus d’une heure par un drôle de chien qui semble accablé par la chaleur et par les dénivelés du terrain. On rentre ensuite finir l’après-midi dans le charmant et ombragé jardin de Hristo, lequel nous fait goûter son yaourt bulgare fait maison. En effet, le yaourt bulgare doit sa particularité à une bactérie qu’on ne trouve que dans ce pays, ainsi qu’au fait qu’il est souvent fabriqué à partir d’un ferment de lait de bufflonne.  On goute alors celui préparé par Hristo, et je dois avouer que nous ne sommes pas vraiment séduites par le goût son goût si particulier, on lui demande même s’il n’y a pas ajouté de la bière !

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Direction ensuite le monument aux Assen, une statue représentant un personnage entouré de quatre chevaux, près duquel on peut observer un très beau couché de soleil sur les maisons qui semblent suspendues dans le vide. Une fois la nuit tombée et un rapide passage au supermarché pour faire le plein de bière (qu’ils boivent ici dans des grosses bouteilles en plastique de 2 litres) nous nous rendons chez Elisabeth, une amie de Hristo, pour passer une sympathique soirée où se mêlent des Bulgares, des Françaises, un Uruguayen et un Américain, le tout sur un fond de Rammstein.

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Le lendemain, nous voici levées à 8h30 afin de pouvoir visiter la colline du Tsarevets, « colline des Tsars », avant qu’il ne fasse trop chaud. Il s’agit d’un piton rocheux qui forme une citadelle naturelle peuplée dès le XIVe siècle av. J.-C. dont on visite aujourd’hui les vestiges, avec toujours une très belle vue sur l’ensemble de la ville et la rivière Yantra. Au sommet, se trouve l’église Saint-Sauveur, reconstruite en 1981 à l’occasion des 1300 ans de l’État bulgare, dont l’intérieur est décoré de fresques modernes illustrant des thèmes historiques dans un style qu’on ne retrouve pas souvent dans une église !  On paye chacune 2 leva pour prendre un ascenseur qui nous emmène 5 étages plus haut, jusqu’au point culminant de la ville.

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S’ensuit une pause d’une heure pendant laquelle je tente de reproduire avec ma palette d’aquarelle la petite église pendant que Morgane photographie sous tous les angles le panorama qui s’offre à nous. On redescend ensuite tranquillement jusqu’à chez Hristo, où nous déjeunons dans le jardin d’un poivron farci au riz, à la viande et à l’œuf, préparé par Radina, l’amie et voisine de notre hôte. Vers 15h nous décidons de prendre la route, car si seulement 192 km séparent Veliko Tarnovo de Plovdiv, notre prochaine destination, la traversée d’une des montagnes que nous n’avons pour l’instant qu’aperçues au loin fait que le trajet ne dure pas moins de trois heures. Nous quittons donc nos nouveaux amis bulgares, ravies de l’accueil qu’ils nous ont réservé et de ces deux jours passés à Veliko Tarnovo, la « reine des villes ».

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